Gilets jaunes : à Bordeaux les commerces de la rue Sainte-Catherine dans la tempête

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Ce samedi 5 janvier à Bordeaux en lisière du périmètre piétonnier de la rue Sainte-Catherine.
Ce samedi 5 janvier à Bordeaux en lisière du périmètre piétonnier de la rue Sainte-Catherine. (Crédits : Agence Appa)
Artère piétonnière incontournable à Bordeaux, la rue Sainte-Catherine est généralement aux premières loges quand les manifestations deviennent musclées. Une règle ancienne qui se confirme encore avec le mouvement inédit des Gilets jaunes. La manifestation de ce samedi 5 janvier, au cours de laquelle un Toulousain a été sérieusement blessé, ne fait pas exception. La répétition hebdomadaire des manifestations sape l’activité de cette rue très commerçante constate une étude de la CCI Bordeaux Gironde.

L'acte VIII du mouvement des Gilets jaunes a, selon la préfecture, mobilisé 4.600 manifestants à Bordeaux ce samedi 5 janvier. Venus de Gironde mais aussi de plusieurs départements proches, comme Charente ou Dordogne, les Gilets jaunes se sont tout d'abord rassemblés pacifiquement place de la Bourse, avant de se diriger vers la place Pey Berland où se trouve la mairie. C'est là, au pied de la cathédrale Saint-André, qu'ont ensuite eu lieu des échauffourées qui se sont traduites par la destruction d'au moins trois voitures, qui ont été incendiées.

La police a procédé à 11 interpellations. La préfecture précise que 5 policiers ont été blessés. Plusieurs manifestants l'ont également été, dont l'un violemment touché au visage relate le quotidien Sud Ouest. Ce manifestant, qui a eu le nez cassé ainsi qu'une plaie au visage ayant nécessité la pose de neuf points de suture, explique qu'il essayait de s'écarter de l'échauffourée quand il a été touché, sans savoir s'il s'agissait d'un éclat de grenade ou d'un tir de balle en caoutchouc (flash ball). Cet informaticien toulousain, dont la famille s'est installée à Lacanau, serait le manifestant plus grièvement blessé à Bordeaux de ce 5 janvier et envisage de porter plainte.

Des chiffres d'affaires en recul de plus de 30 %

Comme les fois précédentes de nombreuses poubelles ont été brûlées, en particulier rue Sainte-Catherine. Cette artère piétonnière de 1.250 mètres de long est la colonne vertébrale du centre-ville historique, en tant que voie de circulation et super vitrine commerciale. La rue Sainte-Catherine enregistre le passage de plus de 50.000 personnes par jour en moyenne tout au long de l'année et relie indirectement ces deux points sensibles que sont les places de la Bourse et Pey Berland.

Dans son enquête flash consacrée à l'impact économique du mouvement des Gilets jaunes, réalisé à partir d'entretiens menés du 12 au 20 décembre auprès de 55 commerçants (Bordeaux et pôles commerciaux girondins), la Chambre de commerce et d'industries Bordeaux Gironde (CCIBG) montre que ce dernier est au maximum de sa force dans ce secteur géographique. "Le centre-ville de Bordeaux a été particulièrement impacté avec de nombreuses enseignes situées sur le plateau piéton et la rue Sainte-Catherine ayant enregistré des baisses de CA supérieures à 30 %", relève ainsi l'étude de la CCIBG au titre des actions des 24 novembre, 1er et 8 décembre derniers.

Bassin d'Arcachon et sud Gironde également touchés

Pour 85 % des sondés l'activité commerciale pendant ces trois samedis a été inférieure par rapport à l'année dernière, avec un recul de plus de 30 % du chiffre d'affaires pour plus de 44 % des commerçants, de 20 à 30 % pour 30 % d'entre eux, de 10 à 20 % pour 21 % et de 0 à 10 % pour 13 % d'entre eux. A noter que l'activité a été supérieure sur un an pour 9 % des sondés et égale pour 6 %. D'importantes zones commerciales ont également été touchées hors de Bordeaux intra-muros.

Il s'agit en particulier à Bordeaux Métropole de celles de Sainte-Eulalie (nord-est) et des Rives d'Arcins (sud). Auxquelles il faut ajouter celles de Langon (sud Gironde) et La-Teste-de-Buch (bassin d'Arcachon). "A l'inverse, poursuit l'étude, les enseignes situées à l'écart du plateau piéton et dans des pôles commerciaux de taille plus limitée ont été moins impactées. Le pôle de Bordeaux Lac (plus importante surface commerciale de la Métropole -NDLR) a également limité les pertes avec une baisse déclarée inférieure à 10 %".

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