Ecosystème Darwin à Bordeaux : mettre des parcelles dans la médiation judiciaire

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L'entrée de l'allée Cavalière (derrière le portail), à Darwin, est interdite aux engins de travaux de la SAS Bastide Niel
L'entrée de l'allée Cavalière (derrière le portail), à Darwin, est interdite aux engins de travaux de la SAS Bastide Niel (Crédits : Objectif Aquitaine)
La première réunion de médiation judiciaire entre les défenseurs du quartier d’affaires écologiste collaboratif Ecosystème Darwin, à Bordeaux, et les promoteurs de la ZAC Bastide Niel aura lieu à Paris. La tension entre les deux parties a beaucoup de mal à descendre. L’Ecosystème Darwin, dans le rôle de David, est désormais encerclé par l’énorme projet urbain Bastide Niel, qui tient lieu de Goliath.

"Notre première rencontre avec Me Diana Paraguacuto, la médiatrice désignée par le tribunal, devrait avoir lieu le 19 décembre à Paris. Parce que l'affaire est dépaysée" a annoncé Philippe Barre à La Tribune ce jeudi 29 novembre alors que les bâtiments de l'écosystème Darwin plongeaient dans la nuit. Me Diana Paraguacuto appartient au cabinet d'avocats parisien Ngo Jung & Partners. Le groupe Evolution, dirigé par Philippe Barre, qui est la cheville ouvrière de l'Ecosystème Darwin, à Bordeaux Bastide, a été poursuivi au tribunal le 16 octobre dernier à l'initiative de la SAS Bastide Niel, qui pilote l'aménagement du nouveau quartier du même nom.

La SAS Bastide Niel évolue dans le périmètre de Bordeaux Métropole Aménagement (BMA), qui s'occupe de tous les programmes immobiliers pilotés par la Métropole. La ZAC Bastide Niel est un énorme projet urbain de plus de 35 hectares, développé notamment sur l'ancienne friche de la caserne Niel, avec notamment 3.400 logements prévus, dans lequel se retrouvent enclavés les 2 hectares occupés depuis une dizaine d'années par l'écosystème Darwin, qui accueille de nombreuses associations et des entreprises, dont le Magasin Général, plus grand restaurant bio de France.

Des questions de sécurité sous enquête policière

La SAS Bastide Niel accuse le groupe Evolution de laisser des associations occuper des parcelles de terrain qu'elles refusent ensuite de quitter, favorisant ainsi une extension illégale de son périmètre. Au chapitre des lieux à évacuer figuraient aussi au départ deux hangars (en pierre) occupés par un dépôt d'Emmaüs et le skate parc de Darwin. A l'issue de l'audience du 16 octobre les deux parties se sont mises d'accord pour entamer une procédure de médiation judiciaire et la SAS a retiré les parcelles construites (skate parc et dépôt Emmaüs) de sa plainte.

Mais, quelques jours après cette audience, une plainte déposée en mai dernier par les promoteurs de la ZAC Bastide Niel, concernant le respect de la sécurité à l'Ecosystème Darwin, notamment au skate parc, s'est traduite par l'audition par la police de plusieurs responsables d'associations. En plus de ces activités, l'Ecosystème Darwin organise chaque année des manifestations, en particulier Climax, et le dépôt de cette plainte est vécu comme une agression de plus. "La commission de sécurité est passée et nous sommes parfaitement aux normes", contre Nathalie Bois-Huygue, présidente de la 58ème, l'association de coordination de l'Ecosystème Darwin.

Que pourra-t-on mettre dans le panier de la médiation judiciaire ?

Pour déminer le terrain Alain Juppé vient de faire voter par Bordeaux Métropole le rachat des terrains détenus par la SAS Bastide Niel, où se trouvent le skate parc et le dépôt d'Emmaüs pour les revendre à l'Ecosystème Darwin. Il s'agit plus précisément des ilôts B017 et B018, qui font à peu près 2.600 m2 chacun. Mais cette action apaisante s'est révélée explosive quand le prix de la transaction a été dévoilé.

Alors que Bordeaux Métropole a vendu ces terrains à Bastide Niel pour 600.000 euros en 2017, Alain Juppé a annoncé leur rachat -dans le but de les revendre ensuite à l'Ecosystème Darwin- pour 3 M€ ! Un chiffre cinq fois plus élevé validé par les Domaines, qui fait s'étrangler tous les Darwiniens.

"Il y a des tas d'explications pour justifier ce montant incroyable mais ce que nous ne comprenons pas c'est qu'Alain Juppé ait précipité les choses. Il n'avait pas besoin d'annoncer cette décision début novembre. Il aurait dû nous signer un bail à titre précaire de six mois, le temps que tout le monde puisse réfléchir à cette question du rachat et se positionne" déplore Philippe Barre.

Le patron du groupe Evolution tout comme la présidente de la 58ème espèrent bien que la médiatrice nommée par le tribunal de Bordeaux pourra se saisir aussi de cette question.

"Aujourd'hui des représentants de Pays de Loire Développement sont passés nous voir. Ils étaient tellement intéressés qu'ils ont annulé leurs autres rendez-vous pour tout visiter. Quand on leur a expliqué les difficultés que nous rencontrons ils étaient abasourdis et nous ont proposé d'aller nous installer chez eux".

C'est l'anecdote de la journée d'hier que Philippe Barre tenait à raconter, comme une évidence.

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