Finances locales : quelles sont les 12 villes les mieux notées de Nouvelle-Aquitaine ?

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Le cabinet Localnova a scruté les comptes des communes de plus de 5.000 habitants.
Le cabinet Localnova a scruté les comptes des communes de plus de 5.000 habitants. (Crédits : CC by Pixabay / AlexanderStein)
Le cabinet Localnova, spécialisé en finances locales, a scruté la santé financière des 2.235 communes françaises de plus de 5.000 habitants et dévoile ses résultats en exclusivité dans La Tribune. En Nouvelle-Aquitaine, douze d'entre elles décrochent la notation 2A+, la meilleure note attribuée. Il s'agit notamment de Bordeaux, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Jean-de-Luz et Lège-Cap-Ferret. Parmi les redressements les plus spectaculaires, figurent Cenon, Floirac, Léognan et Soustons.

En Nouvelle-Aquitaine, le cabinet Localnova, basé à Montpellier, a examiné la situation financière des 199 communes de plus de 5.000 habitants. Objectif : établir une note en fonction de 35 critères regroupés en six familles : la section de fonctionnement, la section d'investissement, la fiscalité, le solde d'épargne, l'endettement et les données socio-économiques de la commune. Le tout à partir des compte de gestion 2018, les dernières données définitives disponibles. Les notations vont de D "situation financière en défaut structurel" à 3A "situation financière excellente". Ces notes décrivent seulement l'état financier de la commune et pas celle de son intercommunalité.

"La lecture des comptes d'une collectivité ne permet pas, à elle seule, d'avoir une appréciation d'ensemble de la gestion de cette collectivité. En revanche, elle permet d'évaluer sa capacité d'action future et sa capacité à exercer ses missions de service public et à améliorer ses équipements", prévient Frédéric Maury, le président de Localnova.

Au niveau national, près de 61 % des 2.235 villes de plus de 5.000 habitants affichent des notes supérieures ou égales à 2A "situation financière très bonne". Les catégories 1A "situation financière bonne" représentent 33 % du total tandis que 5 % des villes ont un profil plus contraint avec une note 3B "situation financière moyenne".

"On constate que la baisse très nette des dotations de l'Etat .n'a pas entraîné de dégradation massive. Le mandat 2014-2020 a été un vrai mandat de gestion dans les communes françaises", poursuit Frédéric Maury. "Sur 100 € de recettes en moins, on peut dire schématiquement que les communes ont compensé en trouvant 60 € dans les économies de gestion et de fonctionnement ; 30 € dans des hausses de fiscalité ou de tarifs des services publics et 10 € dans la baisse de leur dette et dans la baisse des taux, notamment en lien avec une baisse de l'investissement."

Douze villes notées 2A+ en Nouvelle-Aquitaine

Dans la région, douze villes de plus de 5.000 habitants, dont Bordeaux, obtiennent la note 2A+ qui correspond à une "situation financière très bonne +". Selon Frédéric Maury, cela signifie pour ces communes "une forme de sérénité puisqu'elles sont relativement à l'abri d'une secousse budgétaire. Ce sont des communes qui seront bien accueillies par leurs partenaires extérieurs, qu'il s'agisse de grands opérateurs ou d'établissements bancaires."

Voici les douze communes notées 2A+ par Localnova en Nouvelle-Aquitaine :

  • Bordeaux (Gironde, 260.000 hab.)
  • Saint-Médard-en-Jalles (Gironde, 31.000 hab.)
  • Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques, 21.000 hab.)
  • Lège-Cap-Ferret (Gironde, 15.000 hab.)
  • Lons (Pyrénées-Atlantiques, 13.000 hab.)
  • Urrugne (Pyrénées-Atlantiques, 11.000 hab.)
  • Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime, 11.000 hab.)
  • Lescar (Pyrénées-Atlantiques, 11.000 hab.)
  • Biganos (Gironde, 11.000 hab.)
  • Périgny (Charente-Maritime, 8.000 hab.)
  • Vaux-sur-Mer (Charente-Maritime, 8.000 hab.)
  • Puilboreau (Charente-Maritime, 6.000 hab.)

L'attractivité du littoral

Il est frappant de noter que ces douze villes sont toutes situées dans trois départements littoraux parmi les plus attractifs et les plus dynamiques sur le plan économique. A l'inverse, aucune n'est située dans l'intérieur des terres, ni dans l'ex région Limousin. "Au niveau national comme au niveau régional, il y a un écart croissant entre les collectivités les mieux dotées, celles que l'on peut qualifier de plus 'riches', et d'autres qui n'ont plus de moyens ni de ressources pour assumer leurs missions de service public. Cela pose la question de la péréquation entre collectivités", observe Frédéric Maury.

