Bordeaux : le site d'essais pour hydroliennes bientôt opérationnel

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Le site a débuté sa construction début 2016 par la partie terrestre. Les travaux nautiques ont quant à eux commencé dès septembre 2016.
Le site a débuté sa construction début 2016 par la partie terrestre. Les travaux nautiques ont quant à eux commencé dès septembre 2016. (Crédits : Dimitri Lé)
La Caisse des dépôts accompagne le site d'essais d’hydroliennes fluviales à Bordeaux. La convention d’attribution signée cette semaine dans le cadre des Assises européennes de la transition énergétique permet de boucler le financement du projet. Une bonne nouvelle alors que les développeurs d’hydroliennes doivent débuter des tests l’été prochain.

"Le financement est officiellement bouclé après six ans de développement du projet." Marc Lafosse affiche une grande satisfaction. Océanographe et président du bureau d'ingénierie spécialisé dans les énergies marines renouvelables Energie de la Lune, il est surtout à l'origine du projet d'installation d'hydroliennes fluviales à Bordeaux. En tant que représentant de la SAS Seeneoh (Site expérimental estuarien national pour l'essai et l'optimisation d'hydroliennes), Marc Lafosse a signé mercredi avec la Caisse des dépôts une convention attributive d'avance remboursable d'un montant de 400.000 euros pour financer la plateforme d'essais. Au total, ce projet qui représente 3 millions d'investissement a mobilisé 17 financeurs.

Concrètement, à partir de l'été prochain, des développeurs d'hydroliennes (éoliennes qui fonctionnent sous l'eau) vont pouvoir tester à Bordeaux leur technologie pour une durée comprise entre 6 et 24 mois. L'installation du site est actuellement en train de se terminer. Les deux emplacements prévus pour accueillir des hydroliennes au pied du pont de Pierre à Bordeaux sont prêts. Reste encore à finir l'assemblage d'une plateforme flottante de 55 tonnes et 27 m de long. Elle sera remorquée le 6 ou le 7 février. La phase opérationnelle débuter l'été prochain.

"Ces tests ne peuvent pas être effectués partout mais, en l'occurrence, ce site situé sur la partie fluviale de plus grand estuaire européen, l'estuaire de Gironde, bénéficie de courants accélérés et la profondeur est suffisante", explique Marc Lafosse.

Des retombées économiques attendues

Marc Lafosse croit beaucoup aux retombées économiques locales directes :

"Ce projet est un laboratoire au service d'une industrie nouvelle qui va pouvoir créer de l'emploi à Bordeaux et en Nouvelle-Aquitaine, plus de 50 emplois selon de savants calculs récemment effectués", explique Marc Lafosse. "N'oublions pas que la région a des atouts en matière de matériaux composites. Nous avons également un grand savoir-faire dans le domaine du naval et dans l'énergie."

Etape préalable à l'essor d'une nouvelle filière

Par ailleurs, Marc Lafosse insiste : ce projet est exemplaire en matière de transition écologique et énergétique et constitue une étape préalable à l'essor d'une nouvelle filière en matière d'énergie marine renouvelable dans les estuaires en France comme à l'international. "Ce site d'essai est le seul au monde dans un estuaire", reconnait Marc Lafosse. Il attire donc tous les regards. Plusieurs développeurs d'hydroliennes ont d'ailleurs profité de la tenue des Assises européennes de la transition énergétique cette semaine à Bordeaux pour visiter le site. La liste des industriels retenus n'est pas encore connue.

La durée de vie de ce site de 7 hectares sera de 7 ans. A l'issue de cette période, un bilan sera établi et c'est à ce moment-là que se posera la question de transformer ou non ce site expérimental en site de production.

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Commentaires
a écrit le 27/01/2017 à 16:18 :
Comme disait mon oncle : " A la bonne heure" !
Enfin une bonne nouvelle qui a du sens.

Mais si je me souviens bien, le barrage de la Rance, qui est la première "usine" marée-motrice française est au débouché de l'estuaire de la Rance et de la Manche, et reçois la pleine force de la marée...

Quand on voit les ravages de l'érosion du littoral, on se demande pourquoi mettre des turbines sous-marines dans cette boue couleur de café au lait qui coule sous le Pont de Pierre, et non vers l'embouchure de l'estuaire...

Sept ans... c'est long sept ans pour faire un bilan des turbines dont on espère qu'elles vont digérer ce "café au lait" ...

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