Attentats meurtriers à Paris : l’Aquitaine en deuil, la classe politique réagit

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Les drapeaux à Bordeaux, comme dans la France entière, sont en berne.
Les drapeaux à Bordeaux, comme dans la France entière, sont en berne. (Crédits : LTOA / ML)
Les événements terribles survenus dans la nuit de vendredi à samedi à Paris ont profondément marqué tout un pays et bien au-delà. En Aquitaine, les réactions se sont multipliées. La campagne électorale est suspendue, les candidats ont tous réagi.

D'abord la stupéfaction, puis l'horreur. La difficulté, enfin, à trouver les mots justes pour qualifier l'inqualifiable et mettre des mots sur cette abomination. Les attentats meurtriers de Paris, revendiqués par Daech, sont un acte abject fauchant des personnes innocentes, seulement présentes au mauvais endroit au mauvais moment.

La classe politique aquitaine a rapidement réagi, pour la plupart en glissant sur Twitter quelques phrases disant l'horreur et soutenant les familles endeuillées. Les candidats aux élections régionales ont suspendu leur campagne et les manifestations liées.

Député et président socialiste du Conseil régional d'Aquitaine, candidat aux élections régionales, Alain Rousset s'est dit "abasourdi et horrifié" sur Twitter.

Les agents du Conseil régional étaient réunis ce lundi à 10 h dans le hall de l'hôtel de Région.

"Je sais que notre République peut compter sur l'islam de France, tolérant, pacifique, pour lutter contre l'instrumentalisation de sa religion par ces obscurantistes, a dit Alain Rousset lors de son discours ce matin. Je sais que notre République peut compter sur l'école, et ses professeurs, pour défendre bec et ongles la laïcité, la liberté d'expression, la liberté de croire ou de ne pas croire, ces principes non négociables sur lesquels repose notre société. Je sais que notre République peut compter sur ses dirigeants, ses forces de l'ordre, son armée et ses citoyens pour faire bloc contre la bêtise et la violence."

Chef de file de la liste Les Républicains - MoDem - UDI - CPNT, adjointe au maire de Bordeaux, Virginie Calmels a ainsi publié sur Facebook une photo prise lors des manifestations de janvier dernier avec ces quelques mots :

 

Campagne suspendue, la place est à l'unité. Pensées aux victimes, à leurs familles, aux forces de l'ordre et aux Parisiens, à nouveau meurtris. Virginie Calmels.

Posté par Avec Virginie Calmels sur vendredi 13 novembre 2015

 Elle n'a pas repris la parole depuis, respectant le deuil national.

Sur son blog, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole Alain Juppé écrit :

"Face à une telle agression, une seule riposte : faire bloc. Seule une France rassemblée, unie, soudée peut gagner ; des Français rassemblés, unis, soudés autour des autorités qui sont aujourd'hui en charge des destinées de notre pays, le Président de la République et le gouvernement. Je leur ai apporté mon soutien, sans hésitation et sans nuance."

Déplorant "une Europe aux abonnés absents" dans le combat contre Daech, il liste également quelques axes qu'il juge prioritaires en France :

"Le Président de la République et le gouvernement ont décrété l'état d'urgence et renforcé les contrôles à nos frontières. C'était nécessaire. Il faut aussi intensifier les efforts engagés pour améliorer nos dispositifs de renseignement, arme essentielle dans ce type de confrontation. Je propose de mieux articuler les services centraux de renseignement et ce que j'appellerai le renseignement territorial, plus proche du terrain pour capter les signaux faibles qu'émettent les individus en phase de radicalisation. Je propose d'utiliser toutes les technologies disponibles, la biométrie, la détection comportementale ... Il faut surtout augmenter les moyens humains, ceux de la police, de l'armée et bien sûr ceux de la justice."

Candidat Front national, Jacques Colombier a une pensée pour les victimes et les forces de police, tout en interpelant Manuel Valls dans le même tweet :

Deux tweets plus tôt, vendredi après-midi, il s'en prenait à Virginie Calmels, dénonçant une "islamisation de Bordeaux" supposée après l'inauguration d'une mosquée :

Candidate EELV, Françoise Coutant a, elle, relayé une déclaration commune du parti, ajoutant :

"La suspension de la campagne est d'évidence et nous renouvelons notre solidarité aux victimes et à leurs proches et notre détermination face au terrorisme et à ses acteurs. Restons digne et calme, sans polémique."

