Régionales, Alain Rousset mise aussi sur l’expérience

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Alain Rousset, tête de liste PS aux régionales Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes
Alain Rousset, tête de liste PS aux régionales Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes
Alain Rousset, tête de liste PS aux régionales, présentait hier son programme. Il veut préserver les services publics, développer la mobilité dans la future grande région, s’appuyer sur la recherche et les entreprises pour assurer son développement.

Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine et tête de liste PS pour la présidence de la grande région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes a reçu hier après-midi la presse à la Table de l'Hippodrome, au Bouscat (Gironde), pour la présentation de son programme, intitulé "Plus forts, plus solidaires - Ensemble".
Une présentation qu'Alain Rousset a faite aux côtés de Jean-François Macaire, président (PS) de Poitou-Charentes, et du député PS Gilles Savary, qui a piloté l'élaboration de ce programme de 216 pages décliné en quatre parties (Grands enjeux et mesures emblématiques ; Enjeu territorial : construire la région ; Enjeu économique et social : la formation et l'emploi ; Enjeu développement durable : la qualité de vie et l'environnement).

"Refuser les marchands de peur"

Gérard Vandenbroucke, le président PS du Limousin était excusé. Colistiers et experts ayant planché sur le programme entouraient le candidat du PS, heureux "de ce soutien physique et moral". Alain Rousset a expliqué le choix du restaurant de l'hippodrome en rappelant que la Région avait participé (avec d'autres collectivités) au sauvetage de ce champ de course au titre du patrimoine, soulignant au passage que l'établissement était exemplaire pour l'accueil des apprentis, "y compris au plan international, avec en particulier six cuisiniers et cuisinières chinois".

Après avoir évoqué son souhait d'une "région bienveillante, solidaire, protectrice" et loué la fermeté présidentielle,  "j'aime bien au surplus le mot de François Hollande : impitoyable", Alain Rousset a conclu son prologue par "il faut refuser les marchands de peur".

S'inspirer des autres régions

Il s'en est ensuite pris à sa principale concurrente, Virginie Calmels, tête de liste Les Républicains aux régionales.

"L'action publique n'est pas un business plan, gouverner n'est pas manager et mon programme n'est pas un plan de réduction des services publics" a-t-il observé en substance pour faire pièce à l'intitulé du programme de sa concurrente ("Notre projet et business plan pour la grande région"). Pour se démarquer, le président a misé sur son expérience et sa volonté de créer une grande région qui ne soit pas un décalque de l'Aquitaine actuelle. Il a ainsi mis en avant des expériences développées en Poitou-Charentes et Limousin. D'où l'idée de créer comme en Poitou-Charentes (au lycée Thiviers) un ou plusieurs postes d'élus facilitateurs. Sans budget, ils devraient s'impliquer personnellement pour faciliter l'avancée d'un dossier donné.

Trois fois plus de brevets déposés en Aquitaine

Alain Rousset a également proposé la création d'un observatoire, pour vérifier combien coûte la fusion des trois régions. Tout en impliquant les usagers dans les prises de décision, même si cela prend du temps.

"C'est ça co-construire la Région ensemble" a-t-il relevé. Avançant avec son bilan présidentiel, Alain Rousset a rappelé qu'en Aquitaine étaient déposés "trois fois plus de brevets par rapport à la moyenne nationale", qu'un des objectifs était d'en faire le leader des startups en France et qu'elle serait bientôt la troisième région la moins endettée du pays. Parmi les points centraux de son budget régional à 2,5 Md€, Alain Rousset a annoncé une amélioration de la mobilité, en annonçant la réduction du temps de parcours en train entre Bordeaux et Limoges de 3 heures aujourd'hui à 2 heures ou 2 heures et quart d'ici un an et demi.

La voie ferrée au centre

Annonçant un meilleur cadencement des TER (train express régional), il a souligné que le réseau régional devrait "trouver sa cohérence" avec les deux lignes à grande vitesse (Bordeaux -Dax, Bordeaux -Toulouse) du Grand projet ferroviaire du Sud Ouest (GPSO). Il a souligné être intervenu auprès du président François Hollande et du président de la SNCF, Guillaume Pepy, pour assurer le financement de la liaison ferroviaire Polt (Paris, Orléans, Limoges, Toulouse), qui traverse la Creuse (Limousin) du nord au sud, tout en défendant la création d'un barreau ferré entre Poitiers et Limoges, pour améliorer le rayonnement local du TGV Paris-Bordeaux et désenclaver le Limousin. Le président s'est livré à une attaque en règle de la volonté exprimée par Virginie Calmels de ramener à 40 % la part du budget consacré au fonctionnement et de porter à 60 % celle dédiée aux investissements.

La part du fonctionnement à 55 %

"Notre but est d'arriver en fin de mandat à 55 % consacré au fonctionnement, contre 60 % aujourd'hui, et 45 % à l'investissement, contre 40 %. En voulant inverser ces deux proportions Virginie Calmels ne se rend pas compte de ce que cela implique" a-t-il lancé, évoquant par exemple la fermeture de lycées, qui font partie de la partie fonctionnement du budget."

Une attaque qui pourrait partiellement porter à faux puisque à la fin de sa conférence presse, il y a deux jours, la candidate LR aux régionales a annoncé que sa stratégie serait de tendre vers 50 % pour les budgets fonctionnement et investissement.

Du secteur artisanal aux ETI (entreprise de taille intermédiaire) Alain Rousset a redit à quel point il était convaincu par le rôle central des entreprises dans le développement économique et social, et confirmé notamment la création d'un fonds régional d'investissement doté de 100 M€, par la fusion des structures d'aides actuelles.

Attaqué par Virginie Calmels sur l'absence de financement de projets routiers dans son programme, Alain Rousset a répondu qu'il avait préféré que l'Etat s'implique financièrement autant que possible dans la mise à deux fois trois voies de la rocade de Bordeaux. Avant de s'attaquer aux propositions faites sur ce terrain par sa concurrente. "Si la Région finance ne serait-ce que 25 % de ce programme, ça coûtera 600 M€ !" a estimé Alain Rousset.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2015 à 21:31 :
Alain Rousset a conclu sa réunion électorale à Bordeaux par "il faut refuser les marchands de peur". Il se montre ainsi franchement opposé à toute l’énormité de la pub justement affolante pour la COP21. Voilà qui le distingue de ses confrères par trop dévalués.

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