Diabète : MirambeauAppCare crée des relais aux Emirats arabes unis et au Canada

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Benoît Mirambeau avec sa mère, pour laquelle il a développé Diabilive, au Concours Lépine International 2016
Benoît Mirambeau avec sa mère, pour laquelle il a développé Diabilive, au Concours Lépine International 2016 (Crédits : MirambeauAppCare)
Avec Diabilive, MirambeauAppCare met le diabète de chaque patient en algorithme pour pouvoir le surveiller de très près. La jeune pousse girondine vient de créer deux nouveaux conseils scientifiques : aux Emirats arabes unis et au Canada. (Réactualisé 04/04/2019)

Benoît Mirambeau et Nicolas Babin, cofondateurs de MirambeauAppCare (l'application de soin Mirambeau), à Martillac (Gironde), annoncent ce mercredi 3 avril la création de deux conseils scientifiques : à Doubaï, pour les Emirats arabes unis (EAU), mais aussi à Montréal (Canada). Le conseil scientifique de MirambeauAppCare pour les EAU est constitué par le docteur Rahila Bhatti, de l'hôpital Mediclinic Parkview de Doubaï, et l'infirmière générale Michelle Franklin, en charge de la clinique du diabète à l'hôpital Imperial College d'Abou Dhabi.

Au Canada c'est une équipe d'endocrinologues du CHU (Centre hospitalier universitaire) de Montréal qui remplit cette fonction. Mais c'est bien à Bordeaux que les deux associés cofondateurs de la startup girondine ont créé le premier conseil scientifique dédié à leur application Diabilive. Un an et demi après la création de l'entreprise, les deux associés ont réussi à lever au total 900.000 euros de financement, dont 370.000 euros amenés par quatre banques : BNP Paribas, BPACA (Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique), CIC Sud-Ouest et Crédit agricole d'Aquitaine, et 530.000 euros par le biais des proches (love capital).

Diabilive, couteau suisse de suivi du diabète

"La formule du conseil scientifique n'est pas très habituelle et je n'ai pas peur de dire que les premiers professeurs de médecine bordelais (des hôpitaux Haut Lévêque, Xavier Arnozan, Pellegrin...) qui ont joué le jeu ont été impressionnés par les performances de Diabilive, notre calculateur d'insuline. Ils nous ont aidé à en faire un produit européen. Notre application s'appuie notamment sur une table qui intègre 3.000 aliments et qui sert à calculer l'évolution de la glycémie. Mais elle ne correspond pas vraiment à l'alimentation aux Emirat, où les gens consomment de grandes quantités de miel. En septembre nous ouvrons à Doubaï" éclaire Nicolas Babin.

En plus des paramètres servant à calculer l'évolution de la glycémie, les patients doivent intégrer à Diabilive leur activité physique, pour le suivi de l'énergie dépensée. Et puis bien sûr ils doivent se servir du glucomètre pour prélever un peu de sang et mesurer leur taux effectif de glycémie. Tous ces blocs d'information servent au final à contrôler les besoins du patient en insuline, qui sait exactement à quel moment il doit s'injecter la dose prescrite. En plus une fonction de Diabilive permet au patient de rester en contact avec son médecin traitant.

Diabilive MirambeauAppCare

Vue de l'application Diabilive (MirambeauAppCare)

La personnalisation par l'algorithme

"Mon associé a créé cette application pour sa mère, qui est diabétique. Elle a mis six mois pour se régler avec Diabilive et aujourd'hui elle est complètement régulée. On a créé un algorithme qui ne correspond qu'à elle et qui tourne sur l'application à partir de son régime alimentaire, de son activité, et des prescriptions du médecin. Ce dernier n'en revenait pas" sourit Nicolas Babin.

C'est que le diabète est une maladie lourde, qui peut non seulement provoquer des syncopes mais aussi des infarctus, des AVC et compliquer des cicatrisations bégnines, en particulier aux pieds, au point d'entrainer la gangrène avec à la clé l'obligation d'amputer.

"Avec notre application les patients savent où ils en sont, heure après heure, ils n'ont plus besoin d'être hospitalisés quatre à cinq fois par an pendant plusieurs jours. C'est de l'ambulatoire, avec un seul passage à l'hôpital, ce qui, selon les professionnels, permet aux hôpitaux d'économiser 9.000 euros par patient" décrypte le cofondateur.

Diabilive a besoin de l'avis du docteur

Pour autant cette application ne fonctionne pas comme s'il s'agissait de trouver une place de parking. Diabilive s'adresse d'abord aux professionnels de la santé, en particulier aux médecins, mais aussi aux patients. Mais dans ce dernier cas l'application ne peut fonctionner que si le médecin traitant accepte que le protocole de soins qu'il applique au patient puisse être chargé dans l'application. En cas de problème entre le patient et son médecin à ce sujet, MirambeauAppCare a embauché une pharmacienne, qui a la compétence pour intervenir sur ce type de blocage et faire charger le protocole, souligne Nicolas Babin.

L'application Diabilive, primée au Concours Lépine International Paris 2016 puis au CES de Las Vegas (2018), est certifiée Iso 13485 (management de la qualité appliqué aux dispositifs médicaux) et bénéficie également, selon ce dernier, de la norme européenne B2 (propre au fonctionnement du système de santé). La jeune pousse girondine compte d'ici la fin de l'année prendre pied en Afrique du Nord et s'attaquer, à partir du Canada, au marché américain à partir de septembre pour pouvoir s'y installer en 2020.

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