Au lendemain des régionales, Alain Juppé rattrapé par le national

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Beaucoup de médias à l'occasion du point presse d'avant conseil municipal pour Alain Juppé cet après midi... les régionales et les enjeux nationaux sont passés par là.
Beaucoup de médias à l'occasion du point presse d'avant conseil municipal pour Alain Juppé cet après midi... les régionales et les enjeux nationaux sont passés par là. (Crédits : Pascal Rabiller)
La conférence de presse d’avant conseil municipal a rapidement tourné au point presse sur la politique nationale pour Alain Juppé. Pressé par les questions orientées des nombreux médias présents, le maire de Bordeaux, candidat aux primaires de LR pour la présidentielle de 2017, a précisé ses ambitions, confirmé son intention de l’emporter en novembre prochain et continué d’esquisser son programme.

Même si le sujet est de la plus haute importance pour la ville de Bordeaux, le budget primitif 2016 n'a pas pesé lourd pendant la conférence de presse qui précédait, à 14 h 20, le conseil municipal actuellement en cours au Palais Rohan.
La politique nationale, l'annonce d'une éventuelle éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet du bureau politique des Républicains, les rumeurs d'anticipation des primaires pour l'élection du candidat du même parti pour les prochaines présidentielles et le positionnement stratégique du parti ont été au cœur des préoccupations des nombreux médias TV, radios et journaux.
Ironisant sur l'intérêt soudain de ces derniers pour les affaires budgétaires de la ville, Alain Juppé s'est tout de même prêté au jeu de questions - réponses qui lui était imposé.
Concernant l'éviction possible, voire probable de NKM lors du prochain conseil national du parti qui aura lieu en janvier, le maire de Bordeaux estime que ce "n'est pas une réponse adaptée aux différents points de vue qui peuvent s'exprimer. NKM n'est pas la seule à s'être prononcée sur le ni-ni voulu par la direction des Républicains. Je ne crois pas que l'exclusion soit une bonne solution, une bonne approche des choses."

"Nos politiques sont inefficaces"

Et de poursuivre que "les Français ont envoyé un signal de défiance très fort vis-à-vis de notre façon à tous de faire de la politique. Nous devons reconquérir la confiance des Français. Ils attendent de nous de la lucidité. Nos politiques actuelles sont inefficaces... il en faut d'autres." Et de préciser : "Je sais qu'il y a chez nous des personnes qui se posent la question du positionnement, trop à gauche, trop à droite, trop au centre, des Républicains... c'est bien de réfléchir à la ligne politique, mais ce qui intéresse vraiment les Français c'est qu'on leur dise comment on va sortir du piège de l'emploi. La préoccupation première de nos compatriotes c'est : l'emploi, l'emploi, l'emploi ! Je ne me perdrais pas dans des débats partisans. Je vais m'attacher à dire, à expliquer ce que je vais faire pour changer de cap par rapport à la politique actuelle."

S'il reconnaît que l'opposition n'a pas eu "tout bon" et l'actuel gouvernement "tout faux", Alain Juppé, qui entend faire jouer un "grand rôle" à Virginie Calmels, son adjointe battue hier au second tour des régionales face à Alain Rousset (PS), précise qu'il pense que beaucoup de ce qui a été fait par le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls "ne va pas dans le bon sens".

"Avancer les primaires ? cela ne me semble pas impossible"

L'ancien Premier ministre qui entend "gagner les primaires et jouer la carte d'un changement de cap en matière de politique pénale, de santé, de formation, d'éducation...  mais surtout dire clairement ce que je veux faire pour l'emploi, l'emploi et encore l'emploi, thème d'importance capitale. Dire ce que nous allons faire, dans ce domaine notamment, c'est cela qui intéresse les Français !", se déclare aussi "prêt à (s)e battre pour éviter un second tour Hollande - Le Pen en 2017".

Concernant les bruits d'appareil faisant état d'une possible anticipation de la date de primaires initialement programmées en novembre prochain, Alain Juppé n'a pas caché ses doutes quant à la possibilité même d'un avancement de la date... et aussi ses craintes de voir la règle du jeu évoluer :

"Le débat doit être ouvert, mais les primaires doivent rester transparentes, les règles d'ouvertures au-delà du parti doivent rester inchangées. On ne doit pas remettre en cause les règles déjà posées. Par ailleurs, même si initialement j'étais plutôt pour des primaires en juin, désormais il est trop tard pour avancer l'évènement. Mettre en place la logistique de ces primaires, ouvrir 10.000 bureaux dans toute la France, ne s'improvise pas. Le temps est compté, je ne crois pas qu'avancer la date des primaires soit possible... sauf si on me prouve le contraire !"


Au-delà des affaires nationales, Alain Juppé a tenu a faire un point sur l'objet initial du point presse : le conseil municipal de Bordeaux et le budget prévisionnel. Il a notamment annoncé que le budget serait revu à la baisse pour ce qui est des investissements, l'enveloppe passant à 70 M€ dans l'exercice qui vient (contre 85 à 93 M€ les années précédentes).
Il a précisé aussi que la taxe d'habitation n'augmentera pas en 2016, que la masse salariale va connaître un baisse de 56 M€ du fait de transferts vers la métropole, et que pour le personnel municipal, la maîtrise de la hausse des charges de personnel serait limitée à +1,5 % grâce, notamment, à des non-remplacements de départs en retraite...
Des annonces importantes, mais passées légèrement inaperçues cet après-midi.

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