Robot de santé : le Kompaï2 de Robosoft n'a pas peur de Toyota

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Kompaï a déjà fait ses preuves en matière d'assistance aux personnes fragilisées. Il fera bientôt encore mieux armé avec des outils, ou bras, qui lui permettront d'offrir de l'assistance physique aux patients.
Kompaï a déjà fait ses preuves en matière d'assistance aux personnes fragilisées. Il fera bientôt encore mieux armé avec des outils, ou bras, qui lui permettront d'offrir de l'assistance physique aux patients. (Crédits : Robosoft)
Le Concours mondial de l’innovation, en récompensant d’un prix le projet KEPA d’aide au maintien à domicile des personnes âgées, vient indirectement de distinguer la V2 du robot d’assistance mis au point par la société basque Robosoft. Kompaï2, c’est son nom, est en effet un des “personnages” clé d’un projet qui associe Robosoft, Agfa Healthcare et Radhius.

Hier, la  secrétaire d'Etat chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie Laurence Rossignol officialisait, en promettant une aide de 3 M€, le projet de construction, au cœur des Landes, d'un village dédié au malades atteints d'Alzheimer (22 M€ de budget construction, 8,5 M€ de budget annuel de fonctionnement, 120 salariés).
A moins de 100 km de là, la société Robosoft (Bidart - Pyrénées Atlantiques. 5 M€ de CA, 3 sites : Bidart, Toulouse et Singapour, 50 salariés) dans le même temps, met au point, elle, des robots gardes-malades qui pourraient trouver toute leur place dans ce futur village et symbolise les opportunités économiques qu'on peut attendre de la silver économie.
Connue pour avoir produit le premier robot laveur de vitres pour la Pyramide du Louvre et pour être à l'origine, aux côtés de Ligier, de Citymobil (désormais piloté par la joint venture  Easy Mile au sein de laquelle figure la filiale toulousaine Robosoft DS), navette électrique capable de transporter à 20 km/h 8 passagers sans aucun chauffeur, Robosoft est également, depuis trois ans, la "maman" de Kompaï (compagnon en basque), un robot d'assistance aux personnes fragilisées qui a désormais un frère, certes plus jeune, mais aussi beaucoup plus dynamique : Kompaï2.

KEPA, projet "d'assistance du futur" 100 % aquitain

Ce petit robot a été pensé pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées. Il figure au centre d'un projet qui associe les sociétés aquitaines que sont Robosoft, Agfa Healthcare et Radhius.
KEPA (Knowledge, E-health, People and Autonomy) comprend d'une part ce robot à proximité des personnes dépendantes, et d'autre part une plate-forme de coordination et de télésurveillance formant ainsi un service complet "d'aidant familial connecté", disponible 24 heures sur 24 auprès, du bénéficiaire et des acteurs de la prise en charge, qu'ils soient médicaux ou médico-sociaux. L'ensemble contribue à la mise en œuvre et au suivi des Parcours personnalisés de soins. Et c'est ce projet dans son ensemble qui a reçu, il y a quelques jours, le prix du Concours mondial de l'innovation (CMI). Un projet qui va bénéficier d'une aide financière de 1,6 M€ réparties entre tous les partenaires.

Kompaï aura des frères... et des bras

Auréolé d'une partie de ce succès et de ce financement, le petit robot Kompaï2 pourrait très prochainement voir sortir des ateliers de Robosoft et de ses sous-traitants une armée à son image.

"Après avoir testé Kompaï pendant plus de 1.000 jours en condition réelle, estime Vincent Dupourqué, créateur et dirigeant de Robosoft, et avoir pu, dès lors, valider l'utilité, la pertinence de Kompaï auprès des familles de malades, des médecins, des acteurs de la téléassistance, des assureurs... et des patients, nous envisageons la production en série de Kompaï2 à l'horizon dès 2016."

Une production en petite puis en grande série. La société viserait à terme 10.000 Kompaï/an, ce qui entraînera, logiquement, une baisse de son prix de vente qui devrait passer de 20.000 € actuellement, s'il était vendu, à 5.000 € in fine.
Le prix ne sera pas le seul à évoluer.
Kompaï2 va aussi profiter des avancées réalisées avec les très nombreux tests effectués par Kompaï.
"Nous étudions la possibilité, dès la fin 2016, d'ajouter des outils d'assistance physique aux outils actuels d'assistance cognitique. La déambulation, la manipulation seront rendus possibles", assure Vincent Dupourqué.
En clair, KompaÏ2 pourra être doté, dès la fin 2016, en option, de bras, de doigts... des atouts non négligeables quand on sait que, d'ores et déjà, Kompaï2 peut contacter la personne sur laquelle il veille, évaluer son état en temps réel avant d'intervenir le cas échéant, lui permettre d'être en contact avec sa famille, amis et le monde extérieur en général afin de faciliter la socialisation grâce à une connexion wifi permanente, faire des exercices et des jeux pour entretenir sa mémoire, ses réflexes, faciliter l'échange avec le médecin et le suivi de l'état de santé. Grâce à son interface, un médecin peut consulter, à distance,  la nutrition et le sommeil du patient.

Kompaï n'a "que" Toyota en face de lui

Les ambitions pour Kompaï2 sont à l'image de celles du nouveau propriétaire de Robosoft depuis 2014, Gilbert Gagnaire, PDG de Fermat (solutions informatiques bancaires).
Depuis son arrivée, Gilbert Gagnaire a réorganisé le groupe Robosoft et ses filiales sur des thématiques précises, à l'image de Robosoft SR centrée à Bidart sur les solutions robotiques, Robosoft DS, dédiée à Toulouse aux solutions de transports automatisées et autonomes ou encore Robosoft Technology, nouvelle antenne basée à Singapour.
Si dans le domaine du transport sans chauffeur et autonome, la concurrence sera  féroce - Google, Valeo, BMW, Apple... sont lancés dans la course - Kompaï2, pour le moment, peut raisonnablement se sentir seul au monde, ou presque.
Certes, le géant japonais Toyota est là et développe un robot assistant, mais il n'en produit pas plus de trop par an... comme Robosoft.
Le robot garde-malade version basque a potentiellement de beaux jours devant lui... On estime le marché potentiel pour un tel robot à 200.000 unités... rien qu'en France.

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