Le 81e congrès du logement social aura bien lieu à Bordeaux du 28 au 30 septembre

Avec la confirmation de la tenue du 81e congrès HLM, dont la date 2021 a été calée l'an dernier en pleine pandémie, un rayon de lumière semble percer la grisaille de la pandémie du Covid-19. Les enjeux au centre de cette rencontre, où les bailleurs sociaux tiendront logiquement le premier rôle, restent aussi lourds de conséquence pour le futur qu'en 2020, et sont toujours aussi politiques.

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En forte expansion, avec une croissance de +20 % de ses résidents en huit ans, le parc du logement social répond à un très puissant besoin.
En forte expansion, avec une croissance de +20 % de ses résidents en huit ans, le parc du logement social répond à un très puissant besoin. (Crédits : DR)

Reporté sine die en 2020 pour cause de pandémie de Covid-19, le 81e congrès HLM, intitulé « Construire, inclure, penser l'avenir », aura finalement lieu les 28, 29 et 20 septembre prochains au Parc des expositions de Bordeaux. Ce qui est presque inespéré puisque ce congrès national devait être l'un des moments forts d'une année 2020 qui -sur le papier- avait tout pour s'imposer comme un millésime historique dans la longue histoire du tourisme d'affaires du port de la Lune.

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Cette manifestation organisée par l'Union sociale pour l'habitat (USH), l'un des plus importants congrès de France, a fait l'objet d'une présentation à la presse ce mardi 14 septembre dans les salons du Conseil départemental de la Gironde, dont le président Jean-Luc Gleyze, a accueilli Emmanuelle Cosse, présidente de l'USH, en compagnie de Jean-Jacques Puyobrau, maire de Floirac, vice-président au logement, habitat et politique de la ville à Bordeaux Métropole, Stéphane Pfeiffer, adjoint au maire de Bordeaux chargé du service public du logement et de l'habitat, Laurence Rouède, vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine chargée de l'Aménagement du territoire et des politiques contractuelles, et Muriel Boulmier, présidente de l'Union régionale HLM de Nouvelle-Aquitaine.

La satisfaction des besoins sous pression de l'attractivité

"En Gironde, l'accès au logement est plus dur, parce que nous enregistrons beaucoup d'arrivées de nouveaux habitants, ce qui génère de nouvelles difficultés en termes de parcours résidentiels, d'enjeux économiques ou environnementaux", a observé en substance Jean-Luc Gleyze.

Le président du Département a souligné qu'au rythme actuel de construction, il faudrait 18 ans de production pour atteindre les objectifs fixés en matière de logement social dans le département. Bordeaux est également en retard, avec 18,5 % de logements sociaux contre les 25 % demandés par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain), et Stéphane Pfeiffer a précisé qu'il n'était pas certain que cet objectif puisse être atteint d'ici 2025.

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42 % des demandes néo-aquitaines pour la seule Gironde

Stéphane Pfeiffer a également tenu à souligner qu'il n'y a pas de baisse du nombre de permis de construire accordés à Bordeaux, avertissant même que l'on finirait par voir que 2021 aura été l'une des meilleures années jamais connues à Bordeaux en termes de délivrance de permis de construire... Selon Jean-Luc Gleyze, la Gironde représenterait à elle seule 42 % des demandes de logements sociaux en attente en Nouvelle-Aquitaine, dont Muriel Boulmier évalue le nombre total à 95.000, pour 6.200 logements livrés c'est-à-dire investis par leurs occupants.

Si la Région n'a pas de compétence en matière de logement, elle est cheffe de file pour l'aménagement du territoire. Et Laurence Rouède en a profité pour rappeler qu'il n'y a pas qu'à Bordeaux ou dans la Métropole que le marché immobilier est sous tension. Cette crispation métropolitaine rejaillissant sur les territoires ruraux proches mais aussi plus éloignés, notamment parce qu'un nombre croissant de jeunes quitte la ville pour aller s'y installer.

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Logement social : une cible pour les présidentielles ?

Autour de 35.000 personnes sont attendues à ce congrès, un chiffre qui fait encore rêver en ce début de sortie de la ténébreuse séquence pandémique de Covid-19. Un sentiment partagé par Emmanuelle Cosse qui s'est félicité du retour de ce type de grande manifestation et du fait qu'il puisse se dérouler à Bordeaux. Malgré les trop longues attentes encore non satisfaites des habitants désireux d'obtenir un logement social, Emmanuelle Cosse a recadré les enjeux.

"S'il n'y avait pas une volonté de faire les choses je me demande où l'on en serait dans cette région très attractive" a-t-elle tout d'abord observé.

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L'ancienne ministre du Logement sous le  gouvernements Valls a estimé ensuite que certains candidats à la présidentielle commençaient à essayer d'instrumentaliser politiquement le logement social. D'où la nécessité selon elle de remettre les choses au clair et de revenir sur l'importance du logement social, qui loge (selon l'USH) 11 millions de Français et participe à la construction de 100.000 logements par an en moyenne, pour 18 milliards d'euros d'investissements dans l'économie.

Des chartes locales pour bloquer le logement social

Les logements sociaux accueillent beaucoup de familles monoparentales et plus largement de salariés à petits revenus qui « font tourner l'économie » et ne doivent pas habiter trop loin de leur lieu de travail.

"Le nombre de ces habitants en logement social a augmenté de +20 % en huit ans, ce qui montre qu'il n'existe pas d'autre option que celle-là pour avoir un logement digne, à un prix abordable", a-t-elle analysé en substance.

Une des grandes questions posées lors de ce 81° congrès sera de savoir comment construire 250.000 logements sociaux en deux ans, a poursuivi l'ancienne ministre, sachant que certaines collectivités adoptent des chartes locales pour empêcher la construction de logements sociaux sur leurs territoires. Des mesures dilatoires illégales qu'il faut combattre de plus en plus souvent a éclairé Emmanuelle Cosse, qui a précisé que son propos n'avait rien à voir avec l'adoption à Bordeaux du label du Bâtiment frugal bordelais.

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