Fieldbox.ai, l'intelligence artificielle au service de l'industrie

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Peter von Campe et Aymeric Preveral-Etcheverry, associés au sein de Fieldbox.ai. Manque sur la photo le 3e associé et CEO Antoine Trihoreau.
Peter von Campe et Aymeric Preveral-Etcheverry, associés au sein de Fieldbox.ai. Manque sur la photo le 3e associé et CEO Antoine Trihoreau. (Crédits : Agence Appa)
Très discrète, la startup bordelaise Fieldbox.ai déploie une solution logicielle pointue, fondée sur la donnée et l'intelligence artificielle, qui permet aux industriels d'améliorer leur efficacité. Aidant l'aéroport de Roissy - Charles de Gaulle à trier les bagages ou Total à anticiper la casse de ses pompes dans les puits de pétrole, la jeune pépite va recruter entre 10 et 20 personnes en 2018.

Née à Paris où elle a été incubée à ParisTech Entrepreneurs, Fieldbox.ai n'a pas fait de vieux os dans la capitale. "On a rapidement regardé les villes qui pouvaient nous accueillir", explique Aymeric Preveral-Etcheverry, responsable des opérations et associé de la startup avec le CEO Antoine Trihoreau et le directeur des ventes Peter von Campe.

"Nos clients sont sur quatre continents et pas qu'à Paris, ce qui nous a permis de faire un choix d'épanouissement. L'écosystème parisien était bouché par beaucoup de startups, la concurrence y est forte pour attirer les développeurs, poursuit Aymeric Preveral-Etcheverry. Fieldbox.ai est donc née en 2012, après un an de R&D nous avons mis notre plateforme en production au Gabon tout en débarquant à Bordeaux, en s'installant en 2014 dans le quartier des Bassins à flot. C'est vrai que nous sommes tout de suite partis à l'export et que notre premier client était international. On fait peut-être certaines choses à l'envers par rapport au parcours classique d'une jeune entreprise, on n'a pas commencé par des POC (preuves de concept, NDLR) mais tout de suite par des opérations industrielles de nos clients."

Fieldbox.ai a en tout cas su capitaliser sur deux points forts, la solidité d'une équipe multi-compétences dirigée par Antoine Trihoreau, qui a longtemps travaillé sur des sites industriels, et sur un board comprenant des experts tels que l'ancien PDG d'Altran.

Gagner en efficacité grâce à la donnée

Fieldbox a les deux pieds dans l'industrie 4.0 et dans les process industriels pilotés par la donnée. La solution logicielle qu'elle a développée, articulée autour d'algorithmes d'intelligence artificielle, permet aux industriels de collecter de la donnée fournie par les machines et par les opérateurs, de les intégrer dans une seule plateforme et d'obtenir de précieux renseignements afin de gagner en productivité et d'anticiper de potentielles casses.

"Notre solution a trois couches de valeur ajoutée, précise Aymeric Preveral-Etcheverry. La première est liée à la donnée, qui est collectée, structurée et ensuite diffusée au bon moment à la bonne personne. L'industrie a du retard sur ces sujets, retard lié à la spécificité des secteurs et des machines, mais notre chance est que les protocoles sont de plus en plus standardisés. La 2e couche, c'est l'analyse de ces données. L'important est de bien la mettre en forme et de sortir les bons éléments, qui vont parler aux équipes opérationnelles. La 3e couche est d'aller le plus loin possible dans l'efficacité. Beaucoup de tâches industrielles sont très répétitives et pourraient être gérées de manière automatisée."

Pour répondre aux enjeux de contraintes de sécurité mais aussi afin de baisser les coûts, la solution logicielle de Fieldbox.ai est déployée au niveau de l'unité industrielle, sur site et non pas dans un cloud. "Ca va plus vite, c'est moins cher et cela permet de ne pas être dépendant d'infrastructures informatiques cloud", résume Aymeric Preveral-Etcheverry. Pour le moment, la startup est restée "sous le radar", grandissant dans l'ombre en cherchant à signer des contrats BtoB plutôt qu'à lever des fonds. Une stratégie payante puisqu'elle compte, entre autres, plusieurs membres du CAC40 dans son portefeuille clients.

Un d'entre eux est Total, avec qui elle travaille sur l'anticipation de la casse des pompes qui sont immergées au fond des puits de pétrole. Un autre est Aéroports de Paris, avec qui elle sera d'ailleurs présente au CES Las Vegas en janvier prochain. Fieldbox.ai équipe ainsi le système de tri des bagages de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. Un système imposant, "presque une petite usine qui achemine les bagages jusqu'à l'avion, qui permet de faire en sorte que les valises ne soient pas perdues lors des correspondances, illustre Aymeric Preveral-Etcheverry :

"Nous travaillons avec les équipes sur place sur des modèles qui permettent de mieux prévoir le flux des bagages, avec une granularité qui va du quart d'heure jusqu'à 7 jours, et sur la maintenance du système lui-même pour anticiper les casses matérielles possible et donc anticiper pour déployer des actions de maintenance au meilleur moment."

Fieldbox.ai emploie aujourd'hui 20 personnes aux Bassins à flot. La startup, qui ne dit mot sur son chiffre d'affaires, prévoit entre 10 et 20 recrutements en 2018 à Bordeaux, essentiellement des data scientists, des ingénieurs logiciels, "des profils seniors pour structurer l'équipe mais aussi juniors qui ont envie d'apprendre et de se lancer dans des projets internationaux", complète Aymeric Preveral-Etcheverry.

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