Smart City : comment éviter la fracture entre les métropoles et les territoires ?

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Jean-Pierre Frémont (directeur Collectivités d'EDF), Luc Belot (auteur du rapport De la smart city au territoire d'intelligence(s), Clotilde Cazamajour (fondatrice d'Urbanlaw Avocats) et Jacques Mangon (vice-président de Bordeaux Métropole)
Jean-Pierre Frémont (directeur Collectivités d'EDF), Luc Belot (auteur du rapport "De la smart city au territoire d'intelligence(s)", Clotilde Cazamajour (fondatrice d'Urbanlaw Avocats) et Jacques Mangon (vice-président de Bordeaux Métropole) (Crédits : Agence Appa)
L’intelligence de la ville ne peut se construire qu’avec une alliance territoriale où les acteurs se retrouvent ensemble face aux défis du XXIe siècle. Ce message était le fil conducteur de la première partie du Forum Smart City Bordeaux, organisé par La Tribune, mercredi 4 avril.

Quelle est votre vision de la ville du futur ? Vaste question pour les différents intervenants de la table ronde "Métropole et territoires : ensemble pour gagner" organisée dans le cadre du Forum Smart City, organisé par La Tribune en partenariat avec Bordeaux Métropole et le Forum Live in @ living city. Mais dans le titre de la table ronde figure, déjà, un élément de réponse.

"Les métropoles ne sont pas des donjons. Elles vivent dans des espaces naturels et paysagers avec d'autres ressources qui peuvent créer des équilibres naturels entre villes, territoires péri-urbains et campagne. La ville post-carbone réclame de la réciprocité entre les territoires",  insiste d'emblée Jean-Pierre Frémont, directeur du marché collectivités au sein d'EDF.

"Le territoire de la métropole n'est pas pertinent en tant que tel. La ville à l'horizon 2050 ne peut pas s'imaginer sans un hinterland décarbonné", complète Jacques Mangon, maire de Saint-Médard-en-Jalles et vice-président de Bordeaux Métropole.

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La ville de demain, la ville durable

Car, alors que les villes sont devenues vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes, la ville de demain, c'est aussi la ville durable.

"Penser la ville du futur c'est se projeter dans un monde où le climat aura changé, c'est anticiper de nouveaux modèles de production et corriger notre manière d'appréhender le développement territorial", explique Jean-Pierre Frémont.

Le concours Bas Carbone 2016-2017 a d'ailleurs une nouvelle fois été l'occasion de faire naître des projets d'architecture avec pour objectif de mettre en scène le quartier de demain, en l'occurrence la Jallère à Bordeaux, en prenant en compte les évolutions associées au changement climatique.

Mais où en sommes-nous aujourd'hui de la smart city englobant la métropole et ses territoires alentours ? Peut-on parler de fracture ? Luc Belot, ancien député du Maine-et-Loire et auteur du rapport intitulé "De la smart city au territoire d'intelligence(s)" remis au Premier ministre l'an passé, se veut nuancé :

"La fracture d'usage du numérique n'est pas si forte que ça. L'appétence des citoyens, qu'ils habitent en cœur de métropole ou dans des territoires ruraux, est la même. La seule différence réside dans le fait que les cœurs urbains se projettent davantage dans la domotique et dans le pilotage de leur maison."

La mobilité, élément déclencheur

Pour autant, le constat est sans appel. Aujourd'hui, peu de smart cities ont été pensées à une échelle plus large. "Le plus difficile ce n'est pas le juridique, ce sont les mentalités et les capacités à se projeter", lâche Luc Belot. La norme n'est effectivement pas un frein confirme Clotilde Cazamajour, avocate à la cour et fondatrice du cabinet Urbanlaw Avocats. "Les outils juridiques existent pour contribuer à l'émergence de la smart city qui est faisable sans moyens colossaux" explique celle qui travaille justement sur une infrastructure liant la mobilité à l'énergie solaire.

"C'est la mobilité qui va être le détonateur, l'élément déclencheur de la smart city parce qu'elle concentre tous les enjeux et concerne tout le monde", relève Jacques Mangon. "Il faut construire une architecture nouvelle en terme de mobilité, renchérit Jean-Pierre Frémont, adapter la ville et sa planification, concevoir de nouvelles infrastructures. La ville de demain ne peut pas s'aborder de manière punitive mais doit se vivre comme un bassin de vie où on respire mieux, où on se déplace mieux et où on mange mieux."

On ne parle plus là de ville tech mais bien de ville inclusive. "On ne parlera peut-être d'ailleurs plus de smart city dans quelques années mais d'innovation urbaine, sociale et citoyenne", considère Luc Belot.

"Passer à l'échelle"

En attendant, "l'expérimentation c'est bien, il faut maintenant passer à l'échelle, même si ce n'est pas simple" confie Luc Belot. En clair, "il faut sortir la smart city du bureau des directeurs de cabinet pour passer à la vraie gouvernance, c'est-à-dire les élus et les directeurs généraux des services. J'insiste, mais si on veut que ça rayonne, si on veut assurer la plus belle promesse de la smart city qui est celle de la transversalité, il faut passer ce projet à l'échelle globale. Cela servira le territoire."

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