Self&Consult robotise les consultants

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Matthieu Bacquin
Matthieu Bacquin (Crédits : DR)
Un logiciel pour réussir sa demande d’impôt recherche ou son statut de jeune entreprise innovante, à moindre frais, c’est ce que propose la startup bordelaise Self&Consult.

C'est en mars 2016 que Matthieu Bacquin a cofondé la société Self&Consult à Bordeaux. Ce pro du conseil en innovation veut "ubériser" le conseil.

"J'ai travaillé 15 ans dans le conseil en innovation et tout ce que je veux, c'est démocratiser l'accès au conseil. Les grands groupes se paient des consultants, ils savent ce qu'ils peuvent en attendre. Ce qui n'est pas le cas des PME et des TPE. D'où l'idée de démocratiser", expose Matthieu Bacquin, président de Self&Consult.

Si elle n'est pas originale en soi, l'idée "de transformer le savoir-faire de consultants en logiciel" a de quoi laisser pantois.

Parce qu'il est difficile d'associer spontanément le travail d'un consultant à une action répétitive facilement robotisable. Matthieu Bacquin semble pourtant avoir trouvé une porte d'entrée convaincante en s'attaquant à ce qu'il connaît le mieux : l'innovation.

"Il s'agit de logiciels sophistiqués que nous avons baptisé "selforiel", de tutoriel, et dont nous avons déposé la marque. Ce selforiel s'articule sur un ensemble de questionnaires dynamiques et quand il arrive au dernier clic, le dirigeant a produit un livrable", résume le cofondateur. Le premier pôle de savoir-faire développé par l'entreprise a ainsi été baptisé Self&Innov.

Dix fois moins cher

L'équipe de Self&Consult a retranscrit toute la procédure nécessaire pour réaliser les formalités nécessaires à l'obtention du crédit d'impôt recherche, du statut de jeune entreprise innovante ou au crédit d'impôt innovation.

"Ces demandes sont très complexes à gérer et marquées par une forte saisonnalité. Les entreprises, qui clôturent en général leurs comptes en décembre, ont jusqu'au printemps pour déclarer leur crédit d'impôt. Sachez que la gestion par un professionnel d'un dossier de crédit d'impôt ne revient pas à moins de 3.000 € pour une petite entreprise, jusqu'à 10.000 € pour une grande...", assène Matthieu Bacquin.

Il annonce qu'avec son logiciel la procédure coûte 250 €. Et qu'en cas de besoin, si le dirigeant intéressé a besoin de l'appui de spécialistes, la procédure revient à moins de 1.000 €... La création de la société, qui compte dans l'immédiat 6 personnes, développeurs et consultants, a nécessité un premier investissement de 30.000 €. Sefl&Consult va lever 60.000 € de plus, auprès des proches des dirigeants, dans les prochaines semaines. A cause de la saisonnalité de la gestion des dossiers, jusqu'au printemps, Matthieu Bacquin estime que son entreprise dispose "d'une fenêtre de tir" jusqu'à mai 2017. "D'ici là nous devrons réaliser 300.000 € de chiffre d'affaires. Si tout va bien, nous irons alors réaliser une nouvelle levée de fonds auprès de capitaux risqueurs d'ici fin 2017".

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Commentaires
a écrit le 29/11/2016 à 22:27 :
Son système n'est qu'un formulaire en ligne.
S'il a été consultant dans le domaine, il sait que l'épreuve de vérité dans le credit impôt recherche est au moment du contrôle fiscal, donc bien après sa "prestation" à 250€. Le risque fiscal (redressement de CIR) est pour le client
a écrit le 29/11/2016 à 15:47 :
Le mot "consultant" est comme le mot "coach", de plus en plus employé à toutes les sauces. Ici, il s'agit d'une prestation à base de calculs qui peuvent être facilités, améliorés, etc. via une application ou logiciel ou système expert.

Reste à savoir si le résultat vaudra le prix auquel il sera vendu ou si ce sera en réalité encore trop cher pour ce qu'on obtient, qui n'est en aucun cas du conseil, une expertise, une analyse, une synthèse humaines.

En tous cas, la startup, elle, a besoin de consultants … informatiques. Ces consultants sont en ce moment "les rois du pétrole" ! Qu'ils en profitent !

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