Gilets jaunes : le Ceser Nouvelle-Aquitaine n'est pas convaincu par le Grand débat national

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(Crédits : M. Cultot / Ceser Nouvelle-Aquitaine)
Le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) de Nouvelle-Aquitaine souligne la nécessité de travailler davantage sur les questions de précarité, de pauvreté, de discrimination et de transition écologique. Son président regrette le "cadre fermé" du Grand débat national qui se tient jusqu'au 15 mars alors que la mobilisation des Gilets jaunes questionne le rôle et la représentativité de l'instance régionale.

"Lors de notre prise de fonction début 2018, il y a eu une expression forte parmi nos membres sur la nécessité de travailler davantage sur les précarités, les pauvretés, les discriminations. Ce n'est donc pas un sujet que nous découvrons même si nous ne sommes pas toujours entendus", a déclaré Dominique Chevillon, le président du Ceser de Nouvelle-Aquitaine, lors de ses vœux, ce mardi 22 janvier. Il ajoute à ces sujets celui de la transition écologique qu'il juge "indispensable".

Un Grand débat national trop contraint

Elu en janvier 2018 à la tête de cette assemblée consultative chargée d'émettre des avis pour épauler les élus régionaux, Dominique Chevillon condamne les violences survenues en marge des manifestations des Gilets jaunes mais considère que :

"Les problèmes sous-jacents à la mobilisation que nous connaissons depuis deux mois existent et doivent être pris en compte. Ils correspondent à une réalité qui n'est pas ponctuelle, qui s'est tissée depuis des années [...] Ces mots de précarité et de pauvreté recouvrent des situations intolérables qui sont désormais révélées à l'ensemble de la population."

Quant à la réponse politique apportée par le gouvernement à cette mobilisation qui s'installe dans la durée, Dominique Chevillon et le bureau du Ceser se montrent plutôt sceptiques :

"Le Grand débat national présente de véritables aspérités négatives telles que les lignes rouges posées par le gouvernement et la formulation des questions. On aboutit à un cadre fermé. Il y a néanmoins des aspects positifs avec l'opportunité de s'exprimer donnée à tous nos concitoyens."

Le rôle du Ceser remis en cause

Des concitoyens qui semblent parfois absents du Ceser, instance supposée représenter "la société civile organisée" par le biais des entreprises, syndicats, associations, chambres consulaires et autres organisations. Comme si cette société civile et les habitants ne se superposaient pas réellement. Les 180 conseillers du Ceser, dont 49 % de femmes, représentent 111 organisations des douze départements néo-aquitains pour une moyenne d'âge de 54 ans et 54 % de nouveaux entrants en 2018. Est-ce suffisant pour entendre tous les citoyens, notamment ceux membres d'aucune organisation ?

"Je considère que c'est une représentation plutôt aboutie mais il y a des gens qui ne sont pas représentés au sein du Ceser, c'est une réalité. Il nous faut réfléchir aux possibilités d'aller chercher ces publics pour les entendre et leur permettre de s'exprimer", répond Dominique Chevillon. Cette question, qui concerne aussi bien le fonctionnement interne qu'externe du Ceser, fait débat au sein du bureau de l'instance régionale. Elle fera l'objet d'une prise de position officielle du Ceser dans les semaines qui viennent en parallèle du déroulement du Grand débat.

La métropolisation et le foncier

En 2019, le Ceser mènera des travaux sur des sujets en lien direct et indirect avec la mobilisation des Gilets jaunes dont notamment "l'impact économique de la métropolisation" et "la consommation de foncier". Parmi les autres sujets d'étude, figurent l'objectif zéro carbone en 2050, l'économie de la mer et l'orientation tout au long de la vie. "Le Conseil régional reprend en moyenne entre 20 et 30 % de nos préconisations. C'est considérable", tient à souligner Dominique Chevillon.

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