JP Campech (groupe Accueil Négoce) : les motivations d’un philanthrope

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Mécène, philanthrope, Jean-Pierre Campech, PDG du groupe Accueil Négoce, est président de Bordeaux Mécènes Solidaires depuis trois ans.
Mécène, philanthrope, Jean-Pierre Campech, PDG du groupe Accueil Négoce, est président de Bordeaux Mécènes Solidaires depuis trois ans. (Crédits : Agence Appa)
Le 24 janvier, à Bordeaux, l’Association française des fundraisers organise la 3e édition du colloque Mécénat et Philanthropie. L’occasion de faire un point chiffré sur ce qu’est le mécénat aujourd’hui, et de comprendre ce qui motive les mécènes avec un focus sur Jean-Pierre Campech, PDG d’Accueil Négoce (875 salariés, 250 M€ de CA).

Pour parler de mécénat et de philanthropie il faut d'abord parler... de chiffres. Et ceux qui sont communiqués par l'AFF (Association française des foundraisers), association des professionnels de la collecte de fonds et du mécénat, qui organise le 24 janvier la 23e édition du colloque Mécénat et Philanthropie à Bordeaux, montrent que le budget mécénat des entreprises est en augmentation de 25 % en 2016 par rapport à l'année précédente.
Au total, sur cette même année 2016, 3,5 Md€ ont été consacrés en France dans des actions de mécénat et de philanthropie. Mieux, cette année, 79 % des mécènes pensent stabiliser ou même augmenter leur budget mécénat.

81 % des mécènes soutiennent des projets locaux

Il faut enfin noter, toujours selon AFF, que 81 % des entreprises mécènes soutiennent des projets locaux, une statistique que connaît bien Jean-Pierre Campech, PDG du groupe bordelais Accueil Négoce, président depuis trois ans du fonds de dotation privé Bordeaux Mécènes Solidaires, fonds porté par une association qui regroupe des collectivités, des entreprises, des entrepreneurs, des citoyens engagés dont la création a été initiée par la ville de Bordeaux, son maire Alain Juppé et Alexandra Siarri, son adjointe en charge de la cohésion sociale et territoriale, ainsi que le centre communal d'action sociale et le Crédit municipal.

"Mon engagement est sans doute lié au fait que dans ma famille, cela a toujours existé d'aider celles et ceux qui ont du mal à s'insérer. Mon engagement personnel est ancien, mais en tant qu'entrepreneur il remonte tout de même à 20 ans en arrière, à l'occasion de la création d'un club d'entreprises du négoce en produits du bois : Négobois. Notre fonds d'action avait pris la décision de soutenir l'association SOS Villages d'enfants. C'est toujours le cas aujourd'hui, même si je n'en suis plus président", explique le PDG d'Accueil Négoce, groupe qui compte 875 salariés à ce jour et réalise plus de 250 M€ de chiffre d'affaires annuel.

A la tête de Bordeaux Mécènes Solidaires, le dirigeant entend jouer un rôle majeur dans la fonction première du fonds social : le maintien de la cohésion sociale dans une métropole bordelaise qui, bien qu'au firmament de la popularité, enregistre un taux de pauvreté de 16 % et un taux de chômage de 15 % touchant principalement les jeunes.

"Je me suis lancé dans cette association parce que j'ai aimé le discours d'Alexandra Siarri et d'Alain Juppé qui ont reconnu que désormais, les collectivités ne pouvaient plus, seules, soutenir des associations qui sont les garantes d'un équilibre social indispensable pour le bien vivre dans ce territoire. C'est parce que j'ai aimé l'approche directe de la question et l'appel clair aux entreprises pour aider au financement des actions sociales que j'ai décidé de consacrer un jour par semaine, au minimum, à faire vivre l'association et convaincre les autres entreprises bordelaises de grossir les rangs des adhérents et donateurs."

Une mission plutôt pas mal réussie puisqu'elle permet chaque année à l'association de disposer d'un budget de 250.000 euros fléchés vers des projets économiques locaux qui favorisent l'insertion sociale, la lutte contre les précarités...

"Nous, entreprises, créons de l'emploi, payons de l'impôt, oui, mais nous nous payons aussi, et j'explique régulièrement à mes amis entrepreneurs que quand les choses vont bien pour nos business respectifs, il doit toujours nous rester quelques queues de financement pour l'accompagnement social. C'est bon pour la société en général, c'est bon pour nos sociétés en particulier car nous avons tous besoin d'évoluer dans un environnement socialement apaisé, garant de la sécurité et du bien vivre ensemble", souligne Jean-Pierre Campech.

Philanthropie, outil de management ?

Un dirigeant qui reconnaît aussi qu'en interne, l'engagement de son groupe est une bonne chose en termes de management parfois.

"Si certains collaborateurs s'en moquent, la plupart est sensible à notre engagement. A condition que le management soit bon, repose sur l'humanisme le reste de l'année, ce type d'opération valorise notre groupe, son image et donc les emplois et l'image du collaborateur par ricochet", estime le dirigeant.

Ainsi, chaque année Accueil Négoce propose ostensiblement à ses clients, pendant une opération d'une durée de deux mois, un catalogue de produits dont chaque vente voit une partie du montant attribuée à une cagnotte reversée à Bordeaux Mécènes solidaires.

"Je double, sur mes deniers personnels, le montant récolté chaque année. Nous faisons cela depuis sept ans, et l'impact tant en interne qu'en externe est très bon."

Des exemples comme celui de Jean-Pierre Campech et d'Accueil Négoce, la 3e édition du colloque Mécénat & Philanthropie, qui aura lieu à l'université de Bordeaux, place Pey-Berland, amphithéâtre Duguit, va en réunir beaucoup, mais l'évènement a surtout vocation à permettre à près de 200 représentants des métiers de la collecte de fonds, de la gestion de la finance et du patrimoine de l'entreprise de co-construire les projets mécénat et philanthropie de demain.

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