Robotics Industry cherche 3 M€ pour s'industrialiser et s'internationaliser

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Robotics Industry conçoit et commercialise des robots et des drones aériens, nautiques et terrestres.
Robotics Industry conçoit et commercialise des robots et des drones aériens, nautiques et terrestres. (Crédits : Robotics Industry)
Spécialisée dans la conception de drones et de robots, Robotics Industry vient de lever 800.000 € auprès d'un investisseur privé pour renforcer son processus d’industrialisation. La société gironde travaille déjà à une nouvelle levée de fonds, pour un budget de 3 M€, afin de financer la maturation de ses produits mais aussi l'internationalisation de son activité.

« Nous sommes des industriels en mécatronique - mécanique, informatique et électronique - qui concevons, développons et commercialisons des systèmes autonomes, c'est-à-dire des robots et des drones, qui roulent, qui volent ou qui vont sous l'eau", explique Marco Calcamuggi, le président de Robotics Industry. L'entreprise girondine vise les marchés professionnels, civils et militaires, de "la surveillance, du contrôle, de l'industrie lourde (pétrochimique, nucléaire...), de la gestion environnementale (bathymétrie, cartographies sous-marines...) et des travaux publics (grands barrages, ports...)." Un modèle économique « 100 % BtoB ! », précise Marco Calcamuggi.

Une clientèle de grands groupes

Créée en 2012 par son actuel président, Robotics Industry est aujourd'hui basée à Mérignac (Bordeaux Métropole) et compte neuf salariés répartis entre les activités mécaniques, électroniques, informatiques et le développement commercial. La conception et la fabrication se font à Mérignac tandis que certains produits à faible valeur ajoutée sont externalisés.

« Au début nous étions à Bordeaux vu que nous étions soutenus par Bordeaux Technowest. Lorsqu'on a eu assez de capital nous sommes partis à Blanquefort. Depuis 4-5 mois, nous sommes à Mérignac, plus près de Thales. » En effet, les clients majeurs de Robotics Industry sont des grands groupes : Thales, Suez, Dassault, auxquels s'ajoutent des entreprises nationales de rénovation, de BTP, de pétrochimie, etc. Parmi les autres clients, figurent notamment la direction générale des armements du ministère de la Défense et la Société des eaux de Versailles et de Saint-Cloud (Sevesc).

Des centres de recherche aux business units

En 2017, le chiffre d'affaires de Robotics Industry n'a pas dépassé 200.000 €. Mais, sur les quatre premiers mois de 2018, 600.000 € de chiffre d'affaires ont déjà été signés. De quoi inciter Marco Calcamuggi à l'optimisme :

« La fin de l'année 2017 a été un tournant pour nous. Avant nous étions en phase de R&D, aujourd'hui nous sommes passés des centres de recherche des grands comptes à leurs business units », explique le président de la société. « Un modèle vertueux s'est mis en place, la croissance est là, notre business model est référencé par ces grands groupes et nos produits sont arrivés à maturité, ils sont robustes et il y a désormais plus de commandes que d'études. »

L'une des forces de Robotics Industry est de s'adapter aux besoins de ses clients. « Nous avons des plateformes adaptables : nos systèmes autonomes sont opérationnels et on peut y intégrer la fonctionnalité demandée. Nous pouvons aussi concevoir une fonctionnalité pour une commande particulière et ensuite la fabriquer en série », détaille Marco Calcamuggi.

Robotics Industry

L'équipe de Robotics Industry avec Marco Calcamuggi,au centre, bras croisés. (Crédits : Robotics Industry).

Une levée de fonds à 3 M€ ?

Six ans après sa création, Robotics Industry vient de boucler sa première levée de fonds. Le montant global de l'opération, accompagnée par le cabinet RSR Conseil, atteint 800.000 €. Cela doit permettre à la société de poursuivre l'industrialisation de la production de ses drones et systèmes d'inspections. L'investisseur « n'est pas quelqu'un du métier », précise Marco Calcamuggi, « c'est un family office qui ne souhaite pas être nommé ». Auparavant Robotics Industry avait bénéficié du soutien de l'ex Région Aquitaine et de son agence de développement économique ADI ainsi que d'investisseurs institutionnels tels que Techno'Start, Michelin développement puis Bpifrance, la Banque populaire Aquitaine-Centre-Atlantique et le Crédit mutuel du Sud-Ouest depuis 2015.

Forte de ces nouveaux moyens financiers, l'entreprise travaille déjà à une deuxième levée de fonds, nettement plus conséquente, puisque le montant visé atteint 3 M€ auprès d'investisseurs privés et institutionnels d'ici la fin de l'année. Le capital devrait être ouvert massivement aux sollicitations parisiennes et la levée de fonds est labellisée par la Nouvelle-Aquitaine et accompagnée par ADI. « Ces trois millions d'euros iront dans la maturation encore plus poussée des produits, dans la densification et la structuration du processus industriel mais aussi dans l'internationalisation », avance le président de la société.

Cap sur l'international

« Si la plupart des projets sont confidentiels, je peux dire que le volet international va prendre une dimension très forte, avec une attirance toute particulière pour le Canada. Ce qui s'inscrit dans la stratégie avec Thales, qui a un centre de recherche là-bas », nous explique Marco Calcamuggi. « D'autres de nos partenaires ont des liens historiques avec le Canada, mais il y a d'autres axes de développement notamment avec la Bavière en Allemagne, pour des cartographies marines, des calculs de cubage... », développe-t-il. Des partenariats sont aussi liés avec l'Espagne, le Portugal et l'Amérique latine "par le biais de l'entreprise espagnole Iberdrola, qui utilise les produits de Robotics Industry pour surveiller des barrages"

Quant à l'embauche, Marco Calcamuggi évoque plusieurs profils à recruter et voit les choses en grand à moyen terme :

« Nous aurions besoin d'une personne qui structure la commercialisation de projets complexes, de deux personnes pour renforcer l'équipe des logiciels et d'une personne en design et conception mécanique. Cela dépendra du deuxième tour de la levée de fonds. Sur trois ans, on peut imaginer une vingtaine de personne sur chaque projet ! »

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