A Turbomeca le PDG investit dans la réparation

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Réparation et maintenance, des fonctions support qui génèrent deux tiers du chiffre d'affaires de Turbomeca
Réparation et maintenance, des fonctions support qui génèrent deux tiers du chiffre d'affaires de Turbomeca (Crédits : Sigalas)
Bruno Even, nouveau PDG du leader mondial du moteur d’hélicoptère Turbomeca, va faire du site de Tarnos (Landes) le vaisseau amiral des activités réparation moteurs et maintenance.

Après avoir investi 100 M€ dans la restructuration de son siège social, à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), Turbomeca (1,2 Md€ de chiffre d'affaires), leader des moteurs d'hélicoptères dont il motorise 35 % de la flotte mondiale, lance un investissement lourd dans son usine landaise de Tarnos, dans le périmètre industriel du port de Bayonne. Avec 18.200 moteurs en service, Turbomeca fait voler un peu plus d'un tiers des hélicoptères dans le monde.

Et comme l'avait souligné il y a quelques années Emeric d'Arcimoles, alors PDG de Turbomeca, à La Tribune -Objectif Aquitaine "chaque fois qu'un hélicoptère se crashe j'ai peur que ce soit l'un des nôtres". Turbomeca compte 2.500 clients répartis dans 155 pays. L'an dernier, le groupe installé en Béarn en 1938 a fabriqué et livré 830 moteurs neufs et en a réparé 1.700.

50 ans ce samedi 26 septembre

L'investissement à Tarnos, site qui fête le 50e anniversaire de sa création ce samedi et emploie 1.500 salariés, sur un effectif total de 6.300 personnes (dont 1.300 à l'étranger), porte justement sur la réparation et la maintenance des moteurs. Une opération prise en main par Bruno Even, le nouveau PDG de Turbomeca qui a succédé en juillet à Olivier Andriès, nommé à la tête de Snecma.

"L'enjeu est de développer Turbomeca. Nous évoluons sur un marché dynamique, il est important d'y prendre des initiatives et de renouveler l'outil industriel. Celui de Tarnos est centré sur la réparation des moteurs, des pièces. Il a 50 ans. Le cœur du site c'est le support technique, qui représente les deux tiers du chiffre d'affaires du groupe et dont Tarnos est le vaisseau amiral" détaille Bruno Even.

"Renouveler l'outil de production"

Ce Polytechnicien diplômé de Sup Aéro n'est pas inconnu à Turbomeca où il est entré en 1999 après avoir démarré sa carrière à la DGA (Délégation générale pour l'armement), avant de prendre la présidence de la Sagem (Safran) en 2013.

"Pendant ces 14 ans, j'ai assuré en particulier le développement des programmes moteurs avant d'assumer la responsabilité de l'ensemble des supports moteurs. J'ai été PDG de Sagem de 2013 à 2015" résume Bruno Even.

Turbomeca

Bruno Even, PDG de Turbomeca (DR)

Le projet industriel de Tarnos s'inscrit dans le programme Cap 2020 et va mobiliser, dans sa première phase, un investissement de l'ordre de 60 M€.

"Il s'agit de renouveler l'outil de production. Ce projet est en cours de consolidation. Nous attendons l'obtention du permis de construire. Il n'y a pas d'agrandissement de prévu. Nous allons travailler sur le site sans impacter l'activité opérationnelle", relève Bruno Even.

Une école de formation avec la Région

Cette opération est d'autant plus déterminante que Tarnos s'occupe de près de la moitié de tous les moteurs de Turbomeca réparés chaque année. Le projet de Tarnos prévoit également la création d'une école des métiers du support, avec l'appui de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et de la Région Aquitaine. "Nous n'irons pas sans le soutien de la Région", confirme Bruno Even.

Si les bases de support à la clientèle jouent un très important rôle de proximité, que la première a été ouverte à Dallas (USA) il y a 35 ans, avant d'être suivie par celles du Brésil, d'Australie et d'Afrique du sud, l'usine de Tarnos est à la fois le pivot international de la réparation et de la maintenance, et la vitrine de ces spécialités. Le groupe, présent dans l'ensemble du marché, avec des puissances moteurs qui vont de 500 à 3.000 chevaux, bénéficie d'un puissant réseau commercial qui englobe le Canada, l'Inde, le Mexique ou encore le Royaume-Uni.

L'Arrano futur grand succès ?

Avec 15 % de son chiffre d'affaires investi annuellement dans l'innovation, Turbomeca s'affirme comme une société de haute technologie.

"Nous innovons à deux niveaux. D'abord dans les composants, comme les compresseurs, pour augmenter les performances des moteurs, ensuite, de façon plus globale, dans l'optimisation de l'intégration des moteurs dans l'hélicoptère", observe Bruno Even.

Amélioration du rapport poids/puissance, réduction de la consommation de carburant, des coûts de revient ou encore amélioration de la fiabilité, l'innovation passe aussi par la production, avec en particulier un début d'utilisation du "3D manufacturing" (fabrication additive utilisant des imprimantes 3D). En décembre 2014, Turbomeca a fêté les 40 ans de son moteur vedette, l'Arriel, dont le groupe a écoulé 11.000 unités sous diverses versions. Son prochain succès pourrait bien être l'Arrano H 160, qui sortira en 2018, et qui va motoriser l'hélicoptère Airbus H 160.

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