Vin : Bordeaux vendange, le plan Bordeaux Demain récolte

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Mis en place au plus fort de la crise économique de la viticulture bordelaise, le plan Bordeaux Demain semble payer
Mis en place au plus fort de la crise économique de la viticulture bordelaise, le plan Bordeaux Demain semble payer (Crédits : Appa)
La stratégie de repositionnement et de sortie de crise mise en place en 2010 par le Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) baptisée “Bordeaux Demain” a payé. Les cours sont corrects, les volumes en ligne avec le marché, les résultats des campagnes commerciales confirment la pertinence du modèle économique choisi. Explications.

Il n'est peut être pas question de parler de triomphe, ni de victoire totale, mais décidé en 2010, au pire moment de l'histoire contemporaine de la filière vin bordelaise, le plan stratégique baptisé "Bordeaux Demain" semble payant.
Les chiffres communiqués ce matin par Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) et son vice président, Allan Sichel, également président de la fédération du négoce vont tous dans ce sens.
Qu'est ce qu'on y note ? D'abord que si les volumes écoulés dans les grands et moyennes surfaces françaises reculent (-7%) avec 174 millions de bouteilles vendues, le chiffre d'affaires reste stable à 901 M€.

Les tout petits prix ont trinqué

Conclusion : le plan Bordeaux Demain tablait sur une montée en gamme et une meilleure valorisation des Bordeaux et ce semble désormais gagné puisque si les bordeaux à moins de 3€ plongent (-32%), le cœur de gamme,  et les catégories situées entre 4 et 6€ et entre 6 et 15€ progressent elles respectivement  de  +4 et +9 %

"On avait abimé l'image de Bordeaux au fil des ans avec des politiques de prix très bas en France et très hauts à l'export. Le marché français donne le tempo aujourd'hui : les vins de Bordeaux à vil prix c'est fini ! assure Bernard Farges.

CIVB


Autre signe fort des bienfaits de ce plan Bordeaux Demain : l'état des stocks.

"Le rééquilibrage des stocks, qui a été décidé avec ce plan" explique Bernard Farges, "a été, certes, rendu plus facile à cause de la très faible récolte de 2013, mais il semble s'installer dans la durée et correspond mieux aux attentes du marché. Nous sommes légèrement en dessous, désormais, de la moyenne décennale en termes de quantités stockées" assurent le président et son vice président.

Enfin, et ce n'est sans doute pas la moindre des réussites du plan stratégique piloté par l'interprofession : les cours du tonneau ont augmenté l'an dernier et surtout se sont stabilisés cette année.

Les cours se maintiennent à un bon niveau

Exit les 900 € le tonneau de bordeaux rouge, désormais, les cours sont plus proches de 1.200 euros le tonneau. "C'était un véritable challenge !" assure Allan Sichel, président de la fédération du négoce, nous tous acteurs de toute la filière, avons su le relever. Nous avons réussi à conserver, en 2014 les niveaux de cours de l'année de toute petite récolte, en quantité, de 2013". Une analyse partagée par Bernard Farges.

"Le maintien des cours alors que la disponibilité augmente est extrêmement encourageant, pour nous producteurs. Mieux, désormais, les producteurs sont confiants sur un bon maintien des cours pour 2015 !"

Dans ces conditions, le plan Bordeaux Demain qui repose, notamment, sur un régulation et une montée en gamme  de la production, la proposition d'un excellent rapport qualité/prix au consommateur, un meilleur fléchage des aides communautaires vers les investissement, de promotion, de restructuration des vignobles, d'amélioration des chais semble avoir tout de la formule miracle à la sauce bordelaise.

Bernard Frages Allan Sichel


Allan Sichel et Bernard Farges lors de la conférence de presse de ce jour

"Il est un peu tôt pour parler de triomphe, voire même de succès" estime Allan Sichel. "Nous avons aussi bénéficié de circonstances qui nous ont aidé. Certes dans un premier temps, la grêle et son impact négatif sur la quantité produite en 2013 a pesé dans les trésoreries des propriétés, mais avec le recul, elle s'est avéré bénéfique sur le plans des cours, des stocks..."

Et Bernard Farges de poursuivre :

"La crise a été rude, le marché reste toujours compliqué et le retour à bonne fortune de la filière bordelaise ne se traduit sans doute pas encore dans les comptes d'exploitation, mais l'impact de 2014 et bientôt de 2015 sera positif et va changer la donne."

Dans le même temps, après un rapide trou d'air de la part d'une Chine qui semble redémarrer depuis quelques semaines, le grand export semble reparti de plus belle avec +43% sur le 2ème trimestre 2015 par rapport au même trimestre en 2014. La clarification de la Loi Evin promise par François Hollande en juin pendant Vinexpo semble sur la voie du vote par l'assemblée nationale.

Bref, les bonnes nouvelles semblent désormais vouloir voler en escadrille au dessus d'un vignoble bordelais qui vendange, sous le soleil, une récolte qu'on annonce historique en termes de qualité.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2015 à 12:26 :
Ils ne sont jamais contents ces paysans.
a écrit le 25/09/2015 à 12:24 :
UN paramètre absent dans cet article, la baisse du rendement à l hectare imposée depuis des années afin de sauver le plus grand nombre en baissant la production globale.
en tenant compte de celui ci, les 1200€ au tonneau ne solutionnent rien, restent en dessous des prix de revient et ne permettent pas de générer des investissement qui sont primordiaux dans notre métier.
la mariée est loin d être aussi belle que vous le laisser entendre.

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