LGV Bordeaux - Paris : J-11 avant le "big bang"

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La Matinale a attiré une centaine de personnes au Chapon fin à Bordeaux.
La Matinale a attiré une centaine de personnes au Chapon fin à Bordeaux. (Crédits : Agence Appa)
Directrice TGV Atlantique de la SNCF, Gwendoline Cazenave fait le point sur la stratégie grande vitesse de la SNCF à quelques jours de l'ouverture de la nouvelle ligne Bordeaux-Paris. Elle présente également les différents changements pour les voyageurs qui vont accompagner cet événement qu'elle qualifie de "big bang".

La Tribune organisait hier matin dans les murs du restaurant Le Chapon fin, à Bordeaux, une Matinale en partenariat avec la SNCF sur le thème : "Bordeaux Paris en 2h04, le bureau à grande vitesse". Cet événement a permis à une centaine de personnes d'écouter Gwendoline Cazenave, directrice TGV Atlantique de la SNCF, venue présenter dans les détails les changements induits par l'ouverture de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Paris, le 2 juillet prochain. Cette journée sera "un moment historique pour Bordeaux mais aussi pour la SNCF car nous procéderons le même jour à l'ouverture simultanée de 2 lignes, avec celle de Paris-Rennes", précise-t-elle.

Soulignant que le projet a germé en 1990 et que cette infrastructure a nécessité un investissement de 9 milliard d'euros, Gwendoline Cazenave a rappelé qu'elle avait nécessité la construction de 302 km de ligne nouvelle et que 10 raccordements ont été prévus avec le réseau actuel, permettant la desserte des gares intermédiaires existantes, un fonctionnement inédit pour la SNCF.

"Cette ouverture est un véritable big bang avec 2.000 horaires de train qui changent, ayant nécessité des années de travail. On ne se rend pas forcément compte de la complexité de la tâche, ajoute-t-elle. Sur les deux lignes Rennes-Paris et Bordeaux-Paris, nous attendons environ 4 millions de voyageurs supplémentaires, dont 2,5 millions sur la seconde ligne."

Gwendoline Cazenave a également présenté le nouveau label InOui, destiné à "augmenter notre gamme d'offre. Nous avons maintenant une offre low cost sous le label OuiGo et une offre premium avec le label InOui. Je rappelle d'ailleurs qu'avec OuiGo, la SNCF est le premier opérateur ferroviaire au monde à avoir créé une offre low cost. Aujourd'hui elle représente 5 % de notre trafic, l'objectif est de porter cette part à 25 % à l'horizon 2020. Son taux de satisfaction est supérieur à 90 %, signe que cette offre a trouvé son public." La nouvelle ligne SNCF Bordeaux-Paris, baptisée L'Océane, proposera des trajets InOui comme OuiGo.

"InOui compte trois marqueurs : les services, le confort, le wifi à bord, détaille Gwendoline Cazenave. A partir de septembre, nous proposerons plus de 33 allers-retours par jour entre Paris et Bordeaux dont plus de 18 en 2h04, toutes les demi-heures en pointe dans chaque sens. C'est l'équivalent de 70 A320 qui décolleraient chaque jour depuis Bordeaux. Quinze nouvelles rames L'Océane (de 556 places chacune, sur deux niveaux) seront en fonction pour la mise en service le 2 juillet. Alstom nous en livre une par mois, les anciennes rames Atlantique seront progressivement remplacées. A partir de novembre, au moment d'acheter son billet, le voyageur pourra savoir dans quel type de rame il voyagera. L'investissement dans ces nouvelles rames dépasse 1,5 milliard d'euros. Nous aurions pu les dispatcher sur plusieurs lignes comme nous le faisons habituellement, cette fois nous privilégions cette destination dans laquelle on croit et où l'on identifie un vrai besoin."

Nom de code Anatol

Gwendoline Cazenave et Jérôme Laffon, directeur commercial et services TGV Atlantique, insistent tous deux sur les services offerts à bord : possibilité de brancher son ordinateur portable et son téléphone, d'où ce qualificatif de "bureau à grande vitesse", wifi à bord en se connectant au portail SNCF Connect promettant une absence de rupture du réseau internet et téléphonique tout au long du trajet, mais aussi conception des espaces orientée en ce sens.

"Le premier train partira de Bordeaux à 5 h 46 et arrivera à Paris à 8 h 10, ajoute Jérôme Laffon. Le dernier retour sera possible avec un départ de Paris à 20 h 50 et une arrivée à Bordeaux à 23 h. La grande nouveauté est qu'il sera désormais possible de faire l'aller-retour dans la demi-journée."

LGV : TGV InOUI en gare de Bordeaux

La SNCF entend clairement se positionner sur le service : la 1re classe offrira la possibilité lors de la réservation en ligne de choisir sa place finement, un service Voiturier & Cie sera proposé, les voyageurs Pro en première classe bénéficieront d'un embarquement prioritaire à bord, avec un système coupe-file dispensant ensuite du contrôle à bord. Sur ce sujet, des portiques seront installés d'ici la fin de l'année sur les quais de la gare Saint-Jean. Jérôme Laffon a également décrit "Anatol", nom de code d'un service de conciergerie digitale que pourront utiliser les voyageurs en première classe qui répondra à leurs problématiques et leur permettra de contacter le personnel ou le chef de bord via SMS.

Fabien Soulet, directeur du marché Affaires de Voyages SNCF a également présenté lors de cette Matinale l'opération très offensive menée par le groupe entre le 3 et le 21 juillet à destination des voyageurs réguliers empruntant l'aérien. Ces derniers pourront obtenir une carte grand voyageur SNCF valable un an, ainsi que l'équivalent de 8.000 points soit un trajet en 1re classe offert, sur présentation de la carte de fidélité aérienne d'un statut donnant accès au salon dans les aéroports. L'offre sera disponible au salon voyageur de la gare de Bordeaux. Difficile de ne pas y voir un pas vers les habitués de la Navette Air France...

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Commentaires
a écrit le 22/06/2017 à 23:54 :
Dommage d'investir tant d'argent dans des rames au seul bénéfice d'une ligne dont il est avéré qu'elle sera très déficitaire au détriment d'une ligne qui ne le sera pas et ouvrira le même jour.
Certes la Bretagne gagnera quelques trajets en TGV Duplex, mais l'on aurait aimé quelques trajets en TGV "InOui" également, notamment les porte-drapeau.
De même, une vision stratégique objective aurait conduit à transformer les vieilles rames atlantiques en Ouigo plutôt que des duplex, puisque ces trains low cost ne sont et ne seront jamais pleins sur la façade ouest. Sauf à ce que la sncf supprime des vrais TGV en heure de pointe au profit de ces machins pour faire briller les chiffres.
a écrit le 22/06/2017 à 9:27 :
Conférence très intéressante à laquelle j'ai eu le privilège d'assister.
Toutefois je me fais l'avocat du diable: la fréquence des allers retours envisagée ne va-t-elle pas renforcer le monopole de Paris au détriment d'implantations d'entreprises, d'établissements secondaires, de bureaux annexes à Bordeaux (et donc de création d'emplois) dans la mesure où il suffira aux collaborateurs de grandes ou moyennes entreprises de se déplacer pour la journée? Ce ne serait que conforter ce qui existe déjà...

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