"Tristesse et pensées pour les victimes de la fusillade" pour le chef de file de Nouvelle donne, Nicolas Pereira, qui évoque aussi sur son compte Twitter "le triste paradoxe des dirigeants, encore et toujours, qui prônent la paix, mais vendent des armes dès qu'ils le peuvent".

Pas de tweet ni de note de blog pour Olivier Dartigolles, le candidat du Front de gauche et porte-parole du PCF, mais un post sur Facebook :

"Après le deuil national, notre République doit retrouver son beau visage, aujourd'hui ensanglanté et meurtri. La réponse la plus forte, la plus claire à opposer aux terroristes, c'est la démocratie, les discussions et les débats, la citoyenneté et la fraternité. Ils aimeraient trop nous voir y renoncer et basculer dans le doute sur ce que nous avons à dire et à faire."

Olivier Dartigolles reprendra mercredi les événements liés à la campagne des régionales.

Tête de liste pour l'Union populaire républicaine, William Douet juge que "la France c'est le pays des hommes francs, le pays des hommes libres ! La France éternelle, cet idéal, ce socle commun que tous ceux qui parlent le français, au-delà même des frontières ont, ne vacillera jamais et va bien au-delà des religions et des origines de chacun."

Joseph Boussion, chef de file de La Vague citoyenne, écrit dans une note de blog :

"Il n'y a pas de mots justes pour dire l'indicible mais nous savons quoi faire. La misère, les inégalités, les violences faites aux enfants, aux femmes et aux hommes qui fuient la torture et la mort, la colère et la terreur des civils massacrés par les guerres, l'appropriation des ressources naturelles, c'est à cela qu'il faut mettre un terme pour en finir avec le terrorisme, l'obscurantisme, le fanatisme."

Pour Yvon Setze (Debout la France), "Comme pour le 11 janvier, l'unité nationale doit prévaloir et il est de notre responsabilité d'offrir l'image d'une nation qui fait corps pour dire NON à la barbarie et au fanatisme. Les premières annonces faites par le président de la République sont à la hauteur de la tragédie que nous venons de vivre dans notre chair et des risques qui continuent à planer sur la France et sur les Français. Elles susciteront, bien entendu, des questions et des débats en raison, notamment, des propositions qui étaient déjà celles formulées de longue date par Debout La France et par Nicolas Dupont-Aignan."

Guillaume Perchet (chef de file de Lutte ouvrière), estime de son côté que "l'horreur des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis renforce ceux que leurs auteurs prétendent combattre. Ils renforcent l'Etat français, qui instaure l'état d'urgence et accroît les mesures policières. Ils renforcent l'extrême droite, ses discours haineux vis-à-vis des musulmans et des immigrés, et sa revendication d'un Etat plus fort. Nous partageons entièrement l'émotion de la population, et en particulier de tous les proches des victimes de ces attentats. Mais nous n'avons aucune solidarité avec l'Etat français et avec ses dirigeants politiques. Ceux-ci ont une large part de responsabilité dans les guerres qui ensanglantent aujourd'hui le Moyen-Orient, des guerres dont Paris a eu, hier soir, un écho sanglant."

Horrifiée par ces attaques, La Tribune - Objectif Aquitaine présente ses condoléances aux familles et proches des victimes.

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Commentaires
a écrit le 17/11/2015 à 4:26 :
Je ne vois là que des gens qui ont nié les problèmes dont les conséquences les horrifient aujourd'hui. Et pour une majorité d'entre eux dénigré ceux qui les en avertissaient. Et non, je ne parle pas de politique politicienne, mais de réalité. Une notion que ces personnages abhorrent, tout comme ils n'aiment pas les faits.
Quant à l'unité nationale, elle a bon dos. On la ressort pour l’esbroufe, mais elle ne survit pas non plus au quotidien et au rouleau compresseur de la bien pensance.

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