Bordeaux au cœur de la croissance verte

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Ségolène Royal (ce matin au Palais des congrès) n'a pas d'inquiétude pour l'application de sa loi
Ségolène Royal (ce matin au Palais des congrès) n'a pas d'inquiétude pour l'application de sa loi (Crédits : Crédit photo J. Ph. D.)
Les 16e Assises de l’énergie resteront marquées par l’Appel de Bordeaux, qui consacre le rôle joué par les collectivités territoriales dans la lutte contre le réchauffement climatique, un peu moins d'un an avant le prochain round international de Paris.

"Si nous, collectivités territoriales, sommes en première ligne des attentes de nos concitoyens en matière d'infrastructures ou d'incitations diverses, propices à l'action, nous sommes également les mieux placées pour mobiliser ensemble des acteurs des territoires avec lesquels nous échangeons au quotidien et constituons à ce titre des interlocuteurs incontournables des futures négociations et ensuite, de leur mise en œuvre."

Cet extrait de l'Appel de Bordeaux, lu ce matin par Alain Juppé, maire (UMP) de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, qui a confirmé la participation de 1.700 personnes aux 16e Assises de l'énergie, marque une rupture avec le passé. Ce texte, paraphé par les acteurs réunis à l'occasion de cette manifestation, dans le cadre de la session consacrée à la COP 21 (21e Conférence des parties à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques), qui se tient en décembre à Paris, confirme en effet que les collectivités territoriales veulent être reconnues, par les institutions internationales, comme un acteur central dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La conférence de l'ONU

"En septembre dernier, l'ONU a pour la première fois invité les villes à s'exprimer sur le sujet. Il s'agit d'un geste symbolique très très positif puisque jusque-là, les villes n'avaient pas droit à la parole dans l'enceinte de l'ONU" a souligné, ce matin au Palais des congrès de Bordeaux, Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris.

La session de ce jeudi dédiée à la COP 21 était entièrement centrée sur l'apport des collectivités territoriales à la transition énergétique et la collaboration entre les divers niveaux de pouvoir. C'est ainsi qu'Alain Juppé a pu accueillir Ségolène Royal, ministre de de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, François Baroin, sénateur - maire (UMP) de Troyes, président de l'AMF (Association des maires de France), Alain Rousset, président (PS) du Conseil régional d'Aquitaine et de l'Association des régions de France (ARF) ou encore Jo Spiegel, maire (PS) de Kingersheim (Haut-Rhin), président de l'Association des communautés de communes d'agglomérations et de métropoles (AdCF). De nombreux élus, dont François Baroin, n'ont pas caché un début d'inquiétude concernant les financements à mettre en place pour appliquer la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte, alors que s'accumulent les coupes sombres dans les dotations d'Etat destinées aux collectivités.

5 Md€ au groupe Caisse des dépôts

Le maire de Troyes s'est montré un peu surpris quand Ségolène Royal a annoncé que les sénateurs, réunis ce matin en commission pour examiner la loi sur la transition énergétique pour une croissance verte (votée en octobre en première lecture), venaient d'accepter de réduire la part de l'énergie nucléaire de 75 % à 50 % dans le mix énergétique comme prévu par la loi de Ségolène Royal. Information aussitôt confirmée par une journaliste de l'AFP.

"L'histoire de cette loi est assez originale, on m'a dit : votre loi est impossible, en particulier à cause des oppositions entre pros et anti-nucléaires. Comment faire ? Le ressort du déblocage, c'est qu'il n'est plus possible d'opposer les énergies les unes aux autres" a dévoilé Ségolène Royal, expliquant que le nucléaire aussi bien que les énergies renouvelables devaient se retrouver dans le bouquet énergétique.

Plutôt réservée sur le volet du financement de la transition énergétique à la tribune, Ségolène Royal a fait ensuite observer, lors des interviews, que le groupe Caisse des dépôts détenait 5 Md€ pour servir au financement de ces investissements des collectivités "sur 20 ans et à des taux très intéressants" a tranché la ministre. Quoi qu'il en soit, l'Appel de Bordeaux restera comme une nouvelle pierre amenée à la préparation de la COP 21 à Paris.

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Commentaires
a écrit le 01/02/2015 à 21:50 :
La ministre demande donc aux collectivités de s'endetter et ensuite, ses collègues de Bercy pourront le leur reprocher et les vouer aux gémonies. Tout cela déconsidère totalement un Etat affaibli qui ne respecte même plus sa parole.
a écrit le 30/01/2015 à 7:54 :
C'est une bonne occasion pour Alain Juppé de prendre la première place.
a écrit le 30/01/2015 à 7:52 :
La transition énergétique doit faire l'objet d'une réforme fiscale basée sur le transfert de la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique.
a écrit le 30/01/2015 à 7:49 :
La transition énergétique doit être analysée sur le plan environnemental, économique et social.
Réponse de le 30/01/2015 à 7:59 :
Environnemental: le climat; économique: augmenter le prix de l'énergie pour réduire le cout du travail; social: réduire le chomage et financer les retraites.
a écrit le 30/01/2015 à 1:09 :
Doivent pas faire très fort lesdites collectivités. Parce que si on considère les sommes investies d'un oeil morose, on aimerait bien voir le résultat concret de ces efforts.
Il y a tellement de vent dans toutes ces entreprises climatiques, qu'elles suffiraient à rendre les éoliennes rentables.

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