Résultats "très solides" pour le Crédit agricole d'Aquitaine en 2017

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Jack Bouin, directeur général du Crédit agricole d'Aquitaine, Rémi Garuz, président et Dominique Moreau Ferellec, directeur du développement immobilier
Jack Bouin, directeur général du Crédit agricole d'Aquitaine, Rémi Garuz, président et Dominique Moreau Ferellec, directeur du développement immobilier (Crédits : La Tribune / Mikaël Lozano)
Un produit net bancaire pénalisé par des charges et des investissements en augmentation ainsi que des taux d'intérêt bas, mais la plupart des autres indicateurs en hausse et quelques records battus : le Crédit agricole d'Aquitaine vient de dévoiler ses résultats pour l'année 2017.

Au moment de faire le bilan de l'année écoulée, Jack Bouin, directeur général de la caisse, active sur les départements de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne, et Rémi Garuz, président, citent avant tout l'activité très forte enregistrée tout au long de l'année. Le nombre de clients (921.344, + 1,2 %) et le nombre de sociétaires (416.954, +4,7 %) en témoignent, tout comme le nombre d'entrées en relation (48.500, dont 36.700 sur le marché des particuliers).

"Notre produit net bancaire (l'équivalent du chiffre d'affaires pour une banque, NDLR) a baissé de 2,9 % à 521,2 millions d'euros, détaille Jack Bouin. Cette évolution est notamment liée à plusieurs facteurs : les taux d'intérêt qui ont baissé, réduisant de fait les marges des banques, davantage d'activité ce qui a augmenté nos charges de 2 %, et également l'amortissement de nos investissements très conséquents. L'amélioration des risques, bien contenus, et une baisse significative des impôts génèrent un résultat net en hausse de 3,9 % à 129,2 M€."

Les fonds propres progressent de 4,2 % à 2.808 M€. La caisse régionale affiche un coefficient d'exploitation de 58,6 % et un ratio de solvabilité Bâle II de 15,94 %. Pour Jack Bouin, aucune espèce d'inquiétude : "On fait le pari que le PNB va remonter rapidement compte-tenu de notre conquête de nouveaux clients, des investissements consentis et de la remontée des taux d'intérêt."

Plusieurs records battus

Si le PNB a baissé, 2017 a été une année record en crédit avec 4,3368 Md€ de réalisations (+18,6 % par rapport à 2016, tirés par les crédits habitat et les crédits équipement) et 18,19 Md€ d'encours (+6,8 %). En matière d'immobilier, "les taux remontent. Des renégociations de crédit, on n'en voit plus", diagnostique Jack Bouin. Du côté de la collecte d'épargne, les chiffres sont aussi tous dans le vert avec un total des encours (bilan et hors-bilan) à 29,90 Md€ (+5,9 %). Enfin, l'assurance programme également, tout comme le marché patrimonial et le développement immobilier.

Jack Bouin souligne également "un marché des entreprises en forte croissance" avec notamment 67 nouveaux groupes signés, côté collecte des encours en progression de 14 % à 2,035 Md€ et côté crédit des encours en hausse de 38 % à 3,957 Md€. Le directeur général met notamment en exergue le marché de l'agriculture, sur lequel le Crédit agricole est historiquement très implanté, et une année record sur celui de la forêt. Plus spécifiquement, la viticulture est dans l'expectative. D'un côté, la banque souligne une poussée de +140 % des crédits d'équipement (320 M€), signe d'investissements massifs de la part des acteurs économiques, mais les épisodes successifs de gel entraîneront une récolte 2017 très maigre, dont les impacts économiques seront ressentis avec un peu de décalage dans les prochaines années. Sur ce point, "une démarche proactive a été engagée vers toutes les exploitations déjà fragilisées financièrement pour anticiper avec elles les accompagnements possibles".

"Aucune fermeture d'agence"

Le directeur général du Crédit agricole d'Aquitaine est également revenu sur la nouvelle organisation mise en place en septembre 2016 au sein du réseau aquitain, axée sur "la spécialisation des agences, des conseillers et des managers". Spécialisation essentielle selon Jack Bouin, fervent défenseur d'un modèle bancaire hybride offrant à la fois des services sur internet toujours plus complets et un maillage physique du territoire le plus large possible. Ce dernier ne sera d'ailleurs pas rogné sur le périmètre de la caisse régionale : "Nous conserverons nos agences et nos effectifs, certifie Jack Bouin. Il n'y aura aucune fermeture d'agence."

Le directeur général mise également sur de nouvelles formes de présence, "notamment là où nous n'étions plus présents et où nous revenons", notamment grâce à deux agences mobiles qui prennent la forme de camions itinérants dans le Médoc et dans le Marsan, dédiés au conseil bancaire, et aux Relais CA installés par exemple dans de petits commerces et qui permettent aux clients de la banque d'y réaliser plusieurs types d'opérations courantes. Ces Relais devraient être portés de 250 à 500 d'ici deux à trois ans. Par ailleurs, quelques "banques éphémères", installées dans des locaux temporaires, pourraient être testées dans les prochains mois au cœur des zones où la construction va bon train. Manière de tester sans trop débourser l'appétence éventuelle des nouvelles populations. Les effectifs de la caisse régionale, eux, ont été stabilisés (2.606 collaborateurs, 134 recrutements en CDI en 2017).

Le nouveau siège social dans les temps

Engagée dans un plan important de rénovation de ses agences, qui pèse dans ses comptes à hauteur de 20 M€ par an pour encore plusieurs années, et qui s'ajoute aux 25 M€/ans en informatique, la caisse régionale a également un autre vaste investissement en cours avec la construction de son nouveau siège social dans le quartier des Bassin à flot à Bordeaux. Un chantier de 12.400 m2 pour des locaux qui accueilleront, probablement au moment de la Toussaint 2018, 410 salariés. Un showroom aménagé boulevard Wilson, sur le site de l'actuel siège, permet aux effectifs de se prononcer en faveur de tel ou tel mobilier. Parallèlement, un gros travail de conduite du changement est mené sur deux niveaux : les équipes vont devoir s'habituer à des espaces de travail majoritairement ouverts, mais aussi à une dématérialisation des process de plus en plus marquée. Quant aux locaux du boulevard Wilson justement, un des deux bâtiments fait l'objet d'un appel à projet. L'ouverture des plis aura lieu à la mi-mars.

Lors de la présentation des résultats, Jack Bouin s'est également livré à un bilan de santé de l'économie sur le périmètre couvert par la banque. Selon le dirigeant :

"On a constaté en 2017 une reprise dans le BTP et dans la filière bois-papier, qui ont affiché de bons résultats. Dans l'agroalimentaire, ce n'est pas mauvais à l'exception de la crise aviaire. Plus largement, la rentabilité est de nouveau au rendez-vous dans tous les secteurs. Pour l'emploi, c'est plus difficile pour le moment mais on observe davantage de CDI signés, sans doute au détriment de l'intérim. Nous observons une belle dynamique dans une région qui l'est aussi."

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