E-cigarette = danger ? Le no anglais qui bouscule le oui français

 |   |  791  mots
En consacrant la e-cigarette en tant qu'outil de lutte contre le tabagisme, le rapport commandé par le gouvernement britannique pourrait bien changer la perception du danger relatif à son utilisation... jusqu'en France.
En consacrant la e-cigarette en tant qu'outil de lutte contre le tabagisme, le rapport commandé par le gouvernement britannique pourrait bien changer la perception du danger relatif à son utilisation... jusqu'en France. (Crédits : reuters.com)
La Public Health England, agence dépendante du ministère de la Santé britannique, a publié hier un rapport relatif à la cigarette électronique. Un contre-pied total aux recommandations de l’OMS et à la position de la France sur la question : pour le Royaume-Uni, la e-cigarette est juste 95 % moins nocive que le tabac. Une prise de position qui met la pression sur la France et sur sa politique de lutte contre le tabac.

Le Royaume-Uni passe pour être un des pionniers mondiaux en matière de lutte contre le tabagisme. Le taux de fumeurs y est de 20 % quand celui de la France atteint 34 %.
Une image qui risque être encore renforcée par les conclusions du rapport (E-cigarettes : an evidence update) de l'agence du ministère de la Santé, la Public Health England (PHE), qui, commissionnée par le gouvernement britannique, vient de conclure que la e-cigarette et son contenu sont 95 % moins dangereux que les produits du tabac.

Un tournant dans la perception de la vape outre-Manche

"A rebours des innombrables tentatives de manipulation, l'étude britannique propose un retour au réel salutaire et sanitaire alors que les nombreux fumeurs ont été trompés par l'idée que la vape pouvait être autant, sinon plus dangereuse, que les produits du tabac", réagissait hier la Fivape, Fédération interprofessionnelle de la vape.
"Cette publication marque un véritable tournant dans la perception de la vape au Royaume-Uni et dans le monde. Le pragmatisme britannique s'oppose au dogmatisme de la France", assure Rémi Parola, coordinateur de la fédération qui réunit les professionnels indépendants de la e-cigarette et des e-liquides en France.

Une génération d'anglais sans tabac d'ici à 2025 ?

Un tournant sur le plan de la santé et de la lutte contre les méfaits du tabac outre-Manche, puisque le gouvernement britannique s'appuie sur le rapport, qui lui-même s'appuie sur des études indépendantes pour inviter les médecins, la tabacologues et les organismes sociaux à promouvoir la e-cigarette auprès des fumeurs. La position de la PHE est inscrite noir sur blanc : la e-cigarette peut contribuer à la lutte contre le tabac. A partir de ce rapport, l'objectif des Anglais est clair : via la e-cigarette, ils entendent voir naître une génération sans tabac d'ici à 2025.
Le rapport souligne en outre que la qualité des e-cigarettes peut varier et elle estime aussi que vapoter ne peut être sûr à 100 % mais il tranche le débat en rappelant que "compte tenu des connaissances actuelles c'est beaucoup moins dangereux que la cigarette classique".

Pourquoi pas une e-cigarette "médicament" un jour ?

"Les réserves britanniques concernant la qualité nous conviennent très bien. Cette étude appelle d'autres études. Pourquoi pas, demain, une e-cigarette avec autorisation de mise sur le marché ? Nous disons chiche !", assure Rémi Parola. "Nous, acteurs français de la vape, n'avons pas seulement le lead mondial sur la production de qualité, nous sommes aussi l'acteur de référence de la norme de qualité européenne de e-liquides. Ce détail pointe, de fait, la position intenable des autorités françaises sur la question de la cigarette électronique en tant que moyen de lutte contre le tabagisme. Les Britanniques ont appréhendé la e-cigarette d'une manière radicalement différente de l'approche des autorités françaises", souligne Remi Parola.
"En France, la vape est toujours considérée comme une menace, malgré l'accumulation des morts du tabac. Combien de temps et de vies perdues avant que les pouvoirs publics français se rendent à l'évidence ?", s'interroge la Fivape dans le communiqué publié hier.
Une question qui va forcément se poser au gouvernement dans les jours qui viennent. Les mesures anti-vape contenues dans la loi de santé qui sera examinée par le Sénat en septembre illustrent la différence radicale entre les approches britanniques et françaises sur la question.

