Bio-impression : Poietis signe un partenariat avec le géant Servier

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Bruno Brisson et Fabien Guillemot, cofondateurs de Poietis
Bruno Brisson et Fabien Guillemot, cofondateurs de Poietis (Crédits : Agence Appa)
Poietis continue d'établir de nouveaux liens avec des acteurs de premier plan dans le domaine de la santé. La startup girondine annonce la conclusion d'un partenariat scientifique pluri-annuel avec le laboratoire Servier, portant sur le développement et la production de tissus hépatiques par bio-impression.

La pépite Poietis travaille, depuis sa création en 2014 à Pessac près de Bordeaux, sur le sujet de la bio-impression. Elle a notamment mis au point une bio-imprimante guidée par laser qui permet de produire des tissus vivants. De l'impression 4D cellulaire en somme, ajoutant aux 3 dimensions habituelles la 4e dimension du temps, qui autorise la startup à viser d'ici quelques années la production d'organes et tissus pouvant être implantés de manière chirurgicale. Avant d'aller jusque-là, Poietis fait avancer ses recherches via des partenariats scientifiques conclus avec de grands acteurs mondiaux de la santé, qui lui permettent également de financer sa R&D en vue d'une arrivée en bloc opératoire. La société annonce ce mercredi la signature d'un partenariat de ce type avec le laboratoire Servier (21.700 emplois, 4,152 milliards d'euros de CA en 2017), dans l'optique de développer et produire des tissus hépatiques.

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"Ce partenariat vise à améliorer la détection, dès la phase d'essais précliniques, des lésions hépatiques d'origine médicamenteuse, faits assez rares mais qui peuvent entraîner des conséquences graves pour les patients. Ce potentiel hépatotoxique est mal détecté par les modèles précliniques actuels. Au-delà des modèles animaux, divers modèles de cultures de cellules humaines sont disponibles, mais la plupart manquent de longévité et de complexité, ce qui limite leur utilité en toxicologie", notent les deux parties dans un communiqué.

La technologie portée par Poietis pourrait ainsi contourner ces limites : "Ce projet repose sur la reproduction d'un nouveau tissu hépatique humain bio-imprimé complexe avec des lignées de cellules hépatiques humaines et des cellules immunocompétentes dans une architecture définie afin d'imiter in vitro le tissu hépatique humain."

"Ce projet permettra de faire progresser notre compréhension des mécanismes d'hépato-toxicité et d'offrir des tests pour détecter, le plus tôt possible, d'éventuels effets délétères lors du développement de nos médicaments", précise Nancy Claude, directrice de la sécurité non clinique chez Servier. "On peut s'attendre ainsi à une réduction des effets indésirables hépatiques chez les patients dès la phase de tests cliniques."

"Ce partenariat pluri-annuel sur le développement de tissus hépatiques par bio-impression marque une étape importante pour le déploiement de la bio-impression 4D dans le domaine pharmaceutique. Suivant la mise en place de la collaboration avec KUL sur la bio-impression de cartilage pour la réparation tissulaire, ce nouveau partenariat scientifique avec les laboratoires Servier s'inscrit dans la stratégie de Poietis qui vise à étendre les applications de sa technologie en dehors des premières applications en dermo-cosmétique", ajoute Fabien Guillemot, président et directeur scientifique de Poietis, qui emploie 33 personnes.

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