Centrales solaires thermiques : newHeat lève 1,8 M€

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Hugues Defréville, président fondateur de la startup newHeat, basée à Bègles sur le site Newton de la technopole Bordeaux Technowest.
Hugues Defréville, président fondateur de la startup newHeat, basée à Bègles sur le site Newton de la technopole Bordeaux Technowest. (Crédits : HELENE LERIVRAIN)
La startup bordelaise newHeat annonce aujourd’hui avoir réalisé une levée de fonds de 1,8 million d’euros. Une somme qui va lui permettre d’accélérer son développement et de financer la réalisation de ses premières centrales solaires thermiques tout en poursuivant ses efforts de R&D.

Après la réalisation d'un banc de test en 2016, la société newHeat, créée en 2015, lancera cet été les travaux de sa première centrale solaire thermique qui sera aussi la plus grande centrale thermique de France. D'une puissance de 3 MW, elle fournira de la chaleur solaire sur 15 ans à un premier client industriel basé en Dordogne.

"Nous avons obtenu les permis de construire. Il ne reste plus que le dernier feu vert de la préfecture et nous pourrons commencer, l'objectif étant de parvenir à une mise en service en mars ou en avril 2018", explique Hugues Defréville, président fondateur de la startup basée à Bègles sur le site Newton de la technopole Bordeaux Technowest.

La levée de fonds de 1,8 million d'euros arrive donc à point nommé. Elle va permettre à newHeat, qui s'apprête à intégrer le Village by CA à Bordeaux, d'accélérer son développement et de financer la réalisation de ses premières centrales tout en poursuivant ses efforts de R&D.

Deux clients : les industriels et les collectivités

La société bordelaise cible deux types de clients.

"Nous proposons nos services aux industriels qui ont besoin d'énergie dans leur process de fabrication. Il faut à ce sujet savoir que c'est le cas de la quasi-totalité des industriels. L'agroalimentaire est particulièrement concerné mais aussi une papeterie par exemple qui a besoin de faire chauffer la pâte à papier ou encore l'industrie chimique. La chaleur est nécessaire dès qu'il y a une activité de transformation. Nous envisageons également de travailler avec des collectivités même si le processus est plus long. Il s'agit là pour nous de nous greffer à un réseau de chaleur existant ou de voir comment on peut se brancher dans le cas d'un nouveau réseau. Dans tous les cas, on installe une centrale solaire thermique à proximité du réseau de chaleur urbain ou du site industriel."

La chaleur solaire : un enjeu mondial

Hugues Defréville rappelle que l'utilisation d'énergie sous forme de chaleur pour des utilisations industrielles ou collectives est le premier poste de consommation d'énergie primaire dans le monde et dépend aujourd'hui à 90 % des énergies fossiles.

"Leur substitution par des énergies renouvelables est ainsi un enjeu clé dans le cadre des objectifs mondiaux de réduction des émissions de CO2."

Pas question pour autant pour newHeat d'entrer en concurrence avec les centrales biomasse.

"Ce sont des centrales qui fonctionnent très bien l'hiver mais qui tournent peu l'été. A ce moment-là, on redémarre le gaz. C'est donc là que le solaire prend tout son sens" avance Hugues Defréville.

Moins cher et pas d'investissement à la charge de l'industriel

Même si en France, le gaz est relativement peu cher, Hugues Defréville insiste :

"Notre solution est moins chère. En fonction des projets, newHeat peut proposer un tarif de chaleur plus compétitif, de 10 % à 30 % en fonction des zones géographiques et des niveaux de températures demandés, que les moyens de production classique. Par ailleurs, le solaire est de 4 à 5 fois plus efficace que le photovoltaïque. Il nous faut 1 hectare pour produire entre 3 et 4 MW quand il faut en moyenne, avec le photovoltaïque, 2 hectares pour 1 MW. L'enjeu, il est vrai, reste de trouver un terrain."

Autre argument pour convaincre les futurs clients : c'est la société newHeat qui investit dans la centrale et revend ensuite l'énergie solaire produite. "Il n'y a donc aucun investissement à la charge de l'industrie." Les industriels s'engagent en revanche pour un contrat de 15 ans en moyenne. Les contrats conclus avec les collectivités sont plus longs : entre 20 et 25 ans.

50 centrales à horizon 2024

A horizon 2024, l'objectif de newHeat est de réaliser environ 50 centrales solaires thermiques d'une taille unitaire moyenne de 10 MWth représentant 4 hectares au sol. 80 % seront situées à l'international.

"La France est très en retard dans ce domaine contrairement au Danemark. Nous avons actuellement des projets en cours dans le sud de la France mais aussi en Italie et en Espagne où le soleil est très présent et l'énergie chère."

centrale solaire thermique

Exemple de centrale solaire thermique au Danemark (crédit photo : shutterstock)

newHeat embauchera en fonction de l'avancée des projets. La société qui compte actuellement 8 collaborateurs, envisage d'être une dizaine en 2018 et entre 15 et 20 dans 2 ou 3 ans. En attendant, Hugues Defréville reconnait qu'un gros travail d'éducation les attend sans compter que les projets sont longs. "Il faut en moyenne 1 ou 2 ans avant de signer un contrat avec un industriel." Mais pas de quoi décourager l'équipe. La société bordelaise ambitionne de devenir l'un des leaders mondiaux de la fourniture de chaleur solaire.

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Commentaires
a écrit le 03/07/2017 à 9:19 :
Bonjour, Le concept d'évidence est porteur,
vous interressez-vous au secteur de la piscine public ?
Merci pour votre réponse .

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