Le groupe bordelais Evic France cédé à Eurofins Scientific

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En plus des tests cliniques, Evic France s'appuie sur un staff de juristes.
En plus des tests cliniques, Evic France s'appuie sur un staff de juristes. (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'économie)
Dirigeant et fondateur du groupe bordelais de recherche et d’expérimentation Evic France, le professeur Philippe Masson, toxicologue, passe la main et annonce la cession de son entreprise à Eurofins Scientific, groupe à capitaux français créé à Nantes et domicilié au Luxembourg.

Coté en bourse, le groupe Eurofins (1,4 Md€ de CA) est un des leaders mondiaux de la bioanalyse et dispose d'un réseau international de 200 laboratoires dans 38 pays. La reprise d'Evic France va lui permettre de renforcer son activité d'études cliniques dans la cosmétologie, secteur géré par sa filiale Eurofins ATS. De son côté, le cédant Philippe Masson motive sa décision. "J'ai choisi Eurofins Scientific parce qu'en plus de leur leadership dans la bioanalyse, ils se sont engagés à maintenir l'effectif", explique-t-il. Du côté des cédants, cette opération a été conseillée par MBA Capital Bordeaux, dont Isabelle Arnaud-Despreaux, associée gérante du cabinet, a été le conseiller financier.


Du gynécologue au juriste

"Concrètement nous sommes un centre de recherche et développement qui emploie des scientifiques et des techniciens. Evic France contrôle la sécurité des dispositifs médicaux, des médicaments (sur le plan du confort), mais aussi des produits de l'industrie agroalimentaire ou de la chimie. Notre premier pourvoyeur d'activité c'est le secteur de la cosmétique, qui, malgré les difficultés, reste un segment de marché en développement", résume Philippe Masson.

Toxicologues, dermatologues, cliniciens, allergologues, ophtalmologues ou gynécologues, Evic s'appuie sur une large palette de spécialistes, dont certains sont occasionnels, et parmi lesquels on trouve aussi des conseillers juridiques. .


Plus de 40 % du CA à l'étranger


En plus des tests en laboratoire, Evic France appuie depuis 1988 son expertise sur une recherche préalable "approfondie de l'existence puis de la pertinence des données bibliographiques ou expérimentales disponibles", avec le département Evic Doc, car, explique-t-on, "il n'est plus possible de ne pas tenir compte du contexte réglementaire dans lequel une substance ou un produit peuvent être mis puis maintenus sur le marché". Le groupe Evic France, qui a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 8 M€ l'an dernier, emploie 132 personnes dont plus de la moitié à l'étranger où Evic réalise un peu plus de 40 % de son activité. Eurofins Scientific reprend l'essentiel des filiales, sauf celle du Brésil (12 salariés).


Une idée à Chaban


En plus de ce pays, le groupe bordelais est implanté en Chine (2 salariés), Espagne (18), Italie (5) et Roumanie (35). Sa filiale internationale (Evic International) est installée à Vincennes (Val-de-Marne). "C'est un choix stratégique, parce que l'on est mieux à Paris qu'à Bordeaux pour recevoir nos clients étrangers", juge Philippe Masson. Originaire du Pas-de-Calais, ce dirigeant est arrivé à Bordeaux en 1969.

"J'avais créé un embryon d'entreprise en Eure-et-Loir et à l'époque c'est Chaban qui a poussé à notre implantation à Bordeaux, dans le cadre du plan Aquitaine Santé. Cet appui de l'autorité nous a permis de trouver des locaux à Blanquefort (banlieue de Bordeaux) et de bénéficier de financements. A l'époque il n'y avait pas de subventions et c'est vraiment l'appui de l'autorité politique qui nous a permis de trouver du financement", résume Philippe Masson.

Aujourd'hui Evic France, qui dirige des tests sur des volontaires, est en relation avec les universités et le milieu hospitalier et Philippe Masson en est convaincu, son groupe va continuer à se développer.

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