Energie : newHeat veut réinventer l'eau chaude

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Exemple de centrale solaire thermique (Ici au Danemark) à l'image de celles que newHeat veut développer en France au service de l'industrie, notamment.
Exemple de centrale solaire thermique (Ici au Danemark) à l'image de celles que newHeat veut développer en France au service de l'industrie, notamment. (Crédits : D.R)
Startup girondine (siège à Bègles, près de Bordeaux), newHeat inaugure dans quelques jours un banc de test de technologie solaire thermique. Elle entend partir à l’assaut du monde de l’industrie avec sa chaleur 100 % solaire.

Créée en 2015 et installée à Bègles (33), au sein du site Newton de la technopole Bordeaux Technowest, la startup newHeat n'a pas mis longtemps pour transformer en business un programme de R&D baptisé Optiship (Optimize solar heat for industrial processed), qui comme son nom anglais l'indique vise à optimiser la production de chaleur solaire pour les process industriels.
En effet, newHeat, société et pilotée par Hugues Defréville et Pierre Delmas, tous deux anciens salariés de sociétés majeures dans le monde de l'énergie renouvelable, Neoen pour l'un et Exosun pour l'autre, ont signé leur premier contrat de fourniture de chaleur pour un industriel de Nouvelle-Aquitaine.

Une Papeterie  a signé pour 15 ans !

Il s'agit d'une papeterie importante installée dans la région Nouvelle-Aquitaine, qui s'engage à acheter pendant 15 ans la chaleur produite par la centrale solaire thermique qui sera installée et financée par newHeat, moyennant un peu plus de 1 M€ d'investissement.

"Nous allons, dès le début de l'année 2017, leur fournir une grande partie de la chaleur nécessaire au préchauffage de l'eau de leur chaudière", explique Hugues Defréville.
Un contrat qui représente une première nationale... ce qui explique que pour être compétitif par rapport au gaz notamment, le coût de revente de cette chaleur bénéficie d'un coup de pouce financier, une subvention indispensable versée par l'Ademe.
"Ici on parle beaucoup du photovoltaïque, ce qui est très bien, mais au Danemark, sur chaque réseau de chaleur urbain ou industriel on greffe une centrale solaire thermique. Résultat, le coût de production de cette énergie bénéficie positivement de l'effet production de masse", ajoute Hugues Defréville.

En attendant, c'est en pionnier que newHeat aborde le marché de la fourniture de chaleur aux industriels.
Un marché important puisque la production de chaleur pour l'industrie est le premier poste de consommation d'énergie primaire au niveau mondial, plus que la production d'électricité par exemple. Et 90 % de cette chaleur est issue de l'énergie fossile. "Notre solution est à mon sens un véritable atout en termes de compétitivité", soutien même Hugues Defréville.

Banc de test et levée de fonds

La société bordelaise s'apprête (le 28 octobre) à présenter un banc de test installé à Martillac (Gironde). Outil unique en France, capable de valider sur 18 mois, la fiabilité, la compétitivité et la prévisibilité de l'énergie thermique et soutenu par le programme Initiative PME du programme d'investissements d'avenir, cet outil a nécessité 450.000 euros d'investissement (financé à hauteur de 205.000 euros par l'Ademe).

"Ce programme test va nous offrir, à terme, un avantage certain en nous dotant d'un savoir-faire unique en France dans la conception et la modélisation de centrales solaires thermiques", reconnaît le dirigeant de newHeat.

Un avantage qui sera sans doute renforcé par le projet pilote industriel proposé à la papeterie locale dans le même temps. Il s'agira, en outre, de la plus grande centrale solaire de ce type en France.

"Elle devrait accélérer le développement commercial", espère la direction de newHeat.

Elle devrait aussi faciliter la levée de fonds que prépare actuellement la direction de la startup. Elle pourrait être finalisée au début de l'année 2017. Après avoir mobilisé 300.000 euros de love money auprès d'une trentaine d'investisseurs, la société détenue à 80 % par ses fondateurs, mais qui accueille dans son capital la société Exosun, espère lever entre 1,5 M€ et 2 M€.

Energie très compétitive même sans subvention ?

La signature du premier contrat de fourniture, le lancement du banc de test, ou la stratégie de développement sont autant d'atouts qui devraient permettre à la société qui compte à ce jour 8 collaborateurs, dont 6 ingénieurs et qui est soutenue par la région Nouvelle-Aquitaine, de trouver les moyens de ses ambitions.
Des ambitions qui ne se limitent pas qu'au secteur industriel en matière de développement commercial. NewHeat compte bien capter des contrats auprès des collectivités, en proposant sa technologie à de grands acteurs français de l'énergie. Elle ne compte pas, non plus, limiter son marché à la France. Une fois qu'elle aura éprouvé son innovation en France, elle entend la proposer dans des régions fortement ensoleillées...

"newHeat pourra y proposer un tarif de chaleur plus faible de 10 à 30 % par rapport aux énergies fossiles", assure Hugues Defréville.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2016 à 20:12 :
Très bonne initiative qui rappelle un peu Solarcity ou Sunrun mais dans le thermique ! on les attend aussi on l'espère sur les plateformes de financement participatif. S'ils ont trop de chaleur il y a aussi le procédé Ecostock qui dans certain cas est complémentaire ! A noter aussi dans l'utilisation du solaire thermique bien que ce soit différent mais intéressant vu le faible prix et pour certaines applications jusqu'à 60°c les routes solaires Charier, groupe du 44 qui travaille avec les hollandais plus généralement sur les revêtements routiers solaires. On avait trop oublié le thermique, reste au pétrole et gaz à remonter un peu plus mais çà vient ! https://enerfip.fr/placer-son-argent/investissement-innovation/ecostock-1/

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