Cap Ingelec ouvre son capital à 145 salariés pour les fidéliser et recruter

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Jean-Paul Calès, président fondateur de Cap Ingelec
Jean-Paul Calès, président fondateur de Cap Ingelec (Crédits : Cap Ingelec)
La société d'ingénierie et de réalisation de bâtiments complexes Cap Ingelec, en forte croissance en 2017, compte depuis hier 145 nouveaux actionnaires, tous salariés. Faisant partie des peu nombreuses entreprises de taille intermédiaire (ETI) de Nouvelle-Aquitaine, l'entreprise est en forte croissance mais elle est aussi confrontée à la pénurie des profils disponibles et à la chasse de tête des ingénieurs. Grâce à cette ouverture de son capital, elle espère ainsi fidéliser ses employés et en attirer de nouveaux.

A la veille de sa 26e assemblée générale en tant que président fondateur de Cap Ingelec, Jean-Paul Calès, avait clairement le sourire. Pour deux raisons : parce que les résultats à annoncer sont très bons, et parce que 145 salariés deviennent actionnaires de l'entreprise. "J'aurai 60 ans l'an prochain, explique l'entrepreneur. Mon fils Matthieu me succèdera à terme mais j'ai à cœur de maintenir de la stabilité, ce qu'offre le fait d'avoir autant d'actionnaires salariés. Cap Ingelec s'inscrit dans la durée."

La société, basée à Saint-Jean-d'Illac, près de Bordeaux, emploie 250 personnes. En 25 ans, elle s'est hissée dans le top 10 des sociétés d'ingénierie françaises en se focalisant sur le domaine des bâtiments complexes, allant du palace aux halles industrielles en passant par les datacenters. Conceptrice et réalisatrice, Cap Ingelec mène les projets qui lui sont confiés jusqu'à livrer le final clé en main. Elle a par exemple été maître d'œuvre sur un investissement de 200 M€ par Evian à Amphion-les-Bains (Haute-Savoie), est impliquée dans le réaménagement du palace Cheval Blanc Samaritaine, propriété de LVMH à Paris, ou encore assure la conception et la réalisation de 4.200 m2 de salles d'hébergement informatique (en groupement avec la société Cari) dans un ancien atelier de mécanique naval proche de l'ancienne base sous-marine du Grand port maritime de Marseille.

Les résultats suivent : le chiffre d'affaires 2017 atteint 46,1 millions d'euros (contre 38,5 M€ en 2016) et le résultat d'exploitation 3,2 M€ (contre 2 M€). "Les devis et négociations sont très favorables et l'exercice 2018 devrait se terminer sur un chiffre d'affaires de 52 M€ pour un résultat d'exploitation de 4 M€", ajoute Jean-Paul Calès. Reste que l'entreprise est confrontée à des problématiques de ressources humaines qui brident son développement : les profils d'ingénieurs sont rares, donc souvent sollicités, et les recrutements sont complexes. Si bien que Jean-Paul Calès songe très fortement à créer un mastère spécialisé ingénierie de la construction, peut-être adossé à l'Ecole national supérieure Arts et Métiers.

Une opération encore atypique pour une ETI

L'ouverture du capital aux salariés, dans le cadre d'un plan d'épargne entreprise (PEE), est une autre réponse à cette problématique. En 2018 déjà, 10 % du capital de Cap Ingelec avait été cédé à 17 cadres de l'entreprise. Mais pour l'opération qui vient de s'achever, ouverte à une vaste population de salariés, la société n'avait "pas de canevas sur lequel s'appuyer pour des ETI comme nous, même si le gouvernement veut développer l'actionnariat salarié".

Dix ans après être entré (en minoritaire) au capital de Cap Ingelec, CM CIC a cédé des actions en novembre 2017. La holding familiale Calès Technologies en a profité pour renforcer son poids et commencer à préparer son ouverture de capital.

"L'objectif est de fidéliser les salariés, de renforcer leur confiance en la stratégie de l'entreprise en les impliquant davantage, de dédiaboliser le sujet de l'actionnariat et d'être aussi plus attractif vis-à-vis de nos potentiels recrutés. Nous cherchons actuellement à embaucher 20 personnes un peu partout en France", précise Jean-Paul Calès. "Nous n'étions pas dans une logique de demander de l'argent aux salariés, reprend le dirigeant. Nous avons mandaté un expert interne qui a évalué la valeur de l'action. Nous avons ensuite multiplié par cinq le nombre d'actions pour diviser le prix d'autant et le ramener à 75 € le titre. Les salariés éligibles pouvaient souscrire grâce à leurs fonds personnels ou leur épargne salariale. Plus de la moitié des actions ont été souscrites dès la première campagne de souscription en décembre et finalement, 62 % de la population éligible, soit 145 salariés, a franchi le pas. "

Avec une rentabilité à 4,2 %, là où ce bon vieux livret A plafonne à 0,75 %...

Cap Ingelec compte aujourd'hui des agences à Saint-Jean-d'Illac, Nantes, Brest, Paris, Tours, Reims, Lyon, Aix-en-Provence et Toulouse. Elle est aussi présente à l'international sur l'activité conception et réalisation de datacenters, systématiquement en montant avec des partenaires locaux des joint-ventures (co-entreprises) où elle est majoritaire. Ce type de structures a été créé depuis deux ans au Maroc, en Algérie, en Espagne, en Italie... sous la marque Cap DC, représentant un effectif total de 400 personnes. Une stratégie de joint-ventures mûrement réfléchie : "Si je me plante, je ne mets pas Cap Ingelec en danger", résume Jean-Paul Calès. Mais pour le moment, tous les voyants semblent au vert.

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