Sud Ouest va céder les rênes des Journaux du Midi

 |   |  665  mots
Le siège des Journaux du Midi
Le siège des Journaux du Midi (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Groupe Sud Ouest, la Dépêche du Midi et Centre France ont annoncé l'ouverture de négociations exclusives pour une prise de participation au capital du groupe Midi Libre.

Un vaste mouvement de rapprochement dans la presse régionale quotidienne est sur le point de s'opérer et d'en modifier le paysage : selon un communiqué de presse commun, envoyé par les trois groupes de presse Sud-Ouest, La Dépêche du Midi et Centre France, des négociations exclusives viennent de s'ouvrir pour une prise de participation au capital du groupe Midi Libre. Ce n'est pas une surprise, ce projet étant dans les tuyaux depuis de nombreux mois (lire également notre Lettre de jeudi 28 août).

Le pôle des Journaux du Midi est éditeur de quatre quotidiens (Midi Libre, L'Indépendant, Centre Presse et Direct Montpellier). Il avait été racheté par le groupe Sud-Ouest (331 M€ de chiffre d'affaires consolidé en 2013) en 2007 pour 92 M€.

Quel montant ?

 "À l'issue de cette opération, le groupe La Dépêche du Midi, présidé par Jean-Michel Baylet (président du Parti Radical de Gauche et président du Conseil général du Tarn-et-Garonne - NDLR) deviendrait l'opérateur du groupe Midi Libre en qualité de premier actionnaire, tandis que le groupe Centre France et des investisseurs locaux seraient partenaires associés à cette opération", annonce le communiqué de presse. "De son côté, Groupe Sud Ouest resterait actionnaire significatif du groupe Midi Libre à hauteur de 33,4 %."

L'information n'est pas confirmée par les groupes de presse, mais selon certaines sources la valorisation du groupe Midi Libre serait établie à 30 M€. Jean-Michel Baylet aurait déclaré, de source syndicale, qu'il ne mettrait pas plus de 15 M€ dans l'opération pour obtenir 51 % du capital.

L'architecte montpelliérain François Fontès, annoncé il y a quelques mois comme investisseur potentiel, ferait encore partie de ce pool d'actionnaires extérieurs tout comme, vraisemblablement, Louis Nicollin, président du club de football de Montpellier et dirigeant du groupe Nicollin.

Protocole d'accord

"Nous avons signé un protocole d'accord avec La Dépêche du Midi et Centre France, qui sont donc nos seuls interlocuteurs, a indiqué le président du directoire de Groupe Sud Ouest, Olivier Gérolami, à Objectif Languedoc-Roussillon. Ce sont eux qui vont compléter le tour de table avec des investisseurs régionaux et locaux qui seront des partenaires associés."

Si la transaction aboutit, cette prise de contrôle du groupe Dépêche du Midi donnera naissance à un poids lourd de la PQR couvrant les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pour un total de 14 départements (en incluant le Lot-et-Garonne, en Aquitaine). "À ce stade, nous avons signé une lettre d'intention pour entrer en négociations, et nous ne sommes du tout dans une phase de déploiement opérationnel, qui arrivera plus tard, répond Olivier Gérolami. La période qui s'ouvre va permettre aux investisseurs d'affiner leur projet opérationnel."

Forts enjeux

Les enjeux sont de taille pour ces groupes de presse qui subissent de plein fouet la crise et les aléas d'une mutation digitale aux multiples inconnues. Pour le groupe Sud-Ouest, un accès à des financements facilité par la présence d'un groupe soutenu par les banques (La Dépêche du Midi) et une volonté de se recentrer sur son propre redressement. Pour le groupe toulousain, une redynamisation de sa stratégie de diversification. "Jean-Michel Baylet va ainsi se donner huit à dix ans d'oxygène en retrouvant de l'activité au niveau de certains produits dérivés ou filiales comme l'événementiel, le numérique ou la promotion qui ne fonctionnaient pas bien car l'accès à la Méditerranée était coupé", affirme une source syndicale.

La transaction devrait se conclure d'ici la fin 2014, ont annoncé les acteurs de l'opération.

Groupe Sud Ouest (GSO), à Bordeaux, dont Olivier Gerolami est président du directoire, a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 331 M€ en 2013, en recul de 1,7 % par rapport à 2012. Une recul pour l'essentiel lié à celui de l'activité publicitaire. A 2,9 M€, le résultat d'exploitation consolidé était nettement positif, après une perte de 4,8 M€ en 2012.

Objectif Languedoc-Roussillon et Objectif Aquitaine

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :