Bordeaux et Barcelone, capitales de l’eau intelligente ?

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Ausone, centre de contrôle du service d’eau potable de la Communauté urbaine de Bordeaux géré par Lyonnaise des eaux. Crédit PR
Ausone, centre de contrôle du service d’eau potable de la Communauté urbaine de Bordeaux géré par Lyonnaise des eaux. Crédit PR (Crédits : PR)
Ils s’appellent Aquadvanced, Influx, RegControl, Cowama ou encore Cit’Ease. Ils sont les nouveaux services “smart water” mis au point et commercialisés par Lyonnaise des eaux. Un groupe qui fait évoluer son modèle économique en pariant sur l’innovation à la française pour rayonner dans le monde et qui a choisi Bordeaux et Barcelone pour vitrines.

Sous la pression des normes et règlementations, en raison de l'évolution des tarifs de l'énergie, grâce à l'impulsion des collectivités, pour répondre aux attentes des consommateurs ou pour s'adapter aux effets du changement climatiques… bref, dans un contexte de mutation sociétale générale, Suez Environnement et sa filiale Lyonnaise des eaux, font  évoluer leur modèle économique.

Le modèle du délégataire payé uniquement sur le nombre de m3 consommés a vécu ou est en train de disparaître. "Aujourd'hui, notre modèle a changé. Nous sommes un acteur d'une consommation maîtrisée de la ressource en eau. De fait, nous mettons en place des innovations, des services qui vont dans le sens d'une baisse des consommations. Le compteur intelligent, dans l'habitat social, se traduit, par exemple, par une baisse des factures de 10 %", reconnaît Philippe Maillard, directeur général de Lyonnaise des eaux et DG adjoint de Suez Environnement qui réalise 7,1 Md€ de chiffre d'affaires dans le secteur de l'eau, soit 50% de son CA total.

"Cela va dans le sens de l'histoire, même si cela modifie notre modèle économique. Les services smart water que nous mettons au point nous permettent aussi d'être plus efficaces, plus compétitifs en matière environnementale… mais aussi économique," assure t-il.

"L'eau intelligente", un marché en croissance de 14% par an

Sur le plan économique, justement, le marché du smart water, littéralement "eau intelligente", a de quoi intéresser le groupe français, numéro 2 mondial de l'eau. Selon les spécialistes, ce marché émergeant pèse actuellement 3,6 Md$ cette année. Son taux de croissance devrait atteindre 14 % par an au moins jusqu'en 2018. Le développement d'Ondeo Systems, société portant l'offre smart water du groupe Suez Environnement, illustre parfaitement l'évolution de ce marché. En cinq ans, elle est passée de 10 à 130 collaborateurs. La société a vendu 1,8 million de compteurs intelligents en Europe ce qui fait d'elle le leader du marché sur le vieux continent.
"Le compteur intelligent n'est que la partie émergée de l'iceberg du smart water chez nous. Celle qui parle tout de suite aux consommateurs que nous sommes tous. Mais notre R&D dans le domaine va beaucoup plus loin" souligne  Pierre Andrade, Dg adjoint de Lyonnaise des eaux. "Notre R&D, qui mobilise 400 chercheurs chez Suez  Environnement, est à l'origine des deux solutions majeures que sont Aquadvance, installé à Barcelone pour gérer l'eau potable, ou encore, Influx, baptisé à Bordeaux Ramses, qui assure la gestion intelligente de l'assainissement, et constitue un outil unique de lutter contre les inondations" poursuit Philippe Maillard.

Bordeaux capitale R&D de Lyonnaise des eaux

Bordeaux et Barcelone en Espagne (via la filiale Agbar), constituent donc des vitrines technologiques et de R&D de choix pour Lyonnaise des eaux. Outre Influx - Ramses, le groupe en partenariat avec la Région Aquitaine, a créé un laboratoire mixte, associant chercheurs de Lyonnaise des eaux et d'Ondéo et universitaires bordelais en un laboratoire unique, baptisé Lyre. Doté d'un budget de 2 M€ et employant 20 personnes, ce laboratoire  développe des programmes de recherche sur l'eau et l'assainissement et analyse les nombreuses données recueillies par les compteurs connectés. Trois ans après sa création, le LyRE a déjà plusieurs brevets à son actif. Des vitrines technologiques qui doivent beaucoup à l'implication du groupe, bien sûr, mais aussi à celle de leurs clients, les collectivités. Ce sont elles, en fixant les règles, notamment économiques, des délégations de service public qu'elles accordent à leurs délégataires, qui favorisent, ou non, la R&D.

"Avec Alain Rousset d'une part, président d'une Région qui nous accompagne sur le LyRE, et avec Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la CUB, nous pouvons  dire qu'à nos yeux, c'est tout ce territoire qui est smart !" affirme Antoine Bousseau, directeur régional de Lyonnaise des eaux.

Les 500.000 clients (soit 1,2 million d'habitants) de l'entreprise régionale Lyonnaise des eaux (1.000 salariés environ) n'en ont peut être pas conscience, mais quand ils ouvrent ou ferment leur robinet, apparemment, ils mobilisent beaucoup plus de neurones que ce qu'ils imaginaient jusque-là.

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Commentaires
a écrit le 16/06/2014 à 15:55 :
En quoi la distribution de l'eau potable de la ville de Bordeaux est smart? En quoi consistent tous les brevets déposés? Qu'est-ce qu'un compteur d'eau "intelligent"? Sans réponse à ces questions, quel est l'intérêt de cet article?
a écrit le 13/06/2014 à 0:28 :
Je n'arrive pas à comprendre comment on arrive à nous faire avaler de telles inepties. Un peu comme le fait de chercher à culpabiliser les consommateurs au motif que l'eau est rare.
Pourquoi? Vous allez la transporter ailleurs?
Sans parler que si on se réfère aux chiffres purs, on apprend par exemple que la disponibilité en eau d'un continent comme l'Afrique est supérieure à la nôtre. En quoi donc notre consommation devrait elle être rationnée et "margée" pour tenir compte de telles inepties?

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