Co-actions construit un réseau de coopérateurs en interne (8/10)

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Réunion de coopérateurs à Co-actions
Réunion de coopérateurs à Co-actions (Crédits : Cécile Labonne)
C’est au sud de la Gironde, dans la commune forestière de Captieux, proche des départements des Landes et de Lot-et-Garonne, qu’est née Co-actions, suite à la mobilisation d’un collectif intéressé par la combinaison coopérative et entrepreneuriat.

L'originalité de Co-actions est d'être une coopérative d'activité et d'emploi, autrement dit une CAE qui a pris la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) lors de sa création. L'intérêt est que dans une SCIC, les coopérateurs sont des chefs d'entreprise salariés. Une formule qui a été poussée jusqu'au bout puisque la coopérative se substitue totalement à l'entreprise qu'aurait dû créer le porteur de projet.

"L'idée est que les entrepreneurs-coopérateurs se mettent ensemble et mutualisent les fonctions support, comme la comptabilité, la communication, etc. A plusieurs on est plus forts. Nous développons des fonctions d'accompagnement. Pour l'essentiel les porteurs de projets bénéficient du contrat d'appui au projet d'entreprise (Cape). Ce qui leur permet de bénéficier du numéro de Siret de la coopérative et de son adresse. Les personnes indemnisées par Pôle emploi vont être pourront continuer à travailler sur leur projet de création d'entreprise. Elles vont pouvoir tester leur activité grandeur nature auprès de la clientèle, avec un minimum de risques, et commencer à faire des bénéfices" décrypte Cécile Marsan, directrice générale de Co-actions.

Un gros travail d'accompagnement et de formation

Directrice générale car cette SCIC, qui a démarré en SARL, vient de passer en SA, société anonyme, dont Hervé Bernard est le président. Ainsi tout en ayant un statut de SA Co-actions fonctionne comme une couveuse pour les porteurs de projets de création. C'est dans ce cadre que Co-actions dispense des formations dont l'objectif est de répondre aux besoins des porteurs de projets. Une action de formation qui se déroule de la phase initiale de création jusqu'à la pérennisation de l'entreprise.

La coopérative revendique ainsi la formation de 270 entrepreneurs, salariés et demandeurs d'emplois en interne et en externe depuis sa création. Outil de retour à l'emploi par l'initiative économique, la coopérative Co-actions est fortement appuyée par les élus locaux et de nombreuses structures, depuis l'Union européenne jusqu'à la Région Nouvelle-Aquitaine en passant par les Conseils départementaux de Gironde et des Landes.

Des communautés de communes chez les actionnaires

"Co-actions est née en 2008. Jusqu'en 2011 Co-actions a été l'établissement secondaire d'Oxalis, une grosse coopérative d'entrepreneurs d'Aix-les-Bains (Rhône-Alpes), qui a pendant tout ce temps porté notre projet. Oxalis est implantée notamment en Bretagne, Poitou-Charentes, Limousin... Elle permet à de nouveaux projets coopératifs d'activités et d'emploi de se lancer. Nous avons pris notre indépendance en 2011 et conservé le siège de Co-actions à Captieux même si nous nous sommes étendus bien au-delà du Sud Gironde. Parce que Jean-Luc Gleyze soutient le projet depuis qu'il a été maire de Captieux (il est aujourd'hui président du Conseil départemental de la Gironde-NDLR)" déroule Cécile Marsan.

En 2011 Co-actions avait comme partenaires et actionnaires les communautés de communes de Captieux, Langon, La Réole, Sauveterre mais aussi le Conseil général de la Gironde. Parce que Co-actions s'insère dans une stratégie de développement du territoire en Sud Gironde.

80 entreprises coopèrent au sein de Co-actions

L'autre particularité des SCIC c'est qu'elles intègrent des fournisseurs et des clients des coopérateurs chefs d'entreprise, autrement dit elle permet le développement d'un réseau d'entreprises en interne. En fonction de leurs compétences, de leurs activités, les entrepreneurs salariés, qui ne deviennent associés à la coopérative qu'au bout de trois ans, peuvent nouer et développer des relations d'affaires entre eux à l'intérieur de la SCIC.

"Il y a huit ans nous avions au capital des collectivités, des clubs d'entreprises et des entrepreneurs salariés. Nous avions alors 10 entrepreneurs salariés. Aujourd'hui ils sont autour de 80. Ce qui signifie que Co-actions héberge 80 entreprises. Le capital social de Co-actions est passé de 48.300 euros en 2011 à près de 100.000 € aujourd'hui" décrit la directrice générale.

Conseil en marketing, formation, communication, métiers d'art, rénovation de meubles, charpenterie ou encore reliure... Co-actions affiche une grande variété de métiers et de profils et compte bien continuer.

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Cet article s'intègre dans le dossier intitulé "Les PME de Nouvelle-Aquitaine misent sur le modèle coopératif", paru dans l'hebdomadaire de La Tribune du 29 novembre 2019.

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