D'autant que ces notations décrivent davantage la santé financière d'une collectivité que la gestion en elle-même :

"Il n'y a pas nécessairement de corrélation entre le profil financier d'une collectivité et sa gestion politique. Une commune peut accueillir des ménages riches et des entreprises et ainsi bénéficier d'un très bon profil financier tout en ayant une gestion dispendieuse. Le poids de l'histoire et du dynamisme du territoire expliquent une bonne partie du profil financier d'une collectivité même si la gestion politique a aussi un impact évidemment", précise ainsi le président de Localnova.

A l'opposé, en Nouvelle-Aquitaine les notes 3B+/3B/3B- concernent dix villes de plus de 5.000 habitants. "Pour cette catégorie, les fondamentaux financiers sont fortement fragilisés consécutivement à une contrainte d'endettement et/ou l'absence de marge de manœuvre fiscale", précise Localnova, qui ne souhaite pas rendre public les noms de ces dix communes.

Les onze meilleures progressions entre 2014 et 2018

En termes de trajectoire financière au cours du mandat qui s'achève, 37 % des communes de plus de 5.000 habitants de Nouvelle-Aquitaine ont la même note en 2018 qu'en 2014, 31 % ont connu une légère amélioration, 15 % une amélioration et 17 % une dégradation.

Voici les onze rétablissements les plus marquants en Nouvelle-Aquitaine, selon Localnova :

  • Cenon (Gironde, 25.000 hab.) de 1A+ à 2A
  • Floirac (Gironde, 17.000 hab.) de 1A à 2A-
  • Léognan (Gironde, 10.000 hab.) de 1A- à 2A
  • Soustons (Landes, 10.000 hab.) de 1A- à 2A-
  • Aytré (Charente-Maritime, 9.000 hab.) de 1A à 2A
  • Surgères (Charente-Maritime, 7.000 hab.) de 1A- à 2A-
  • Parentis-en-Born (Landes, 7.000 hab.) de 3B+ à 2A-
  • Cadaujac (Gironde, 6.000 hab.) de 1A- à 2A-
  • Izon (Gironde, 6.000 hab.) de 1A- à 2A-
  • Verneuil-sur-Vienne (Haute-Vienne, 5.000 hab.) de 1A- à 2A-
  • Pauillac (Gironde, 5.000 hab.) de 1A- à 2A-

Les données individuelles de chaque commune sont disponibles sur demande auprès de Localnova.

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A Bordeaux, bonne gestion et fiscalité forte, selon lInstitut Montaigne

Dans un rapport publié en début de semaine et appuyé par de nombreux chiffres pour décrire la situation des onze plus grandes villes de France, l'Institut Montaigne considère que "les différentes évolutions permettent à la ville de Bordeaux de présenter des fondamentaux budgétaires et financiers en nette amélioration sur les quatre dernières années (réduction de l'encours de dette, baisse de la rigidité de la dépense via une baisse de la proportion des dépenses de personnel dans le budget total et amélioration de la capacité d'autofinancement). Cette tendance a été en revanche accompagnée d'une dégradation de ceux de la métropole qui a vu notamment sa dette progresser de + 22 % en 4 ans, conséquence de la mise en œuvre de la loi MAPTAM et des importants transferts de compétences et de charges opérés de la ville vers la métropole depuis 2014."

Sur le plan fiscal, le think-tank ajoute que "la situation de Bordeaux a peu évolué sur la période, le produit fiscal par habitant y est resté 30 % supérieur à la moyenne de la strate pour la taxe d'habitation et de près de 50 % pour la taxe foncière sur les propriétés bâties. Comparativement à ses homologues, la ville pratique à la fois des taux plus élevés et des bases par habitant plus abondantes, ce qui explique ce produit fiscal plus important."

Lire aussi : Trajectoire fiscale de Bordeaux : les 7 chiffres à retenir

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Commentaires
a écrit le 12/02/2020 à 20:56 :
Alors quand je vois la commune de Cenon avec un score qui augmente, je m'interroge, Donc nous effectivement nous sommes passé de très mauvais a passable.
avec un taux d'imposition record sur la taxe foncière et la taxe d'habitation avec une augmentation de 15% entre 2015 et 2018, l’impôt est devenu confiscatoire pour les habitants qui y sont assujetti. L'augmentation de la population a permis d'augmenter l'assiette de l’impôt et ces scores ne reflètent en rien la réalité et le quotidien des habitants. On peut faire dire ce qu'on veut a des chiffres mais ils ne résistent pas au bilan que font les habitants .
a écrit le 07/02/2020 à 9:48 :
Étonné de ne pas voir Biarritz alors que St Jean est troisième !

Ah mais c'est vrai c'est la ville préférée des riches, ils doivent y pomper tout l'argent public suis-je bête.

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