Logements, déplacements, emplois : la métropole millionnaire ne fait pas rêver Mérignac

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Le permis de construire du programme 45e parallèle (centre de conférence, hôtel de luxe et bureaux), porté par Nexity, vient d'être délivré
Le permis de construire du programme 45e parallèle (centre de conférence, hôtel de luxe et bureaux), porté par Nexity, vient d'être délivré (Crédits : D.R)
Maîtriser l'urbanisme, décongestionner l'accès à l'aéroport par la rocade et poursuivre le développement économique du secteur : Alain Anziani, le maire socialiste de Mérignac, a listé, à mi-mandat, les enjeux économiques majeurs de la deuxième ville de Gironde. L'occasion de mettre en garde ses collègues de la métropole bordelaise : "L'objectif d'une agglomération millionnaire ne peut être, en soi, un objectif de politique publique !"

"Ça construit beaucoup à Mérignac ! Ce n'est pas ce que je veux. Tous les promoteurs veulent venir chez nous et je refuse de plus en plus de permis de construire", observe Alain Anziani dont la commune compte 70.000 habitants pour un peu plus de 50.000 emplois. L'élu PS considère ainsi que le nouveau plan local d'urbanisme métropolitain, entré en vigueur en février dernier, n'est pas assez restrictif. Il souhaite donc négocier sa propre charte d'aménagement directement avec les promoteurs :

"Nous menons une consultation avec les professionnels d'ici à la fin de l'année pour aboutir au printemps 2018 autour du principe : construire moins haut et moins dense."

Le programme a le mérite d'être clair et, à défaut d'être opposable juridiquement, cette charte cherchera à fluidifier les relations avec les promoteurs.

« On a des problèmes de riches : ils veulent tous venir chez nous et on a du foncier disponible. Désormais, ils devront souscrire à cette charte pour travailler à Mérignac », se félicite Alain Anziani.

Il espère que ce document pourra permettre, à terme, de faire sortir de terre plus rapidement les futurs projets retenus qu'il souhaite concentrer sur l'axe Mondésir-Mérignac Soleil - aéroport.

La métropole millionnaire : "une idée technocratique"

L'ancien sénateur, qui est également vice-président de la métropole, tacle au passage le rêve de l'agglomération millionnaire défendu conjointement par Alain Juppé (LR) et son prédécesseur Vincent Feltesse (PS). "En tant que responsable politique, on peut certes accompagner et se réjouir de l'essor de la métropole bordelaise mais l'objectif d'une agglomération millionnaire ne peut-être, en soi, un objectif de politique publique. C'est une idée technocratique, née à la métropole et très éloignée des problématiques des habitants qui ont déjà beaucoup de difficultés pour se loger et se déplacer", explicite Alain Anziani qui souhaite préserver le cadre de vie de ses administrés, notamment en créant de nouveaux espaces verts et/ou dédiés à l'agriculture. "Être un responsable politique, c'est préparer l'avenir mais c'est aussi régler les problèmes du quotidien", glisse-t-il.

En matière de déplacement, il plaide pour des solutions rapides à la desserte routière de l'aéroport par la rocade. Une table-ronde réunissant les industriels, les collectivités, l'Etat et la chambre de commerce doit ainsi se tenir prochainement : "Ces discussions directes, plutôt que par articles de presse interposés, permettront de prendre et d'annoncer des décisions avant la fin de cette année", promet ainsi l'élu socialiste qui évoque des investissements de plusieurs dizaines de millions d'euros. De son côté, la desserte de l'aéroport par la ligne A du tram est désormais prévue pour fin 2021 (70 millions d'euros d'investissement) tandis que des pistes cyclables en site propre doivent également desservir ce bassin d'emploi.

Un taux de chômage supérieur à la moyenne

Les projets fleurissent en effet dans le secteur que ce soit le programme 45e parallèle (centre de conférence, hôtel de luxe et bureaux), porté par Nexity, dont le permis de construire a été délivré ; le Décathlon village (enseigne Décathlon, plus mur d'escalade de France, simulateur de chute libre et spa géant) ou le futur stade nautique, aux normes olympiques, qui est prévu pour 2022 (36 millions d'euros TTC financés à 43 % par la commune et 57 % par la métropole).

La plateforme aéroportuaire devrait pouvoir s'appuyer dans les prochaines années sur la montée en puissance de l'opération d'intérêt métropolitain (OIM) Bordeaux Aéroparc, centrée sur les métiers de l'aéronautique-spatial-défense. Figurent notamment au menu : une extension d'Aérocampus, l'accueil du conservatoire de l'air et de l'espace, qui doit servir de vitrine, et la valorisation des savoir-faire via un partenariat avec Bordeaux Technowest.

Le défi est de taille pour Mérignac qui, malgré cet énorme vivier d'emplois, présente un taux de chômage légèrement supérieur à la moyenne nationale. D'autant qu'Alain Anziani devra aussi composer - tout comme Bordeaux et Pessac - avec les contraintes imposées par l'Etat sur les dépenses de fonctionnement et avec sa propre promesse de ne pas augmenter les taux des impôts locaux pendant tout son mandat.

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Commentaires
a écrit le 14/11/2017 à 11:09 :
Quelle hypocrisie quand M. ANZIANI veut faire croire qu'il veut maîtriser l'urbanisation et donner des leçons aux autres communes ! quand on sait qu'il a continué à densifier à l'extrême le centre ville de Mérignac en délivrant en 2016 (signés par M. TRIJOULET) divers permis à des promoteurs avec l'ancien PLU sans sursis à statuer afin de tenir compte du nouveau PLU 3.1 en vigueur dès fin février 2017 dont l'objectif est justement "moins haut et moins dense".
Et maintenant, il veut faire croire qu'il va mettre en place une charge non réglementaire avec le m^me objectif ! et alors qu'il n'a pas daigné faire appliquer a minima ce nouveau PLU, d'où des recours au Tribunal Administratif contre cette position !

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