Fieldbox.ai ouvre ses premiers bureaux étrangers à Singapour

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La solution de Fieldbox.ai a été installée sur le système de tri des bagages de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle avec des modèles qui permettent de mieux prévoir les flux de bagages et de prévoir le meilleur moment pour la maintenance des matériels
La solution de Fieldbox.ai a été installée sur le système de tri des bagages de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle avec des modèles qui permettent de mieux prévoir les flux de bagages et de prévoir le meilleur moment pour la maintenance des matériels (Crédits : Fieldbox.ai)
Développant une plateforme d'intelligence artificielle permettant aux industriels de gagner en efficacité et de prévenir les casses de matériel, Fieldbox.ai grandit vite. La startup bordelaise, qui a embauché 5 personnes depuis le mois de septembre, annonce à La Tribune l'ouverture de ses premiers bureaux à l'étranger. Cette tête de pont à Singapour aura une mission très opérationnelle mais elle est aussi pensée comme un tremplin commercial.

Très présente à l'international depuis ses débuts, active sur quatre continents, Fieldbox.ai n'avait pas encore créé d'implantation physique en dehors de France. Jusqu'à présent, son activité était pilotée depuis son cœur névralgique, Bordeaux, dans le quartier des Bassins à flot, et Paris où elle a ouvert un poste avancé il y a quelques semaines. Mais les réussites commerciales qui s'enchaînent l'ont poussé à revoir cette copie avec un 3e bureau, localisé à Singapour.

La solution logicielle développée par Fieldbox.ai, articulée autour d'algorithmes d'intelligence artificielle, permet aux industriels de collecter de la donnée fournie par les machines et par les opérateurs, de les intégrer dans une seule plateforme et d'obtenir de précieux renseignements afin de gagner en productivité et d'anticiper de potentielles casses. Pour répondre aux enjeux de contraintes de sécurité mais aussi pour abaisser les coûts, ce système peut être est déployé au niveau de l'unité industrielle, directement sur site ou hébergé dans le cloud. Ses algorithmes sont spécifiques à des problématiques métiers et déployés sous forme d'assistants virtuels mis à la disposition des opérateurs.

Les deux pieds dans l'industrie 4.0, la pépite bordelaise œuvre essentiellement dans le monde du pétrole, pour Total entre autres, dans l'automobile et l'aéronautique, l'industrie manufacturière, le transport et les services urbains. Sa solution permet aux industriels d'améliorer leur productivité en optimisant les process et de faire de la maintenance prédictive. Elle garantit également un meilleur lien entre les lignes de production et les bureaux de R&D des grands groupes, en faisant circulant les informations dans les deux sens, en les fléchant vers les bonnes personnes au bon moment, favorisant donc des prises de décision immédiates. Les applications sont nombreuses et vont de l'anticipation de la casse des pompes qui sont immergées au fond des puits de pétrole de Total au système de tri des bagages de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle avec des modèles qui permettent de mieux anticiper les flux de bagages et de prévoir le meilleur moment pour la maintenance des matériels. En passant par l'automatisation du contrôle qualité, pour réduire le nombre de pièces immobilisées dans les stocks le temps qu'elles soient contrôlées par un opérateur, grâce à l'apprentissage automatique de la machine fondée sur des résultats de tests d'assemblage préalablement réalisés.

Singapour parmi plusieurs options

Fieldbox.ai a grandi, depuis ses débuts, en signant des contrats avec des industriels majeurs. Sa croissance est donc soutenue par l'activité facturée, et pas par de la levée de fonds...

"On est effectivement passé des proofs of concept (les fameux POC du jargon startup, NDLR) à des contrats pluriannuels, confirme Clément Collignon, business developer pour Fieldbox.ai. Parmi nos différents clients, nous avons une poignée de partenaires stratégiques très importants qui sont prêts à nous accompagner pour aller plus vite et le prouvent en augmentant actuellement le nombre de sites industriels utilisant notre solution. Nous avions besoin de pouvoir répondre en permanence à nos clients sur quatre continents tout en limitant les problématiques d'astreinte à Bordeaux. Nous avons donc envisagé plusieurs options : Rio, Houston, Jakarta, Singapour... Et c'est cette dernière que nous avons choisie pour étendre notre offre de services en proposant un support 24 heures sur 24."

"Nos clients réalisent sur la plateforme certaines de leurs opérations les plus critiques en termes de reporting et d'analyse de leurs activités au niveau mondial, avec des sites industriels et des antennes de supervision parfois situés sur des continents différents", complète Antoine Trihoreau, cofondateur de l'entreprise. La question des horaires auxquels ces opérations sont réalisées était donc primordiale au moment de choisir le fuseau adéquat. Ainsi que la facilité d'implantation d'une société à Singapour. "Cette tête de pont aura un rôle très opérationnel mais elle va aussi nous permettre de nous rapprocher du marché asiatique et d'accéder plus facilement à des clients potentiels en Asie de l'Est et du Sud-Est", reprend Clément Collignon.

"La Chine représente 15% de la valeur industrielle produite dans le monde. Singapour est la porte d'entrée pour y développer notre business et un hub mondial dans le domaine de l'intelligence artificielle, grâce notamment à l'engagement des autorités locales", ajoute Aymeric Preveral-Etcheverry, directeur des opérations et cofondateur de FieldBox.ai.

Paris pour se rapprocher des grands comptes français

L'ouverture du bureau parisien répond à d'autres objectifs : faciliter les relations avec les grands groupes français dont les centres de décision sont encore tous en Ile-de-France, et se rapprocher du vivier des grandes écoles de développeurs et d'ingénieurs. Employant à ce jour une trentaine de personnes, Fieldbox.ai recherche actuellement à embaucher 5 à 10 profils supplémentaires, data scientists, gestionnaires de projets et commerciaux. Mais l'effectif de la startup pourrait doubler courant 2019. La société s'est pour le moment développée de façon organique. Approchée par divers investisseurs intéressés fin 2017, elle se réserve la possibilité d'une levée de fond, en particulier pour accélérer et financer son développement international. La question des États-Unis se pose :

"L'Asie et Singapour nous permettent de résoudre un problème opérationnel d'offre de services, mais les sirènes américaines sont bien là, acquiesce Clément Collignon. Notre solution est déjà déployée dans des usines en Amérique du Nord. Notre objectif est de construire des cas d'usage là-bas pour ensuite s'y déployer commercialement. Mais l'Europe reste aussi dans notre spectre. Nous sommes actifs en Angleterre et en Allemagne mais l'Espagne, l'Italie et l'Europe de l'Est sont de vrais sujets."

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