HydroQuest, 1re entreprise à tester son hydrolienne sur le site d’essais bordelais

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De gauche à droite : Thomas Jaquier (HydroQuest), Marc Lafosse (Energie de la Lune), Matthieu Blandin (Valorem), Thierry Lausseur (Cerenis) et Jean-François Simon (HydroQuest).
De gauche à droite : Thomas Jaquier (HydroQuest), Marc Lafosse (Energie de la Lune), Matthieu Blandin (Valorem), Thierry Lausseur (Cerenis) et Jean-François Simon (HydroQuest). (Crédits : Hélène Lerivrain)
Le site d’essais d’hydroliennes Seeneoh installé depuis mars dernier en plein cœur de Bordeaux accueillera le premier démonstrateur d’un industriel à la fin de l’année. La société HydroQuest y testera son hydrolienne pour une durée d’un an. La première convention d’utilisation a été officialisée aujourd’hui.

Il attendait ce moment depuis 2009. Jean-François Simon, président de la société HydroQuest dont le siège est basé à Grenoble a fièrement annoncé aujourd'hui la mise à l'eau en fin d'année de son hydrolienne sur le site d'essais bordelais Seeneoh, un site de 7 hectares soumis à de très forts courants au pied du pont de pierre sur la partie fluviale de l'estuaire de la Gironde. Il s'agira du premier démonstrateur testé sur place. L'entreprise occupera l'un des 3 emplacements mis à disposition des industriels, la plateforme Bilbao, pour une période d'un an à compter de novembre 2017. La signature de la première convention d'utilisation a été officialisée aujourd'hui.

Un investissement de 700.000 € pour HydroQuest

"Ce sera une première mondiale ici à Bordeaux", insiste Jean-François Simon, de la société HydroQuest qui a déjà installé des hydroliennes fluviales en Guyane et à Orléans et se lancera dans 4 ans dans la commercialisation d'hydroliennes en milieu marin. "Le test d'une hydrolienne estuarienne d'une puissance de 80 kilowattheure selon différents niveaux de courant et de vitesse constituera le troisième volet de notre société lancée en 2010. Nous sommes prêts."

Pour HydroQuest qui a déposé 9 brevets avec EDF et qui possède désormais un bureau bordelais à Darwin, l'investissement s'élève à 700.000 euros. Il s'agira pour l'entreprise, comme pour les futurs autres industriels installés sur le site, de tester sa machine d'un point de vue énergétique, environnemental et mécanique et ainsi d'obtenir les certifications nécessaires avant sa mise sur le marché.

Un moment important pour HydroQuest mais aussi pour le site expérimental estuarien national pour l'essai et l'optimisation d'hydrolienne (Seeneoh), exploité par la société Seeneoh SAS, constituée des actionnaires Cerenis (22 %), Energie de la Lune (40 %), SEML (Société d'économie mixte locale) Route des lasers (24 %) et du groupe Valorem, qui a nécessité des investissements à hauteur de 3 millions d'euros.

"Près de 70 % des investissements du projet ont été réalisés auprès d'acteurs aquitains permettant la structuration et la montée en compétence des entreprises territoriales", précise Marc Lafosse, président du cabinet d'ingénierie Energie de la Lune.

Contribuer à l'émergence de la filière

Ce site a pour objet de contribuer à l'émergence de la filière industrielle de l'hydrolien. Il va permettre de tester 3 technologies d'hydroliennes raccordées simultanément au réseau électrique par l'intermédiaire de 3 emplacements pour une capacité totale de 250kW, le but étant d'injecter l'électricité sur le réseau existant.

"En France, en partant du principe que l'hydrolienne fonctionne sans interruption, nous estimons que nous pourrons alimenter 150 personnes par machine et 3.000 personnes dans les pays émergents" explique Jean-François Simon qui reconnait avoir des ambitions internationales. "Nous pensons faire 90 % de notre chiffre à l'export dans quelques années."

Reste encore à créer en France un contexte économique avec la fixation de tarifs d'achat d'électricité pour la filière.

"A ce sujet, nous allons entrer dans des discussions avec le ministère de l'environnement. Quand ça démarrera, en revanche, ça ira très vite. Avec l'hydrolien, il n'y aura pas de fossé industriel comme avec l'éolien offshore", explique Marc Lafosse.

"L'hydrolienne produit de l'électricien en continu contrairement au solaire même s'il ne s'agit par de mettre en concurrence les énergies renouvelables. C'est celle qui a le moins d'impact sur un plan environnemental dans la mesure où la machine et est très peu en contact avec le lit de la rivière. L'impact visuel est quasi nul et pour les poissons, même si des tests vont être effectués, il faut savoir que les pâles tournent lentement. Enfin, les machines sont démontables et recyclables", explique Jean-François Simon, fervent défenseur de l'hydrolienne.

Alors qu'il reste deux emplacements libres sur le site bordelais, une quinzaine de prospects sont intéressés.

"On espère contractualiser avec l'un d'eux dans les prochains mois", explique Lilian Labit, chef de projet pour la SEML Route des lasers.

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a écrit le 14/06/2017 à 10:51 :
C'est pour moi la source d'énergie la plus sûre et la plus efficace par rapport au solaire bien entendu mais également par rapport à l'éolienne qui dépend toujours du vent, or la marée elle est permanente.

Alors comme vous dites il est hors de question de mettre en concurrence les différentes sources d'énergies renouvelables, ce serait aussi stupide qu'improductif mais par contre il est évident qu'il y a énormément à faire dans la récupération de cette énergie régulière moins à la mode car moins portée par les médias que le solaire.

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