Démographie, la "Grande Aquitaine" reste à la hausse

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Avec 1,1 million d'habitants l'aire urbaine de Bordeaux s'impose comme un poids lourd de la démlographie régionale
Avec 1,1 million d'habitants l'aire urbaine de Bordeaux s'impose comme un poids lourd de la démlographie régionale (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
La campagne de recensement de la population 2016 commence demain jeudi 21 janvier. Avec une croissance démographique annuelle de + 0,6 %, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes (ALPC), ou "Grande Aquitaine" est un territoire attractif.

Recensé tous les cinq ans, l'ensemble de la population des communes de moins de 10.000 habitants est concerné cette année par une campagne qui s'achèvera le 20 février. Dans les communes de 10.000 habitants ou plus, le recensement est réalisé tous les ans sur un échantillon représentant 8 % des logements. La campagne s'achèvera pour cette catégorie le 27 février.

Cette campagne a été présentée hier mardi par Marie-Andrée Maurand, chef du service statistique de Bordeaux, dans l'établissement bordelais de l'Insee ALPC. Dans le cadre de la nouvelle région Bordeaux a en effet perdu la direction régionale de l'Insee installée, pour des raisons un peu compliquées à suivre, à Poitiers. Informés par courrier, les habitants recensés reçoivent ensuite la visite de l'un des 2.500 agents recenseurs mobilisés dans la nouvelle région ALPC qui leur transmet un questionnaire d'une trentaine de questions à remplir.

A quoi sert le recensement

"Nous laissons 48 heures aux personnes recensées pour répondre. Elles peuvent le faire sur papier mais nous les encourageons à répondre directement sur le portail Internet dédié. Les questionnaires sont équipés d'un code personnel et d'un mot de passe. Le site Internet garantit un parfait anonymat. Cela fait économiser du papier et gagner du temps aux personnes recensées" détaille Eric Guillemet, chef de la division recensement à Bordeaux.

Dans la nouvelle grande région sont concernées 889 communes de moins de 10.000 habitants, 60 de 10.000 habitants ou plus, 900.000 habitants (sur un total de 5,8 millions) et 540.000 logements. Le recensement joue un rôle crucial dans la gestion des services publics, en particulier pour "établir la contribution de l'Etat au budget des communes, définir le nombre d'élus au conseil municipal, décider des équipements collectifs et des programmes de rénovation, ouvrir de nouveaux commerces, construire des logements...".

Aquitaine et Gironde : les poids lourds

Suite à cette présentation de la cuvée 2016 du recensement, l'équipe de l'Insee est revenue sur la démographie de la nouvelle région. La population légale d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes s'établit à 5.844.177 au 1er janvier 2016, dont 3.316.889 en Aquitaine, 737.509 en Limousin et 1.789.779 en Poitou-Charentes. Ce qui fait de la "Grande Aquitaine" la 4e région la plus peuplée du pays, derrière Ile-de-France, Rhône-Alpes-Auvergne et Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

L'Aquitaine représente 56,7 % de la population de la nouvelle région. Avec 1.505.517 habitants la Gironde concentre un peu plus de 25 % de cette population, qui est répartie dans 12 départements, tandis que Pyrénées-Atlantiques (664.057 habitants) et Charente-Maritime (633.417) alignent des effectifs très proches. Vient ensuite un peloton de sept départements dont la population oscille de 333.180 habitants, avec le Lot-et-Garonne, à 431.248, dans la Vienne, en passant par la Dordogne (416.909), les Landes (397.226), la Haute-Vienne (375.856), les Deux-Sèvres (371.632) et la Charente (353.482). Deux départements n'atteignent pas la barre des 300.000 habitants : la Corrèze (240.781) et la Creuse (120.872).

Trois départements en recul

Entre 2008 et 2013, la population de la nouvelle région a augmenté de + 0,6 % par an en moyenne. Un résultat très positif qui cache quelques disparités.

9 départements sur les 12 de la "Grande Aquitaine" ont vu leur population augmenter : les Landes, avec la plus forte moyenne annuelle (+ 1,3 %), devant la Gironde (+ 1,2 %), la Charente-Maritime (+ 0,7 %), les Pyrénées-Atlantiques (+ 0,5 %), le Lot-et-Garonne et les Deux-Sèvres (+ 0,4 % chacun), la Vienne (+ 0,3 %), la Charente et la Haute-Vienne (+ 0,1 % chacun). Mais trois départements voient leur population reculer pendant la même période : la Corrèze (- 0,2 %), la Dordogne (- 0,4 %) et la Creuse (- 0,5 %).

Si les zones maritimes profitent pleinement de la croissance démographique, cette dernière ne reste pas confinée sur la bande littorale et se propage en profondeur dans le département de la Gironde, en particulier le long de la Garonne jusqu'au Lot-et-Garonne. C'est également le cas en Pyrénées-Atlantiques, de la côte basque au Béarn.

Le phénomène est un peu différent dans l'ancien Poitou-Charentes, où le trait de cote se réduit à celui de Charente-Maritime, avec un rayonnement qui déborde à peine au nord du département vers Niort, dans les Deux-Sèvres. L'est du Limousin, comme une partie du piémont pyrénéen et du nord Dordogne, voit sa population décroître. Au final, le bloc régional ALPC avec + 0,6 % par an  affiche une croissance démographique tonique. Un dynamisme contrebalancé par le poids des seniors, qui représentent 21 % de la population d'ALPC. Ce qui fait de cette nouvelle région celle qui compte le plus grand nombre de 65 ans et plus en France.

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