Une révolution pour les Anglais, un Waterloo pour la France ?

La Fivape verrait donc d'un bon œil que les parlementaires français se saisissent de ce rapport britannique avant d'examiner la loi de santé portée par Marisol Touraine.
"Nous, acteurs français du secteur, aurions préféré que la France soit à l'initiative de ce type d'étude... Le dogmatisme et la pression de l'industrie du tabac ne l'ont pas permis alors que notre filière tisse des liens avec les universités pour ouvrir des centres de recherche sur la vape...", regrette Remi Parola.  
Et d'ajouter : "Au-delà de son rôle sanitaire qui est nié en France, mais qui semble indéniable au Royaume-Uni, notre secteur est aussi économiquement porteur, contrairement à ce qui se dit et s'écrit, le chiffre d'affaires de la profession continue de progresser. Il était de 261 M€ en 2013, 395 M€ en 2014 et progresse encore en 2015 notamment sur les marchés export, ce qui est bon pour la balance commerciale du pays. J'espère que la position de la France ne l'amènera pas à connaître un nouveau Waterloo économique et surtout sanitaire face à une Angleterre qui assure voir dans la vape une révolution en matière de lutte contre le tabac", souligne Rémi Parola.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/08/2015 à 5:31 :
Bien sur, en france on etudie rien a fond mais on applique le principe de precaution a tout va, c'est plus simple pour les politicars.
a écrit le 22/08/2015 à 12:18 :
Santé publique, qui s'en soucis ? Plus de clopes = un impôt qui saute. Et c'est ça qui compte le plus pour l'Etat
a écrit le 21/08/2015 à 10:24 :
Bien sûr, c'est mieux de ne pas vapoter. Bien sûr , on ne connait pas les effets du vapotage à long terme.
Mais depuis que je suis passé du tabac à l'e-cig il y a 2 ans et demi , les bénéfices pour ma santé sont spectaculaires, et ça , c'est une certitude.
Réponse de le 08/12/2015 à 4:20 :
2 ans et demi!!?? Oulalaaa! Moi, ca fait 8 mois que je vapote....plus aucunes cigarettes depuis 8 mois...j,ai commencé avec une dose de nocotine de 14 mg...et 8 mois après...5 mg...3 mois maximum et je cesse complètement la vapoteuse. Mais toi!!??? Deux ans et demi et tu vapotes encore? Es-tu certain d'avoir utilisé ce moyen pour arrête ou simplement faire un échange de proçédé?
a écrit le 20/08/2015 à 22:43 :
Quel rapport?
a écrit le 20/08/2015 à 22:33 :
Messieurs les lobbyistes du tabac, il va falloir travailler dur pour continuer à lutter contre l'e-concurrence!!!
Réponse de le 20/08/2015 à 23:51 :
Nous y travaillons,n'ayez craintes !!
a écrit le 20/08/2015 à 22:01 :
Vu que ce sont les goudrons qui sont mauvais dans la cigarette qui se consume, on imagine facilement sans être professeur en médecine que la vapoteuse est beaucoup moins néfaste que le tabac. A condition qu'elle soit de qualité (sans surchauffe ni batterie qui explose suite à l'utilisation d'un chargeur compatible mais pas complètement) et pas avec n'importe quel fluide (mélange incertain). Tout le reste n'est qu'enfumage (sûr que les intérêts (€€€€) des uns ne font pas ceux des autres, des malades cancéreux par exemple).
a écrit le 20/08/2015 à 20:50 :
Il y a quelques jours, une drole d'entrevue d'un responsable de groupe de défense des consommateurs de e-cigarette concernant la position dogmatique de certain vis-à-vis du vapotage. Il parlait de son expérience avec les associations anti-tabac qui ne veulent pas que le vapotage soit autorisé car il "casse" le marché des subventions pour les campagnes anti-tabac. C'est sur que cette remarque vient d'un groupe de pression et doit être prise avec des pincettes, mais c'est amusant quand même.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :