Bordeaux aura son école de pilotes de ligne

 |  | 581 mots
Lecture 3 min.
Philippe Borghini, directeur des opérations, et Krista Vandermeulen, en charge du développement de Airways College
Philippe Borghini, directeur des opérations, et Krista Vandermeulen, en charge du développement de Airways College (Crédits : Airways Collge)
La société agenaise Airways College implante un centre de formation à Bordeaux. Elle ouvrira à la rentrée de septembre une trentaine de places pour les jeunes - et moins jeunes - qui souhaitent devenir pilotes de ligne. Sa CEO, Krista Vandermeulen, évoque ce projet et démonte au passage quelques idées reçues sur ce métier.

Non, il n'est pas impossible de devenir pilote de ligne si vous portez des lunettes. Et oui, il est possible de devenir pilote de ligne si vous n'êtes pas surdiplômé. Ancienne directrice commerciale dans un groupe international, Krista Vandermeulen est aujourd'hui CEO d'Airways College, entreprise agenaise qu'elle dirige avec un ancien pilote de chasse, Philippe Borghini. Elle aime précisément combattre les idées reçues qui sont souvent accolées au métier de pilote de ligne.

"Pour intégrer notre école, il faut avoir le niveau bac, explique-t-elle. Nous ne sélectionnons pas sur concours : les candidats sont d'abord évalués lors d'un entretien individuel sur leur niveau d'anglais ainsi qu'en maths et physique. Ceux qui sont retenus passent ensuite un examen médical. Vous pouvez devenir pilote de ligne si vous portez des lunettes de vue : la confusion vient simplement du fait qu'elles soient interdites pour les pilotes de chasse ! En revanche si vous êtes atteint d'une maladie grave ou que vous avez déjà fait une crise cardiaque, ce sont des critères qui éliminent d'office votre candidature."

13 mois de pratique

Airways College propose une formation certifiée comprenant une partie théorique de 9 mois (951 heures de cours au sol précisément) doublée d'une seconde partie, pratique cette fois, qui se déroule en moyenne sur 13 mois. L'entreprise possède sa propre flotte de 14 appareils destinés à l'apprentissage du pilotage ainsi que de 6 simulateurs de vol. Elle a aussi internalisé un atelier mécanique pour que la moindre panne ne pénalise pas les stagiaires.

Airways College disposait jusqu'à présent de deux sites, à Agen et à Nîmes, avec ses propres moyens d'hébergement des stagiaires. Elle propose également de la remise à niveau pour les pilotes déjà titulaires d'une licence, et reste ouverte à tous ceux qui envisagent une reconversion après une première carrière dans un autre secteur d'activité.

"Nous allons ouvrir à la rentrée de septembre 2017 un centre de formation à Bordeaux, dévoile Krista Vandermeulen. Nous serons au cœur du bassin aéronautique, ce qui nous permettra de faire beaucoup de choses avec la trentaine de stagiaires que nous attendons. En revanche, seule la partie théorique aura lieu à Bordeaux. Vous imaginez bien que l'apprentissage de la pratique aurait été compliqué entre le décollage d'un avion de Volotea et l'atterrissage d'un appareil d'Air France !"

Un marché porteur

A l'issue de leur formation, les stagiaires décrochent leur licence de pilote, les autorisant à piloter un avion de ligne, un appareil transportant du fret, un jet privé... après avoir bénéficié d'une formation spécifique sur l'avion qui leur est destiné en intégrant la compagnie aérienne. "Ces dernières cherchent justement des pilotes pour faire face à l'augmentation importante du trafic aérien dans le monde. La plupart de nos stagiaires sont recrutés avant l'obtention de leur diplôme." Reste le coût de la formation dispensée par Airways College, non négligeable : 85.000 €.

"Je conçois tout à fait que ce montant peut paraître effrayant, précise Krista Vandermeulen. Mais les banques proposent aujourd'hui des dispositifs qui permettent par exemple de souscrire un emprunt et de ne commencer à le rembourser qu'au bout de quatre ans, donc deux ans après avoir commencé à travailler pour une compagnie aérienne."

Airways College et l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny viennent par ailleurs de signer un partenariat pour la formation de jeunes pilotes ivoiriens à Yamoussoukro.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/02/2017 à 21:26 :
Bonjour, quel BAC faut-il pour pouvoir intégré votre école et si nous possédons notre PPL (private pilot licence) est se que cela nous donne un avantage pour nos concours théorique et pratique?
a écrit le 09/02/2017 à 10:13 :
Futurs chômeurs. A moins qu'ils n'aient les moyens du "Pay to fly". P2F

Le nombre croissant de pilotes à la recherche d’un job permet aux compagnies de fixer des exigences de plus en plus élevées, avec notamment un nombre d’heures de vol minimum déjà validées. Partir à l’étranger, vers l’Asie par exemple, peut permettre de trouver des offres, mais il n’est pas rare que les locaux soient privilégiés lors des recrutements. À cela s’ajoutent des conditions de travail qui dépendent de la législation en vigueur dans le pays concerné et une rémunération qui s’aligne elle aussi sur les standards locaux. Salaire faible, temps de travail conséquent, une vie qui depuis la France ne fait guère rêver, surtout pour évoluer dans de petites compagnies (les géants tels qu’Emirates sont alignés sur les standards européens et nord-américains).
Réponse de le 10/02/2017 à 12:42 :
Malheureusement tu n'as pas tort

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :