Pigments intelligents : Olikrom inaugure son unité pilote

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Franck Raynal (maire de Pessac), Jean-François Létard (fondateur d'Olikrom), Alain Rousset (président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine) et Sylvie Trautmann (2e adjointe au maire de Pessac déléguée à l'Économie, à l'Emploi et à la Formation).
Franck Raynal (maire de Pessac), Jean-François Létard (fondateur d'Olikrom), Alain Rousset (président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine) et Sylvie Trautmann (2e adjointe au maire de Pessac déléguée à l'Économie, à l'Emploi et à la Formation). (Crédits : DR)
Le spécialiste des pigments intelligents Olikrom a inauguré mardi soir à Pessac, près de Bordeaux, une unité pilote. Cet outil va permettre à la startup deeptech de lever les dernières barrières avant une industrialisation massive de ses solutions clés en main.

La date n'avait pas été choisie au hasard. Lorsqu'il est monté sur scène mardi soir, Jean-François Létard, fondateur d'Olikrom, a d'emblée souligné que quelques heures plus tard, sa startup soufflerait sa 4e bougie. La société porte une technologie de rupture longuement mitonnée en laboratoire, pendant près de 17 ans, et qui a donné lieu à un transfert de technologie ciselé. Olikrom conçoit et produit des pigments dits intelligents qui, une fois incorporés dans des encres, peintures... qu'elle produit pour ses partenaires, sont capables de changer de couleur en fonction de la température, de la pression, de la présence d'un gaz... ceci de manière réversible ou non. Rentable depuis ses débuts en 2014, Olikrom travaille pour de nombreux donneurs d'ordre. Jean-François Létard en a d'ailleurs souri :

"On travaille pour l'aéronautique, la sécurité, l'automobile, le militaire... Notre positionnement est fou : on est multisectoriel et 50 % de notre chiffre d'affaires est fait à l'international, soit tout ce qu'on déconseille à une jeune startup."

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"Nous ne sommes pas un laboratoire de R&D, même si on en fait beaucoup", affirme également le dirigeant. La stratégie de la société est en effet de conserver la main : elle recueille les demandes de donneurs d'ordre industriel, qu'elle appelle d'ailleurs "partenaires et pas clients", et passe deux à trois ans en moyenne pour concevoir une solution personnalisée et collaborative basée sur ses pigments intelligents. Mais elle ne vend pas les pigments, préférant les incorporer elle-même au matériau (peintures, encres...) et fournir un produit fini. Un tel partenariat a par exemple été mené avec Eiffage au sein d'un consortium dédié à la "route du futur". Deux kilomètres de piste cyclable, en test à Pessac, bénéficient par exemple d'un marquage à la peinture photoluminescente employant ces pigments qui améliorent grandement la visibilité.

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Le démarrage d'un développement industriel

Olikrom emploie aujourd'hui 14 salariés. Le chiffre ne s'arrêtera pas là puisque Jean-François Létard porte une vision résolument industrielle. Accélérée par Up Grade, la startup vient d'intégrer de nouveaux locaux sur 1.650 m2 à Pessac qui abritent son siège social, ses services administratifs, un laboratoire de R&D et une unité pilote. "Elle va nous servir à produire nos solutions en petites quantités afin de valider les marchés. C'est le démarrage vers le développement industriel. Nous installerons ensuite un site industriel beaucoup plus important à l'extérieur de la couronne de Bordeaux, qui sera adapté à nos besoins d'industriel", explique le dirigeant, plutôt fier de voir que "la recherche fondamentale mène parfois à de l'embauche de CDI". Lors de l'inauguration, Jean-François Létard a multiplié les remerciements, en direction de l'Institut de la chimie de la matière condensée et de beaucoup d'autres, aux côtés d'Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et de Franck Raynal, maire de Pessac. Tous deux très satisfaits de voir qu'en ces temps de difficile réindustrialisation des territoires, certaines trajectoires atypiques créent ce type d'emplois. Le nouveau siège est dimensionné pour accueillir 50 personnes. Et Jean-François Létard l'affirme, ce n'est qu'un début, lui qui tient fort le gouvernail et écarte toute possibilité de rachat : "Si jamais un jour je finis par vendre Olikrom à un industriel, vous pourrez dire que j'ai échoué."

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Quant aux locaux libérés par Olikrom, c'est la startup Carbon Waters qui s'y installera avec un modèle et des ambitions similaires autour de l'eau de graphène.

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