Bordeaux : le paysage au cœur de la prochaine biennale Agora

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Bas Smets, paysagiste, architecte et ingénieur belge et commissaire général d'Agora 2017
Bas Smets, paysagiste, architecte et ingénieur belge et commissaire général d'Agora 2017 (Crédits : Bart Dewaele)
La 7e édition de la biennale d’architecture, d’urbanisme et de design Agora "Paysages Métropolitains" aura lieu du 21 au 24 septembre au Hangar 14 avec des ramifications dans tous les quartiers de Bordeaux et de la métropole. L’occasion de dévoiler au grand public un concentré des dernières réflexions sur l'architecture, l'urbanisme et le paysage.

Programmée dans 59 lieux de la métropole, Agora 2017 sera un véritable laboratoire autour des paysages métropolitains. "La tension glisse tout comme l'urbanisme vers le paysage", a souligné Bas Smets, paysagiste, architecte et ingénieur belge et commissaire général de cette 7e édition. Sous l'égide de la mairie de Bordeaux, le bureau de Bas Smets s'est entouré d'une équipe internationale et s'est associé au scénographe new-yorkais Rendall Peacock ainsi qu'à l'illustratrice et typographe néerlandaise Irma Boom.

"Agora a su s'imposer à l'échelle des biennales européennes. Bogota, ville de 8 millions d'habitants, vient de confronter son projet urbain au nôtre, une ville de 250.000 habitants ! Bordeaux est devenu une référence dans le monde pour son modèle urbain", a souligné Alain Juppé.

Chaque année, Agora grandit. Pour cette édition, plus de 200 événements sont prévus sur 10 jours, pour un budget s'élevant à 1,5 million d'euros, contre un peu plus de 1 million en 2014.

Une prospective dans le futur

"On est aujourd'hui 7,7 milliards d'humain sur la planète, 50 % de l'humanité vit dans les métropoles, avec une évidente perte de nature. On ne sait pas encore ce que les changements climatiques vont signifier pour nous. Agora peut être une occasion de repenser et d'organiser le territoire à l'échelle de la planète", a souligné Bas Smets.

Pour l'occasion, le Hangar 14 se transformera en paysage qui se pense comme un bâtiment, avec plus de 300 arbres et une Garonne signalétique qui sillonne la forêt. Durant 5 jours, des architectes, paysagistes, designers, politiques, internationaux vont se succéder sur le ring du Hangar 14 afin de débattre autour de diverses problématiques telles que l'irruption de la nature au sein de l'architecture urbaine, l'urbanisme agricole, la question de l'art, de l'urgence climatique et des différents enjeux liés au sol.

Les "territoires nourriciers" et l'urgence climatique seront au cœur d'une batterie d'événements dans le cadre d'Agora 2017.

"A Bordeaux, nous investissons massivement dans les transports en commun, et si c'est plus compliqué sur la rénovation thermique des bâtiments, nous aurons prochainement une grande centrale photovoltaïque. L'évolution de la Jallère prend pleinement en compte la protection des zones humides. Et une grande terrasse du quartier du Grand Parc sera dédiée à l'agriculture urbaine. Je ne sais pas si Bordeaux peut se fixer les mêmes objectifs qu'Albi, mais nous avons de vastes espaces maraîchers, peut-être pouvons nous relever ce défi", a affirmé Alain Juppé.

Hors H14, de nombreux rendez-vous dont l'exposition des lauréats du concours Bas Carbone EDF sont attendus :"Il s'agissait pour les équipes de savoir comment accueillir 2.000 nouveaux habitants en 2050 tout en étant totalement neutres en émission de CO2. Ce n'est pas lié aux zones humides que nous sommes obligés de préserver et que l'on conservera. Mais je ne doute pas que sur ce sujet politique, Pierre Hurmic (conseiller municipal écologiste, NDLR) sera dans la salle et pourra s'exprimer", a affirmé Michèle Laruë-Charlus, déléguée générale d'Agora et directrice générale de l'aménagement de Bordeaux Métropole, en faisant référence au projet d'urbanisme de la ville concernant l'aménagement de zones humides sur le secteur de la Jallère. Ce projet envisage l'aménagement de 280.000 m² dont 33 % de logements, 44 % d'activités et 20 % de bureaux nouveaux, autour de Bordeaux-Lac : site totem de la sauvegarde des espaces naturels de la métropole.

Le paysage sera-t-il en voie de disparition d'ici 2030 à Bordeaux ?

"Sur les 55.000 hectares de Bordeaux Métropole, presque la moitié, 20.000 hectares sont des espaces non ou peu constructibles car il s'agit d'espace naturel", a rappelé Alain Juppé.

Alors que la pression immobilière fait rage à Bordeaux, nul doute que ces 20.000 hectares sont perçus par certains élus comme des zones potentielles d'aménagement du territoire. Le terrain glissant du projet urbain de la Jallère, à Bordeaux-Lac, en est l'exemple parfait.

En mai, la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine avait également tiré la sonnette d'alarme, en dressant un état des lieux alarmant de l'urbanisation excessive qui menace le littoral (1).

Lire aussi : Climat : les villes côtières de Nouvelle-Aquitaine seront-elles abandonnées ?

Selon les dernières statistiques de l'Insee, la population de la métropole de Bordeaux s'élève à 760.933 habitants, on peut donc envisager le million d'habitants d'ici à 2030.

Le programme complet

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(1) Rapport intitulé "Les collectivités littorales aquitaines face aux défis de l'urbanisation et de la montée des risques naturels"

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