LGV Bordeaux - Paris, trains régionaux, financement du GPSO : Guillaume Pepy fait le point

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Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, passe deux jours à Bordeaux
Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, passe deux jours à Bordeaux (Crédits : Agence Appa)
De passage à Bordeaux, le président du directoire de la SNCF en profite pour faire le point sur les recrutements du groupe en Nouvelle-Aquitaine, le renouvellement du réseau ferroviaire régional et évoque la mise en fonction de la ligne à grande vitesse Paris - Bordeaux le 2 juillet 2017. Guillaume Pepy confirme également que le financement du prolongement de la LGV vers Toulouse et vers Dax ne pourra se faire par la dette ferroviaire.

Programme chargé pour le patron de la SNCF. Guillaume Pepy participait hier mardi à Bordeaux à une rencontre avec des acteurs socio-économiques de la région afin d'évoquer les impacts, notamment en matière de mobilité, de la mise en fonction de la ligne à grande vitesse Paris - Bordeaux via Tours le 2 juillet prochain. Ce mercredi, il devait participer à un Forum de l'emploi organisé par le groupe à l'écosystème Darwin afin de présenter 400 offres d'emploi à pourvoir en 2017. Dans la foulée, une rencontre avec le préfet de Nouvelle-Aquitaine, une autre avec des étudiants de Sciences Po Bordeaux, une 3e avec des startups et des associations de consommateurs... étaient programmées. A son arrivée, Guillaume Pepy a tout de même échangé quelques minutes avec la presse. Morceaux choisis.

Le poids économique de la SNCF en Nouvelle-Aquitaine

"J'ai vérifié plusieurs fois le chiffre pour en être sûr : le groupe emploie 17.150 collaborateurs sur le périmètre de la Nouvelle-Aquitaine. Toujours au plan régional, il achète pour l'équivalent de 370 M€ auprès de 3.930 entreprises fournisseurs, dont 50 % de PME."

La ligne à grande vitesse Bordeaux - Tours - Paris

"Le débat avec le concessionnaire Lisea sur le nombre de trains en circulation appartient désormais au passé. Nous ne gagnerons pas d'argent sur cette ligne, je l'ai déjà dit de nombreuses fois. Ce qui importe maintenant, c'est de réussir son lancement. Nous espérons finir les essais fin février. La formation de 650 conducteurs débute en janvier. Nous recevrons progressivement les 40 rames mais la première circulera sur l'axe Bordeaux - Paris à partir du 11 décembre.
J'attire aussi l'attention sur le fait que les horaires des trains vont changer de Saint-Malo à Toulouse avec l'arrivée de la grande vitesse. TGV, TER, Intercités, fret, nous avons revu toutes les dessertes et 80 % des correspondances sont concernées. Le premier enjeu, c'est de réussir cette incroyable horlogerie. Le 2e enjeu, c'est qu'il faut attirer 2,5 millions de voyageurs en plus et remplir les 33,5 allers-retours quotidiens entre Bordeaux et Paris, qui plus est avec des rames Euroduplex présentant des capacités supérieures. Aujourd'hui, c'est 474 voyageurs, demain ce sera 560, soit l'équivalent de 3 Airbus A320. Nous devons réussir ce succès commercial."

Le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, comprenant les prolongations de la grande vitesse vers Toulouse et vers Dax

"Une mission a été mise en place par le ministère des Transports pour trouver de nouvelles pistes de financement. Le rapport devrait être remis début 2017. Ce qui est certain, c'est qu'on ne pourra pas financer le GPSO par la dette du système ferroviaire. (...) Les gens vivent avec l'idée que c'est la SNCF qui décide. C'était vrai il y a 30 ans, ce n'est plus le cas. Les nouvelles lignes sont décidées par l'Etat, les élus des collectivités et les populations, notamment via les enquêtes publiques et consultations. Notre métier à la SNCF, c'est de mettre les données sur la table, pas de prendre ces décisions."

Sur les trains express régionaux et le service jugé insuffisant par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

"La Nouvelle-Aquitaine est la plus grosse région de France en matière de travaux. Et il y en a encore pour 10 ans avant d'avoir régénéré le réseau ! Je tiens à souligner l'effort énorme du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en faveur de la mobilité. Mais je comprends que les élus régionaux trouvent ce choix frustrant à très court terme. Il faut saluer cet investissement mais il faut aussi avoir conscience que le réseau a vieilli. Il y a des travaux partout, donc des trains en retard, et on ne peut pas avoir des résultats immédiats. L'exemple-type, c'est la gare de Bordeaux Saint-Jean où les travaux de modernisation durent depuis 2014. Nous allons ouvrir prochainement le hall 1 qui a vécu de nombreux aménagements, puis l'extension côté Belcier, le hall 2. Le train régional reste une priorité et la grande vitesse ne doit pas conduite à réduite l'investissement sur le réseau régional. Sur les 3,5 millions de Français qui prennent quotidiennement le train, 300.000 sont des utilisateurs du TGV. Tout le reste, c'est le TER et le Transilien."

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Commentaires
a écrit le 23/11/2016 à 18:23 :
A quand un RER pour Bordeaux avec des fréquences à 15 minutes aux heures de points comme dans beuacoup d'autres villes en Allemagne, la Suisse etc.???
a écrit le 23/11/2016 à 18:21 :
Tours -Bordeaux , Pepy ne dit pas que le PPP signé par d'autres que la SNCF fera perdre à la SNCF 140 Millions € par an et qu'il reste encore 0,800 à 1milliards € à financer . Ne parlons pas du GPSO dont la solution de financement n'est pas encore trouvée mais qui pourrait l'être en grande partie par les Régions et le Communauté urbaines de Bordeaux et Toulouse. Bye Bye les autres investissements de développement. De plus Bordeaux Toulouse c'est vraisemblablement 12 milliards € et que la perte d'exploitation pour la SNCF serait au moins aussi importante que celle de Tours Bordeaux si ce n'est plus pour gagner 20 minutes !!!

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