Poietis a la 3D dans la peau

 |  | 422 mots
Développée en partenariat avec l’Inserm et le pôle Alphanov, la version 2 de l’imprimante laser Modulab est déjà capable de produire des tissus cellulaires implantés avec succès sur l’animal.
Développée en partenariat avec l’Inserm et le pôle Alphanov, la version 2 de l’imprimante laser Modulab est déjà capable de produire des tissus cellulaires implantés avec succès sur l’animal. (Crédits : Inserm/Alphanov. Lescieux, Ludovic/Guillemot, Fabien)
Titulaire d’un doctorat en sciences des matériaux, Fabien Guillemot a mis au point une technologie permettant l’impression laser 3D de tissus vivants. Une innovation de niveau mondial qui va déboucher sur la création d’une entreprise unique au monde et prometteuse : Poietis.

Imaginez une imprimante 3D dont l'encre serait remplacée par des cellules et dont le papier serait un biomatériau, de type collagène par exemple. Vous avez un peu de mal ? Alors imaginez une imprimante capable de reproduire des tissus vivants, comme un morceau de peau. S'il est difficile, quand on n'est pas initié, de visualiser la chose, on peut comprendre assez facilement, en revanche, à partir du moment où c'est rendu possible par la science, les formidables enjeux médicaux, et donc également économiques, liés au développement industriel de cette technologie.

Des enjeux qui n'ont pas échappé au chercheur du laboratoire de bio-ingénierie tissulaire (unité mixte Université de Bordeaux - Inserm) Fabien Guillemot, qui planche sur le sujet depuis quelques années et a fini par voir ses travaux aboutir.

Il est à l'origine de la mise au point d'une technologie unique au monde : l'impression 3D de tissus vivants par laser. Une technologie de rupture rendue possible, à Bordeaux, par la coexistence de chercheurs de niveau mondial en biologie, biomatériaux, technologie laser.

Poietis devrait compter 10 salariés en 2015

Désormais maîtrisée, sa technique de bio-impression de tissus biologiques est en train de donner naissance à une société : Poietis.

"A partir de la fin septembre, la société que je vais diriger sera en mesure de commercialiser des tissus complexes, des morceaux de peau qui seront adaptés à la réalisation de tests de toxicologie en cosmétologie, pharmaceutique et chimie."

Le marché est potentiellement énorme. Mondial.

"La concurrence existe, aux USA principalement, mais notre technologie laser permet l'impression de tissus très complexes, très au-delà de la simple reconstruction de peau. Nos tissus vivants réalisés sur mesure peuvent répondre à des attentes très précises et insatisfaites de l'industrie cosmétique, notamment. Notre modèle économique repose sur notre capacité à devenir un fournisseur majeur de tissus vivants personnalisés."

Aujourd'hui la société, qui envisage de s'installer dans le Bioparc de Pessac où elle emploiera dès 2015 une bonne dizaine de personnes, vise les cosmétiques, mais ça, ce n'est que pour le court terme.

Dans un second temps, Poietis, qui s'apprête à enrichir de deux ou trois brevets internationaux son catalogue déjà bien fourni, souhaite produire des tissus pour la médecine, des peaux, voire même cornées, qui seront "imprimées" à partir des cellules du patient, et qui constitueront autant de greffons infaillibles.
Et dire qu'il y a quatre ans seulement, le concept même de bioprinting n'existait pas...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :