Aides aux entreprises : les CCI de Nouvelle-Aquitaine refusent d'être "sacrifiées"

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Le ministère des Finances souhaite envisage de supprimer les ressources fiscales affectées aux chambres de commerce et d'industrie.
Le ministère des Finances souhaite envisage de supprimer les ressources fiscales affectées aux chambres de commerce et d'industrie. (Crédits : Reuters)
Les 15 présidents des chambres de commerce et d'industrie (CCI) de Nouvelle-Aquitaine dénoncent la volonté du gouvernement de diminuer, voire de supprimer, la taxe qui leur est affectée. Ils pointent en particulier le risque de dégradation des services proposés aux TPE/PME. Le ministère des Finances pousse vers un modèle auto-financé par les prestations facturées par les CCI aux entreprises.

Chambres consulaires "sacrifiées", territoires "pénalisés", TPE et PME "abandonnées" : les présidents des 15 chambres de commerce et d'industrie (CCI) de Nouvelle-Aquitaine, réunis en assemblée générale ce 21 juin à Bordeaux, ont vivement dénoncé la volonté du gouvernement de couper une nouvelle fois dans leurs ressources fiscales. Ces chefs d'entreprise, habituellement partisans d'une baisse des prélèvements obligatoires et de la fiscalité sur les entreprises, défendent ici la mission d'intérêt général des CCI auprès des petites et moyennes entreprises. Après une hausse sensible de leurs moyens au cours des années 2000, les CCI sont en effet mises à une diète stricte depuis 2012.

Lire aussi : Les CCI de Nouvelle-Aquitaine alertent sur la nouvelle baisse de leurs moyens

Et, contrairement aux engagements pris devant le Parlement à l'automne 2017, le gouvernement envisage de diminuer à nouveau le montant de la taxe pour frais de chambre (TFC) affectée aux CCI (775 M€ en 2018). Le 28 mai dernier, lors du Conseil national de l'industrie, le Premier ministre Edouard Philippe a ainsi annoncé une nouvelle diminution de 100 M€ de cette taxe en 2019, qui vient s'ajouter à la ponction de 150 M€ déjà opérée en 2018.

Vers un modèle auto-financé ?

Le 7 juin, Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, est même allé beaucoup plus loin devant la commission des finances de l'Assemblée nationale :

"Nous réfléchissons à un financement qui ne reposerait plus sur une taxe affectée mais sur des prestations financées par les entreprises. La logique est très simple : soit ces prestations sont utiles aux entreprises et les CCI parviendront à se financer sur cette base ; soit elles ne le sont pas et en ce cas, il n'y a aucune raison que les CCI bénéficient d'une taxe affectée pour les financer."

Des déclarations qui suscitent l'inquiétude des 15 CCI de Nouvelle-Aquitaine. Elles mettent en avant la plus-value de leurs actions, en particulier auprès des TPE/PME, qui seraient appréciées par "67 % des chefs d'entreprises interrogés dans le cadre d'une mission de l'Inspection générale des finances". De surcroît, les présidents aquitains pointent l'incohérence du gouvernement :

"La taxe payée par les grandes entreprises permet d'offrir des services aux petites qui en ont vraiment besoin et qui n'ont pas de ressources internes. La supprimer est en totale contradiction avec les objectifs du projet de loi Pacte qui vise à faire grandir les entreprises".

Présenté le 18 juin dernier par Bruno Lemaire, le projet de loi Pacte (Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) cherche à simplifier la vie des PME et à les aider à grandir notamment en allégeant les coûts et les contraintes et en fléchant l'épargne vers les PME.

Lire aussi : Toute la loi Pacte en 10 points clés

4.000 emplois menacés ?

Les 15 présidents des CCI de Nouvelle-Aquitaine alertent également sur le risque de fracture territoriale au détriment des zones rurales et assurent que les décisions du gouvernement pourraient entraîner la suppression de 4.000 emplois dans les CCI au niveau national qui s'ajouteraient aux 5.000 suppressions de postes déjà actées ces cinq dernières années.

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a écrit le 23/06/2018 à 10:17 :
Pour avoir travaillé dans une cci pendant 5 ans : les directeurs généraux et leurs salaires nets à 6 chiffres, les chefs de service planqués eux aussi grassement payés. Sans oublier la politique interne systématique de gonfler les statistiques des visites en entreprises et des accompagnements réalisés.
Bref, les cci ne servent que les petits roitelets locaux arrogants et permettent d'embaucher leurs amis ou progenitures.
Taux d'absention aux élections cci depuis 30 ans : 80% d'absention en moyenne, donc une légitimité ZERO des cci dans la vie économique.
Réponse de le 23/06/2018 à 13:39 :
Les commentaires excessifs (car sans rapport avec la réalité) sont insignifiants. Avec 67 % d'entreprises satisfaites de leurs services (sur la base d'un panel constitué par l'Inspection Générale des Finances que l'on ne peut suspecter de complaisance à leur égard) et malgré des ressources mutualisées fortement rackettées par l'Etat depuis plusieurs années, les CCI réalisent avec professionnalisme et dévouement une performance dans le domaine du soutien à l'économie (accompagnement des créateurs, appuis au développement des entreprises, apprentissage,formation des dirigeants et des salariés, gestion d'équipements publics, etc.) sur tous les territoires dont on prendra véritablement conscience (et que l'on regrettera probablement) lorsque les petits machiavels hydrocéphales de Bercy seront parvenus à les faire disparaître.
Réponse de le 25/06/2018 à 11:38 :
Vous aimez les chiffres, en voila quelques uns :
80% d'absention aux élections des cci depuis 30 ans = Aucune légitimité auprès des entreprises
Jusqu'en 2016 : 500 millions de cagnotte prélevée aux entreprises et utilisée comme rente financière par le réseau des cci.
les directeurs généraux de chaque cci = salaire à 6 chiffres et jolis parachutes dorés (entre 200.000 et 350.000 euros pour certains qui partent)
La gestion des cci n'a rien a envier à celle d'une république bananière.
a écrit le 22/06/2018 à 22:50 :
Se méfier des caricatures grossières ...

Na pas oublier que les CCI c’est en premier l’enseignement professionnel managé - avec des resultats qualitatifs bien superieurs - par des professionnels des entreprises privées :
Exemples
- Les CFA avec plus 90 % de diplomés issues de l’alternance placés en entreprises
- les grandes ecoles internationales de commerce HEC ESSEC ESCP EML KEDGE avec d’excellents rankings qui essaiment à travers le monde

Mais aussi les premiers organisateurs , gestionnaires et developpeurs de foires congres salons en France pour la grande satisfaction des entreprises de toutes tailles qui exportent !
etc ...
a écrit le 22/06/2018 à 18:47 :
Les chambres consulaires sont inefficaces pour lesTPE et donc pour les territoires.
Les raisons :
. Ne peuvent matériellement accompagner chaque entreprise. C'est pourtant la seule solution.
. L'embourgeoisement des Chambres les rend moins pertinentes sur quasiment tous les thèmes, formation, organisation des TPE, etc.
Des solutions existent, mais les Chambres les rejettent violemment pour protéger leur confort ... coupable.
Réponse de le 23/06/2018 à 10:41 :
80% d'absention aux élections des cci depuis 30 ans
DG des cci avec des salaires a 6 chiffres
Multitude de chefs de service planqués, voire chef de service d'eux memes
Frais de cocktail et de representation (voyages, seminaires) qui sont tres importants
a écrit le 22/06/2018 à 18:20 :
Quand je vous l'aide qu'apporte la CCI, c'est à dire rien, sauf à engraisser des liquidateurs, à faire des voyages en Chine et aux USA, etc., etc., sans compter le luxe dans lequel ils vivent (bâtiments et train de vie), je comprends très bien que Le Maire veuille les réformer : moins de moyens financiers, moins de chambres, et simplification des structures avec comme seul but : le résultat et un vrai pragmatisme dans les affaires et non le financement d'un affairisme à la papa.
Ah qu'il est difficile de faire évoluer les mentalités, les modes de fonctionnement de raisonnement, et les statuts en France !!!

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