Diva, nouveau dispositif pour réunir agriculture, agroalimentaire et numérique

 |   |  747  mots
(Crédits : DR)
Via le dispositif Diva géré par le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest innovation, l'Union européenne va financer des projets d'innovation numérique dans les secteurs agricole et agroalimentaire. Dans les 6 pays engagés, des PME pourront recevoir jusqu'à 60.000 € chacune.

Diva (pour "Boosting Innovative digitech value chains for agrofood, forestry and environment") veut accompagner l'émergence et le développement de nouvelles chaînes de valeurs entre les secteurs agricole/agroalimentaire et le numérique. Ce projet est porté par le pôle Agri Sud-Ouest innovation (qui couvre la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie) et a pour mission d'accélérer le processus d'innovation et de déploiement des innovations issues des PME. Développé dans le cadre de l'appel à projets Horizon 2020 Innosup de l'Union européenne, programmé sur 3 ans, il a officiellement débuté le 1er avril. Laurent Augier, le directeur scientifique d'Agri Sud-Ouest Innovation, l'a présenté ce jeudi à Bordeaux, au Village by CA du Crédit agricole d'Aquitaine.

3,1 M€ pour les PME

L'objectif est de créer des nouvelles chaînes de valeurs dont les maillons numériques et agricoles sont imbriqués. Un dispositif unique comme Diva doit permettre de stimuler la construction de projets collaboratifs de recherche et développement. Ce programme, dont la France est chef de projet, repose sur des partenaires installés dans 6 pays européens (France, Espagne, Portugal, Grèce, Irlande). Avec un budget de 4,1 M€, DIVA prévoit d'en redistribuer 3,1 M€ aux PME dont les projets d'innovation proposent des solutions aux enjeux du monde agricole. Chaque PME pourra recevoir jusqu'à 60.000 € sous la forme de "chèques d'innovation". La sélection et l'accélération des meilleures solutions se feront via un accompagnement direct des PME dans la maturation technologique de ces solutions et/ou via un accompagnement de type conseil ou coaching stratégique. Tous les projets doivent être à vocation transnationale, à minima européenne.

Sans conditions de fonds propres

Certains axes stratégiques ont déjà été identifiés : les nouveaux intrants, la bioéconomie, et les systèmes de production. Selon Laurent Augier, "Diva adopte une approche ascendante". Avant de former de nouveaux réseaux (clusters), le programme cherche à se positionner sur les défis territoriaux rapportés par les PME, pour ensuite appliquer des solutions à l'international. Il y aura plusieurs appels d'offre : le premier sera fait d'ici fin juin auprès des PME afin de constituer une "marmite à défis", qui répertoriera les enjeux actuels des mondes agricole, agro-alimentaire et agro-industriel. Un second appel d'offre sera soumis aux PME qui ont des solutions à proposer. Enfin plus tard un appel sera lancé aux PME qui souhaitent adopter ces innovations.

Il n'y aura pas de conditions de fonds propre, le principe est le suivant : la somme est allouée en échange d'un objectif à atteindre. Pour l'instant, aucune contrainte n'est prévue si l'objectif n'est pas atteint.

« Call for challenges », accélération, démonstration, internationalisation

"L'essentiel de notre travail est d'aller chercher l'argent public afin de diminuer le risque pour les entreprises de le faire", affirme Laurent Augier. Agri Sud-ouest innovation affirme vouloir reverser "au moins" 75% de son budget, soit 2,7 M€ aux PME, auxquels s'ajouteront 450.000 € de soutien sous forme de conseil et d'accompagnement. Soit un total de 3,1 M€. Le système de "chèques innovation" permettra de financer les innovations des PME à différents niveaux de maturité, au cours de 4 phases :

  • le "call for challenges", la constitution d'une marmite à défis.
  • "l'accélération" consiste à recenser les solutions, où les chèques d'innovation s'élèveront à 10.000 € (stratégies, pré-études de marché, maturation technologique, tests en labo ou encore certification-régulation).
  • la "démonstration", la mise en œuvre, à petite échelle (ticket de 25.000 €) ou à grande échelle (ticket de 60.000 €). Les critères d'éligibilité requièrent à ce stade au moins l'association de 2 PME, dans deux secteurs distincts et/ou deux pays différents.
  • L'internationalisation : les chèques d'innovation s'élèvent à 30.000 €, les PME doivent être au moins 3, dans deux secteurs distincts et/ou deux pays différents.

Sont prévus 1 M€ sur l'accélération (70 chèques innovation), 1,4 M€ sur la démonstration (35 chèques), 300 000 sur l'internationalisation (20 chèques).

A chaque étape, Agri Sud-Ouest Innovation ne financera qu'une seule entreprise par projet soumis. Une PME ne pourra recevoir plus de 60.000 €. Les entreprises peuvent faire tout le processus, ou une seule étape. Aux PME qui collaborent donc de s'arranger de manière stratégique pour recevoir chacune un ticket, pourquoi pas sur différentes étapes. Toutes les productions agricoles (agriculture, élevage, sylviculture...) sur les territoires nationaux engagés peuvent s'y raccorder. Laurent Augier met en garde les consortiums français : les PME espagnoles ou portugaises pourraient être plus motivées et engagées, ayant souvent moins de possibilité de subventions.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :