Le Libournais invente le supermarché des déchets recyclés

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Le Smicval, engagé dans une démarche Zéro Déchet Zéro Gaspillage depuis 2014.
Le Smicval, engagé dans une démarche Zéro Déchet Zéro Gaspillage depuis 2014. (Crédits : DR)
Le Syndicat mixte intercommunal de collecte et de valorisation (Smicval) du Libournais Haute-Gironde a créé une déchèterie d’un nouveau genre qui propose à ses utilisateurs un espace conçu selon les codes de la consommation pour leur permettre de ne plus seulement jeter mais plutôt de donner, tout en ayant la possibilité d’emporter des objets laissés par d’autres. 2 M€ ont été investis sur ce site ouvert en avril à Vayres.

Le Libournais a lancé le mois dernier son Smicval Market, déchèterie nouvelle génération qui intègre le réemploi et les codes de consommation de la grande distribution, empruntant les principes "donnez, prenez, recyclez", au cœur de l'ambition de la loi de transition énergétique pour la croissance verte (TECV).
Une première nationale selon François Michel Lambert, président de l'Institut d'économie circulaire présent lors de l'ouverture de ce Smicval Market, à Vayres, en avril, avec le député Philippe Plisson, rapporteur de la loi de transition énergétique pour la croissance verte.
Les 200.000 habitants répartis sur les 139 communes que couvre le Smicval ont désormais la possibilité de déposer en un seul et même lieu des objets ou des matériaux mais aussi d'en récupérer. Le site est conçu comme un parcours qui amène l'usager à donner, réutiliser, recycler ou prendre un objet déposé par un autre. Objectif : relever le défi Zéro Déchet Zéro Gaspillage lancé sur le territoire du Smicval du Libournais Haute-Gironde en 2014.

"L'idée est d'approfondir l'action qui consiste à considérer que les flux qui passent entre nos mains ont une valeur quand il s'agit d'objets réparables ou réutilisables. Il s'agit d'un outil novateur car nous avons recréé un univers qui est celui de la consommation. Nous disons à celui qui vient à la déchetterie que ce qu'il apporte a de la valeur, nous le plaçons dans une autre position psychologique. Il ne s'agit plus seulement de jeter. C'est une vision plus responsable", précise Alain Marois, président du Smicval et vice-président du Conseil départemental de la Gironde.

Le lieu qui a nécessité 2 M€ d'investissement propose bien sûr une déchèterie classique. Mais elle est en fin de parcours. Avant d'y arriver, l'utilisateur est invité à entrer dans un espace conçu avec les codes de la consommation, proposant des produits entamés qui n'ont aucune valeur marchande mais qui peuvent servir, avec des agents qui facilitent la mise en valeur de ces objets sur des alvéoles, racks, étagères.

Lire aussi : Déchets: les collectivités locales demandent une taxe sur les produits non recyclables

Au bout du concept

Trois espaces sont ainsi à disposition : la Maison des objets (rayons tels que high tech, décoration, jardinage, enfance, sports loisirs...), le Préau des matériaux (réservé aux matières afin de pouvoir déposer tuyaux, planches, boulons, huisseries, carrelage, parpaings, restes de peintures et qui peuvent intéresser les bricoleurs), enfin les Zones de dépôts au sol (végétaux, gravats, bois...). Pour aller au bout du concept, chaque alvéole possède des caisses de zones de gratuité : bois de chauffe, sanitaires.... Ici les nouvelles filières auront leur place : films plastiques, plâtre, plastiques rigides.

Pour renforcer le Zéro Déchet, Zéro Gaspillage, les dépôts des déchets enfouis sont situés en fin de parcours pour illustrer le geste ultime, celui qui n'a pu être évité par du réemploi ou du recyclage. Dans le futur, des ateliers à la façon des "Repair Café" seront organisés pour une fois de plus renforcer les alternatives au déchet par comparaison à la ressource.

"Ma crainte c'était que cela vire au dépotoir, mais nous sommes sur des flux plus quotidiens, ce qui arrive repart. Il s'agit de démontrer que les coûts peuvent baisser. Nous travaillons aussi sur une dimension sociétale. La difficulté, cela va être de quantifier les flux, ce qui entre et qui sort."

Dans cette optique, la démarche est suivie de près par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et l'Institut de l'économie circulaire.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2017 à 14:04 :
Comme je le disais dans un commentaire qui n'est pas passé c'est une très bonne idée et de regretter qu'on interdise désormais aux gens de récupérer des déchets dans les déchèteries.
a écrit le 19/06/2017 à 9:04 :
C'est une excellente initiative et de regretter que dorénavant par chez nous on refuse aux gens de venir se servir dans les déchèteries, c'est grotesque.
a écrit le 17/06/2017 à 0:17 :
L'idée est excellente, toutefois certaines grandes villes sont très moins du compte. À Paris, par exemple, le tri sélectif est réduit à sa plus simple expression... Une seule destination , la poubelle noire. C'est vrai que les logements sont réduits, pas simple de caser plusieurs poubelles de couleurs différentes. Le chemin est long, j'espère qu'il n'est pas trop tard...
Réponse de le 18/06/2017 à 19:26 :
Concernant Paris, il est surtout bien de réduire les impôts en ne faisant pas 2 fois plus de ramassage et c'est bien pratique de n'avoir qu'une poubelle quand on enterre dans un département voisin...

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