Santé connectée : Goria veut devancer Apple

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La plateforme Goria est désormais en ligne
La plateforme Goria est désormais en ligne (Crédits : DR)
Sport, santé, bien-être : Goria centralise en un même lieu toutes les données de vos objets connectés et vos applications numériques. La start-up bordelaise, qui lance aujourd’hui sa plateforme, veut aller plus loin et bâtir une intelligence artificielle capable de donner des conseils à l’utilisateur en corrélant ces informations. Pour ce faire, Goria cherche à lever des fonds. Mais le temps est compté : à l’automne, Apple arrive sur ce marché…

Julien Daubert-Panasyuk et Sébastien Savater, associés dans le projet Goria, ont présenté leur plateforme ce mercredi matin dans les locaux de Bordeaux Entrepreneurs. Les deux jeunes associés, proche du mouvement French Tech Bordeaux, sont revenus sur la genèse de cette aventure démarrée dans les murs de 10h11, société bordelaise (800.000 € de CA attendus en 2014, une filiale au Canada) spécialisée dans la visualisation de données et dirigée par Julien Daubert-Panasyuk.

La plateforme Goria.me, accessible depuis un ordinateur ou une tablette, a été lancée officiellement ce matin. Sa proposition : "Rassembler l'ensemble des données sportives, de santé et de bien-être provenant des applications numériques et objets connectés en un seul lieu afin d'apporter une information intelligible pour l'utilisateur", décrit Julien Daubert-Panasyuk. Goria compte notamment surfer sur l'explosion annoncée des objets et capteurs connectés à Internet, qui sont 9 milliards dans le monde actuellement mais dont le nombre devrait quintupler d'ici à 2020 selon les analystes.

Combien de temps dormir, quel sport choisir…

La plateforme est actuellement capable de collecter des informations issues de l'application de course à pied Runkeeper (30 millions d'utilisateurs), de la balance connectée Withings, des bracelets et petits objets Jawbone et Fitbit, ainsi que de Facebook. Données sur le sommeil, l'activité physique, les interactions sociales, la météo, la géolocalisation… sont ensuite visualisables clairement. A terme, l'application mobile envisagée viendra recueillir les données psychologiques supplémentaires en recueillant l'humeur et les ressentis de l'utilisateur. "D'ici septembre, une trentaine d'objets et d'applications seront connectés à Goria", annonce Julien Daubert-Panasyuk.

Prendre le marché avant l'automne

Mais l'objectif poursuivi par Goria est plus ambitieux : ses développeurs planchent actuellement sur des algorithmes devant aboutir à une intelligence artificielle capable de donner des conseils de santé et bien-être en analysant et corrélant les informations psychologiques et physiologiques. La plateforme pourrait alors vous dire quelle activité sportive pratiquer aujourd'hui pour s'endormir plus facilement ce soir, nuit de pleine lune. Ou quel est le temps de sommeil idéal afin de réaliser une bonne performance sportive le lendemain.
Pour que cette intelligence articielle et l'application mobile voient le jour, Goria a besoin de fonds. Un tour de table est envisagé à court terme : ses dirigeants visent 3 M€ mais ont bien conscience qu'un montant compris entre 500.000 € et 1,5 M€ semble plus accessible.
"Goria ne délivrera pas de conseils médicaux, précise Julien Daubert-Panasyuk.  Elle corrèlera juste des données et proposera des pistes de réflexion. Nous sommes tout à fait ouverts au dialogue avec le corps médical mais nous n'avons pas pu attendre une validation du monde de la santé. Le time to market est trop court."

Effectivement, le délai est court car le géant Apple vient d'annoncer son prochain positionnement sur ce marché avec son application Health, qui verra le jour à l'automne. "Nous n'avons pas la même force de frappe qu'Apple, convient Julien Daubert-Panasyuk. Mais contrairement à eux, nous sommes prêts aujourd'hui et nous avons d'autres atours : Goria est multi-plateforme et ne vendra pas les données recueillies à des fins publicitaires." L'agrégation des contenus et leur visualisation restera gratuite. A terme, le modèle économique reposera sur un abonnement (tarif envisagé : 4 à 8 € par mois) permettant d'activer l'intelligence artificielle. Un complément de revenus pourra être apporté par un pourcentage sur les ventes d'objets connectés ou applications réalisées par l'intermédiaire de Goria.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2014 à 16:12 :
Bravo les gars ! courage pour reste !! Cependant la question est comment on arrive à faire des recommandation sans pour autant tomber dans le système expert

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