Revenu de base : la Gironde veut l’expérimenter

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Le Conseil départemental de la Gironde avant le vote de la motion sur le revenu de base hier lundi.
Le Conseil départemental de la Gironde avant le vote de la motion sur le revenu de base hier lundi. (Crédits : J-Philippe Déjean)
L’innovation ne touche pas que la technologie et le commerce mais aussi la politique, et dans ce domaine le Département de la Gironde veut se positionner comme un leader national avec l’expérimentation du revenu de base.

Le Conseil départemental de la Gironde, présidé par Jean-Luc Gleyze (PS), impliqué depuis début 2016 dans une réflexion sur le revenu de base, a franchi hier lundi une nouvelle étape. L'assemblée départementale a ainsi voté une motion demandant au gouvernement et au parlement de voter une loi pour autoriser l'expérimentation départementale du revenu de base. La Gironde collectionne depuis des mois les "premières fois" sur un sujet qui a enflammé l'élection présidentielle pendant quelques semaines avec Benoît Hamon lors de la primaire à gauche.

Même si cette proposition fait long feu pendant la campagne présidentielle il se pourrait que le revenu de base, sujet socio-économique complexe, dont Milton Friedman, le pape de l'ultralibéralisme, prix Nobel d'économie, a établi le caractère historique inéluctable (avec l'impôt négatif), soit sur la table et n'en parte pas de si tôt. Soutiens actifs de Benoît Hamon, Jean-Luc Gleyze et Matthieu Rouveyre, élu départemental et opposant PS à Alain Juppé au conseil municipal de Bordeaux, qui repoussent toute idée ultralibérale de remplacement de la protection sociale par le versement d'un revenu individualisé à vie, veulent que les candidats à la présidentielle se prononcent sur le principe de cette expérimentation départementale.

"Oser se tromper"

C'est ainsi que le président du Département annonce qu'il va envoyer une lettre à tous les candidats à l'élection présidentielle pour connaître leur positionnement sur une expérimentation du revenu de base en Gironde.

"Je veux le faire parce qu'il avoir le courage d'examiner sous toutes ses coutures le revenu de base, ce bel objet de réflexion sociale et sociétale, sans dogmatisme, en faisant simplement preuve d'une saine curiosité", justifie le président girondin.

Devant l'assemblée départementale Jean-Luc Gleyze a incité les élus de la Gironde à débattre de la chose dans la sérénité.

"La question n'est pas de savoir si nous adhérons à cette mesure mais si nous sommes prêts à en faire l'expérimentation", a-t-il ainsi souligné en s'adressant aux élus, les encourageant "à oser se tromper et peut-être aussi réussir". Au risque d'apparaître fataliste, Jean-Luc Gleyze a estimé que le chômage de masse était devenu "une malheureuse habitude" et "la pauvreté une constante chez les jeunes".

Tester le revenu de base sur le terrain

Le Conseil départemental de la Gironde qui s'est lancé dans un travail en laboratoire, collaborant en particulier sur ce sujet avec la Fondation Jean Jaurès et le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap), avant de lancer une consultation publique, accompagnée de la mise en ligne d'un tableau de bord interactif pour permettre aux internautes de calculer eux-mêmes leur revenu de base, veut désormais travailler le sujet en grandeur nature.

Comme le souligne la motion adoptée hier lundi, l'étude en laboratoire "ne suffit cependant pas à anticiper les effets systémiques et comportementaux de l'instauration d'un revenu de base. Dans le sillage des préconisations du rapport sénatorial de Daniel Percheron sur l'intérêt et les formes possibles de la mise en place d'un revenu de base en France d'octobre 2016, il convient de mener une expérimentation sur des territoires volontaires d'une durée d'au moins trois ans pour permettre une évaluation réelle".

Le Conseil départemental de la Gironde essaie ainsi de peser sur la campagne présidentielle et c'est une première.

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