Bordeaux : le routier GT crée sa société d'intérim

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Eric et Michel Sarrat
Eric et Michel Sarrat (Crédits : Agence Appa)
Recrudescence de l’externalisation et montée de l’intérim intéressent Eric et Michel Sarrat, les dirigeants du groupe GT, à Bassens (Gironde), qui cherchent pourtant à recruter à durée indéterminée et investissent lourdement dans la biscuiterie Poult, à Montauban.

Le 22 juin Eric Sarrat, patron de GT Logistics, filiale du groupe GT, qu'il codirige avec son frère Michel, posera la première pierre du nouveau centre logistique de la Biscuiterie Poult, à Montauban (Tarn-et-Garonne), une infrastructure dans laquelle GT logistics investit la bagatelle de 7 M€. A la question de savoir si le changement de dirigeant à la tête de Poult, avec le retrait de la figure historique qu'est Carlos Verkaeren, va modifier la donne pour GT, Eric Sarrat répond sereinement.

"Nous avons un contrat et l'entrepôt sort de terre : ce changement de direction n'est pas un problème pour nous. Nous avons plus de difficultés à recruter les 15 à 20 personnes dont nous aurons besoin sur place d'ici le mois de septembre, révèle le dirigeant. Le manager de l'entrepôt de la biscuiterie est une femme. Quand nous l'avons rencontré, nous n'avons pas hésité une seconde à la recruter. J'ai parfois du mal à comprendre, poursuit Eric Sarrat, les difficultés que nous avons à trouver du personnel et là c'est le cas. Montauban est une belle ville, proche de Toulouse, et la Biscuiterie Poult est une entreprise libérée, où les salariés ont une grande autonomie dans le travail. Faites le savoir autour de vous, c'est important."

GT Immobilier : la fusion ?

Avec 7 M€, Poult représente la plus grosse tranche des investissements réalisés par GT en 2015, "une année record" à ce titre selon ce dernier, qui précise également que 3 M€ ont été investis dans la machine de tri achetée pour Lidl et 2 M€ pour la production de racks. Eric Sarrat place l'année 2015 sous le signe de l'externalisation. La tendance n'est pas nouvelle, puisque GT, avec en particulier la location de véhicule avec chauffeur, s'est précisément développé sur ce segment de marché. Inspiré par les histoires entrepreneuriales, Eric Sarrat voit cette tendance à l'externalisation chez ses clients potentiels mais aussi à l'intérieur du groupe GT.

Il en va ainsi de l'ancien dirigeant de Stavi Aquitaine (réparation de véhicules, dépannage, remorquage...), filiale directe de la holding SPGT, qui coiffe aussi le groupe GT, et qui s'est lancé l'an dernier dans la création de GT Immobilier, société de promotion immobilière filiale du groupe, qui est intervenu sur une quarantaine de lots (appartements, etc.) "et qui va se rapprocher avec un confrère : l'affaire n'étant pas conclue je ne peux pas vous préciser encore dans quel sens ce rapprochement va se faire", observe Eric Sarrat. Autrement-dit, il faudra attendre pour savoir si GT Immobilier grossit ou si cette filiale de GT Location est vendue pour passer sous le contrôle d'une autre entreprise.

L'entreprise de travail temporaire

A la suite d'un accident de santé, l'ancien patron de la filiale GT Sud-Ouest a été épaulé par le groupe pour pouvoir créer une entreprise de travail temporaire spécialisée dans les transports et baptisée GT Solution, qui a vu le jour en janvier dernier.

"Nous pensions qu'il était impossible de créer une entreprise de travail temporaire, car c'est très réglementé, mais un avocat nous a démontré le contraire. Nous avons passé six mois à mettre ce projet au point. GT Location, sa maison-mère continue, mais c'est vrai, il va y avoir beaucoup de satellites autour du vaisseau amiral, hors du monde du camion. Nous devons être multifonctions", éclaire Eric Sarrat.

Le groupe a jusqu'à présent consacré 100.000 euros à la création de GT Solution et étudie la possibilité d'ouvrir un bureau à Paris cet automne, "en logistique il y a beaucoup d'intérim", relève le codirigeant de GT. Eric Sarrat souligne que les déboires de 2014, avec Turbomeca et Na Pali, sont digérés et que le groupe a signé avec deux nouveaux clients : le groupe automobile PSA, à Sochaux, et le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) Grenoble.

GT Location tient la route

Cette forte proportion d'intérim n'empêche pas GT d'avoir besoin de recruter une cinquantaine de collaborateurs en logistique dans le Nord, l'Est et Rhône-Alpes, qu'il s'agisse de "patrons de business unit, managers intermédiaires ou opérateurs logistiques". Embauches directes en contrat à durée indéterminée après sélection, avec une aide au logement pour les salaires les plus modestes, le groupe entend faire le maximum pour réussir sa campagne d'embauches mais peine encore à trouver ou attirer des candidats dans les régions concernées. Avec un chiffre d'affaires consolidé de 185 M€ en 2015, dont 50,9 M€ au titre de GT Logistics et 119 M€ pour GT Location, le groupe, qui emploie 2.300 salariés, n'a pas perdu de terrain, dans un contexte sous forte pression, dont témoigne Michel Sarrat, patron de GT Location.

"Nos sous-jacents sont faibles. Nous avions prévu de progresser de + 6 % et nous avons fait + 3,2 %. Deux tiers de nos charges sont fixes et nous avons vécu une année de forte mutation. Nous avons renouvelé avec succès 30 % de notre chiffre d'affaires, en particulier auprès de Lidl, et cela nous a occupés, analyse Michel Sarrat. Nous avons subi, poursuit-il, le contrecoup de la fermeture d'une partie des entrepôts de Michelin, qui est notre client. Et puis nous sommes entrés au capital d'une entreprise de transport de canards gras dans les Landes le 31 décembre 2015, au moment du début de la grippe aviaire : c'est ce qui s'appelle avoir du nez", s'amuse le patron de la branche location.

Entrée aux Transports Dauga

Cette entrée minoritaire, à 49 % au capital de la société Transports Dauga (30 salariés), à Hagetmau (Landes), s'est traduite par la création d'une coentreprise baptisée GT Dauga. GT était absent de ce secteur d'activité dans le Sud-Ouest et, malgré une crise aussi violente qu'imprévisible, dont les producteurs vont commencer à sortir, cet investissement revêt un caractère sans doute local mais tout aussi stratégique.

"Ce rachat répond aussi aux attentes des deux grands abattoirs de canards gras détenus par les groupes coopératifs Euralis et Maïsadour, qui veulent traiter avec des transporteurs plus solides, ce qui enclenche un mouvement de concentration", décrypte Michel Sarrat.

L'année 2016 va correspondre au 70e anniversaire de la création de la Compagnie générale de traction, aïeul du groupe GT, et les frères Eric et Michel Sarrat en ont profité pour mobiliser leurs salariés sur un nouveau projet d'entreprise, pendant deux jours de convention, ce qui s'est traduit par une nouvelle vision à développer dans les 10 ans à venir : "Ensemble, transformons notre entreprise". De la révolution digitale au bien-être au travail en passant par le développement à l'international et l'innovation partagée avec les clients, les salariés ont phosphoré. En 2019, remontant aux prémices de la création du futur groupe GT, les frères Sarrat fêteront les 100 ans de cette aventure entrepreneuriale familiale.

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