Aires de covoiturage : un outil stratégique pour la Gironde

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Réduire le nombre de voitures entrantes sur la rocade de Bordeaux est l'un des objectifs du Département.
Réduire le nombre de voitures entrantes sur la rocade de Bordeaux est l'un des objectifs du Département. (Crédits : DR)
Le Département investit plus de 3 M€ dans la création de nouvelles aires de covoiturage pour alléger la pression automobile, en particulier sur Bordeaux Métropole, et s’intéresse de près au comportement sur le terrain des conducteurs.

Jean-Luc Gleyze, président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, a présenté le 7 juin à Saint-André-de-Cubzac les résultats d'une étude sur le comportement des conducteurs girondins lancée en septembre 2016 en partenariat avec IBM et le groupe PSA, et annoncé dans cette commune située au bord de la Dordogne girondine la création d'une super aire de 200 places dédiée au covoiturage.

"Nous nous sommes aperçus que 93 % du trafic automobile en provenance du nord-est du département à destination de Bordeaux Métropole transite par Saint-André-de-Cubzac. La ville possède déjà deux aires de 83 et 50 places consacrées au covoiturage, qui sont tout le temps saturées. Avec cette nouvelle aire, que nous allons construire en deux tranches de 100 places, en 2018 et 2019 moyennant un total de 700.000 euros d'investissement public, nous luttons pour désengorger la rocade bordelaise", éclaire Jean-Luc Gleyze.

Si, avec la réforme territoriale, le Département a perdu la compétence du transport il conserve celle de la mobilité. La nouvelle aire de 200 places sera par ailleurs équipée d'ombrières avec panneaux photovoltaïques.

Des propriétaires de véhicules volontaires

"Ce chantier de Saint-André-de-Cubzac fait partie d'un investissement global de plus de  3 M€ consacré par le Conseil départemental de la Gironde à la création de 49 nouvelles aires de covoiturage d'ici 2020. Notre mandature est placée sous le signe de l'innovation et là nous y sommes", résume le président.

Cette étude innovante a été menée grâce aux capteurs connectés embarqués dans les véhicules les plus récents, qui disposent d'un système de communication avec accès à Internet.

"Nous nous sommes appuyés sur les 3.000 propriétaires girondins qui se sont portés volontaires en autorisant par écrit le constructeur de leur véhicule à prélever des données pour le "big data". Bien sûr ces données sont anonymisées. Elles sont d'autant plus précieuses qu'elles permettent de savoir quand l'ABS (système d'antiblocage des roues) est activé, quelle est la vitesse atteinte sur certains sites ou encore où y-a-t-il des "presqu'accidents", égrène Jean-Luc Gleyze.

Et à en croire l'élu la pêche a été bonne et la carte routière de Gironde a commencé à dévoiler certains de ses côtés obscurs.

Compréhension des flux et des comportements

"Il s'agit de savoir s'il faut améliorer les cartes. Quand on découvre où les chauffeurs de voitures font fréquemment trop de déclenchements d'ABS, il est naturel d'essayer de savoir ce qui ne va pas, d'où vient le risque, s'il est lié à un engorgement des infrastructures ou à un autre facteur", précise Jean-Luc Gleyze.

Le président du Département évoque ensuite le cas de la commune de Camblanes-et-Meynac, dans l'Entre-Deux-Mers tout près de Bordeaux, "où c'est l'accès à une voie rapide qui pose problème, avec des usages d'ABS beaucoup trop nombreux, ce qui va nous obliger à faire des modifications". En plus d'une meilleure compréhension des flux, avec la localisation des zones où se forment les bouchons, ces données permettent de superposer les comportements des chauffeurs avec la nature du terrain.

Plusieurs segments routiers où les vitesses légales sont enfoncées ont ainsi été identifiés et vont faire l'objet d'un traitement spécifique, avec notamment la pose de ralentisseurs pour briser cette course à la vitesse.

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a écrit le 14/06/2017 à 14:50 :
id : remboursement péage pour les voitures en transit de 22 à 5 heures .

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