Trois startups retenues pour améliorer la mobilité à Bordeaux

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Les lauréats du Lisea Startup Contest recevront chacun une dotation de 15.000 €.
Les lauréats du Lisea Startup Contest recevront chacun une dotation de 15.000 €. (Crédits : LT / ML)
La Fondation Lisea Carbone a rendu public les résultats de son Lisea Startup Contest. Trois jeunes pousses, toutes originaires d'Ile-de-France, ont été choisie pour expérimenter leurs services innovants dans l'environnement proche de la gare Saint-Jean à Bordeaux. Leur point commun : travailler sur la problématique du "dernier kilomètre" et des trajets entre la gare et son domicile ou son lieu de travail.

Société concessionnaire de la ligne à grande vitesse SEA Tours-Bordeaux, qui entrera en exploitation commerciale à partir du 2 juillet prochain, Lisea a créé deux fondations : la première consacrée aux enjeux de la biodiversité et la seconde à l'environnement et à l'éco-mobilité, Lisea Carbone. Cette dernière était l'organisatrice du Lisea Startup Contest, en partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole. Près d'une centaine de jeunes pousses de toute la France ont candidaté et 26 ont été retenues pour pitcher devant le jury. Points communs : toutes étaient suffisamment matures pour présenter un produit ou un service assez avancé dans son développement pour pouvoir être déployé rapidement, et travaillaient sur la problématique de l'éco-mobilité et du "dernier kilomètre", autrement dit des trajets de courte distance.

A l'issue des délibérations du jury, 3 startups ont été retenues. Elles pourront expérimenter leurs solutions sur le territoire de la métropole bordelaise et faciliter ainsi les déplacements des voyageurs entre leur point de départ (ou d'arrivée) et la gare Saint-Jean.

"Chaque projet se verra financé à hauteur de 15.000 €, explique Hervé Le Caignec, président de Lisea. Les expérimentations débuteront le 2 juillet et s'achèveront à l'automne. En fonction du bilan qui sera réalisé, nous n'excluons pas de proposer une aide complémentaire au-delà."

Les lauréates sont :

Haïku, le GPS pour vélo

Développé par Asphalt Lab, Haïku est l'équivalent d'un GPS connecté pour les cyclistes évoluant en milieu urbain. Le système utilise principalement le service GPS du smartphone de l'usager, qui n'a qu'à saisir son adresse de destination sur son clavier et de lancer l'itinéraire. Les informations essentielles apparaissent alors sur un petit boitier fixé sur le guidon du vélo. Le cycliste n'a plus à regarder son smartphone en conduisant ou à s'arrêter tous les 200 mètres. Le système peut être contrôlé par le geste. Il est valable sur les vélos des particuliers comme sur ceux en libre-service. Greg Lanaud, CEO d'Asphalt Lab, prévoit une commercialisation auprès du grand public (à 129 € le boîtier + l'application) à partir de cet été. Mais la société testera parallèlement la location d'Haïku auprès des voyageurs, qui pourront réserver le système en amont et le récupérer dans une borne dédiée avant de l'installer sur leur monture.

Tako, le taxi partagé

Plus complexe, Tako propose déjà un service analogue aux VTC pour les taxis. A Bordeaux elle testera une 2e application qui permet de partager sa course avec une autre personne, et donc de la payer moins cher au final. En se connectant à l'application et en renseignant son trajet, le voyageur se fera proposer les profils d'autres utilisateurs qui auront également besoin d'un taxi au même endroit et dont les trajets finaux sont proches. Comme sur Tinder, il suffit alors de choisir un profil dans la liste. Si "match" il y a, les deux voyageurs sont mis en contact et se voient proposer un lieu de rendez-vous. Après avoir pris leur taxi, l'application propose l'itinéraire le plus pertinent. Le système propose un système de paiement novateur directement dans l'application.

Oui-hop, le court-voiturage urbain

Ce dispositif vise à mettre en place des lignes de court-voiturage (de 1 à 25 km) matérialisées par des bornes physiques. Il cherche à briser deux limites identifiées du covoiturage sur courtes distances : un voyageur qui part prendre son train ne veut pas se sentir engagé vis-à-vis de quelqu'un qu'il est susceptible d'attendre et qui pourrait le mettre en retard, et le partage de frais n'est pas assez incitatif. L'application Oui-hop permettra aux piétons d'acheter un pass illimité (2 € pour 30 jours) leur permettant d'utiliser son service à volonté. Ils recevront une notification dès qu'un véhicule faisant leur trajet passera à proximité d'eux. Inversement, les conducteurs rentreront au préalable leur itinéraire (Oui-hop est par exemple intégrée à l'application Waze) et seront avertis quand ils passeront à côté d'un covoitureur potentiel. A la clé pour le propriétaire du véhicule, pas de de partage des frais mais la possibilité de gagner des points cadeaux à faire valoir dans un réseau de partenaires. Oui-hop compte déjà 25.000 utilisateurs en Ile-de-France et à Montréal.

Christophe Duprat, vice-président de Bordeaux Métropole en charge des transports et du stationnement, s'est dit peu surpris du nombre de candidatures reçues "tant la problématique du dernier kilomètre nous préoccupe. Grâce à la libération des données, l'open data, les startups peuvent maintenant faire de nouvelles propositions en matière de mobilité".

Pour Vincent Feltesse, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine :

"Les dossiers retenus sont emblématiques de ce qui se passe dans la mobilité. Ils nous interrogent, nous collectivités locales, sur notre rôle quand les applications de pair à pair se multiplient. J'ai toujours considéré que la voiture est un transport en commun comme un autre. Sur ce champ de l'innovation, les collectivités territoriales ne sont pas compétitives, elles doivent donc s'efforcer de vous aider, vous entreprises et startups. Cela me fait penser au débat sur le grand contournement de Bordeaux. Si l'on arrivait à faire passer la moyenne de personnes par voiture sur la rocade de 1,2 à 1,4 ou 1,5, on aurait l'équivalent d'une 4e voie ou d'un contournement."

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Commentaires
a écrit le 09/05/2017 à 19:41 :
On va aller loin avec ça...

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