LaBase, nouveau laboratoire d'innovation territoriale

 |   |  851  mots
Le laboratoire LaBase vient d'être inauguré.
Le laboratoire LaBase vient d'être inauguré. (Crédits : DR)
LaBase, laboratoire d'innovation territoriale, a ouvert ses portes dans les murs du Conseil départemental de La Gironde. La structure veut faire souffler un vent de modernité sur l'action publique et les administrations, elle aspire à devenir un levier d'innovation en Nouvelle-Aquitaine.

"On veut casser les tuyaux d'orgues de ce que constituent les ministères et les collectivités, rendre poreux le béton des bâtiments pour que les différentes parties prenantes s'interconnectent et travaillent ensemble", annonce Christophe Chausse, l'un des membres de l'équipe projet du laboratoire et chargé de mission Déconcentration, modernisation et affaires juridiques au Sgar, le Secrétariat général aux affaires régionales.

Une expérimentation de 18 mois

Depuis quelques années, les laboratoires d'innovation territoriale fleurissent un peu partout en France. Toujours avec le même objectif : améliorer la collaboration entre les services déconcentrés de l'Etat et les collectivités pour expérimenter de nouvelles méthodes et élaborer des solutions innovantes en simplifiant les relations avec les usagers. A Bordeaux, 4 institutions sont co-pilotes du projet : la DREAL, le SGAR, le Conseil départemental de la Gironde et Bordeaux Métropole. Le concept LaBase est arrivé lauréat parmi 11 autres finalistes en France dans le cadre du programme "Investissements d'avenir". La Caisse des dépôts a mis en place un fonds de financement de 250.000 € pour soutenir le concept, expérimenté pendant 18 mois au sein du Conseil départemental de La Gironde.

Modularité, ergonomie et empreinte humaine naturelle, le laboratoire, conçu par l'architecte Jean-Marie Perrier, est un lieu propice à la co-construction et aux foisonnements d'idées. Les agents publics pourront s'y retrouver et collaborer avec d'autres acteurs, partager leurs compétences et participer à la co-conception de solutions.

"Cette transversalité, ce jeu collectif me semble capital. C'est un mal français que d'être enfermé dans des silos, dès qu'on les casse et que l'on joue transversal on crée de la valeur", a affirmé Virginie Calmels, 1re adjointe au maire de Bordeaux en charge de l'économie, de l'emploi et de la croissance durable, vice-présidente de Bordeaux Métropole, lors de l'inauguration du laboratoire.

Doper la créativité administrative au service des usagers

"Le gros souci que l'on a aujourd'hui, c'est l'absence de connexion avec l'usager dès lors qu'on est entre administrations. On veut éviter de travailler en chambre et de fournir une solution complètement éloignée des besoins des usagers", souligne Christophe Chausse.

Selon un sondage OpinionWay paru en 2015, 74 % des Français estiment que les idées doivent venir des citoyens pour aider les élus à agir et décider. Loin des schémas traditionnels de gouvernance et à l'ère de l'empowerment, basé sur le pouvoir d'agir des citoyens, LaBase souhaite devenir le moteur d'une dynamique de participation citoyenne. Les usagers seront invités à s'exprimer à travers des rencontres ou des ateliers organisés au sein du laboratoire pour nourrir l'élaboration de projets menés par les agents publics.

Dans cette optique, les initiatives et collaborations entre acteurs publics et citoyens prennent de l'ampleur. Julie Roturier, du Conseil départemental de la Gironde, l'a expérimenté :

"Pour opérer la refonte du site www.gironde.fr nous avons décidé de faire appel à des allocataires du RSA, cela nous a permis de mieux définir les profils d'usages. C'était aussi un travail d'acculturation, il a fallu entendre les besoins, savoir échanger et partager nos compétences. Cette relation de réciprocité, se placer au même niveau que l'usager en faisant un pas de côté en tant que professionnelle, m'a fait grandir."

15 projets dans les starting blocks

Penser, tester, évaluer et échouer pour mieux réussir, les principes du design thinking, sont appliqués à la sauce services publics. A tous les sceptiques, Suzanna Villa, animatrice du tiers-lieu, rétorque : "Soyez ambitieux et sans craintes, osez ! Le droit à l'erreur est pour tous." Afin d'être retenu, chaque projet doit être validé à minima par deux membres de l'équipe, qui compte 8 représentants des différentes institutions aujourd'hui. "On en a déjà pas mal dans les cartons et pendant 18 mois, on va faire remonter des projets du terrain, c'est le principe de l'innovation participative", souligne Christophe Chausse. L'économie sociale et solidaire, l'open data, la transition énergétique ou encore la gestion des ressources humaines, au total près de 15 projets sont déjà dans les starting blocks. Des labo'mobiles pour ouvrir des espaces d'innovation à tous les acteurs du territoire, des jardins alimentaires au sein des espaces publics, une conciergerie mobile en milieu rural, l'association des usagers pour une crèche inter-administrative sur le quartier bordelais de Mériadeck, l'élaboration d'un nouvel outil de co-voiturage sur le territoire... Autant de pistes qui devraient sortir des murs du laboratoire d'ici les 6 prochains mois.

"Ce n'est pas une salle de réunion, c'est un lieu de prototypisation de nouveaux projets, d'incubation d'idées, de rêve qu'on va essayer de réaliser, tout ça pour donner du concret à l'action publique", conclut Sébastien Keiff, membre de l'équipe en charge du projet et responsable de la mission Agenda 21 de la Gironde.

Les travaux achevés, à présent il s'agit de faire vivre et habiter ce lieu. Loin d'être un énième accessoire créatif, LaBase pourrait à terme devenir un cluster dédié à l'innovation publique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/07/2017 à 14:34 :
LaBase, en arabe Al Qaïda. Bien vu, dit l'aveugle !
Réponse de le 26/07/2017 à 10:07 :
Et ? C'est un complot vous pensez ? La grand remplacement toussa... ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :