Entre considérations bordelaises et nationales, rentrée sereine pour Alain Juppé

Par Mikaël Lozano  |   |  765  mots
Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole (Crédits : LTB / Mikaël Lozano)
Engagé sur le front des primaires des Républicains en vue de la présidentielle de 2017, Alain Juppé a présenté ce matin ses vœux à la presse bordelaise. Et s'il n'a pas échappé aux questions "nationales", le maire de Bordeaux et président de la Métropole s'est appliqué à recentrer ses propos sur le plan local.

Alain Juppé a débuté par souligner le dynamisme, notamment démographique, de Bordeaux et de sa métropole, avant de passer en revue les principaux dossiers qui aboutiront cette année. A commencer par l'inauguration en juin de la Cité du vin, érigée aux Bassins à flot et que le Huffington Post vient de classer parmi les 10 inaugurations les plus attendues dans le monde en 2016. Durant ce même mois de juin aura lieu l'Euro 2016, dont 4 matches auront lieu à Bordeaux. La ville accueillera la plus grande fanzone, après Paris, de la compétition. A ce sujet il a d'ailleurs eu un mot pour Michel Platini, qu'il a appelé le matin même pour lui faire part de son amitié et de son estime :

"Il a été un interlocuteur ouvert. Pour la première fois, l'Euro 2016 a accepté d'aider financièrement les villes qui l'accueilleront. La bonne tenue de l'Euro 2016 n'est pas compromise par cette affaire."

Parmi les autres temps forts mis en exergue, le Forum d'Avignon qui passera par Bordeaux les 31 mars et 1er avril, ou encore Bordeaux Fête le vin. 2016 correspondra aussi à la mise en chantier de la grande salle de spectacles à Floirac ainsi qu'à la poursuite des grands programmes immobiliers que sont Euratlantique, 50.000 logements (avec 4.000 appartements produits dans les 2 à 3 ans qui viennent), les Bassins à flot (120.000 m2 de locaux d'activités commercialisés)...

"Besoin d'un Etat fort qui nous protège"

Plus généralement, Alain Juppé a rappelé que la France avait vécu "une année très douloureuse" et que "les menaces terroristes restent extrêmement prégnantes", rendant au passage hommage aux forces de l'ordre et estimant que les citoyens avaient "besoin d'un Etat fort nous protège". Il n'a pas souhaité s'aventurer plus avant dans les questions économiques, renvoyant ce sujet au mois de mai, alors que sortira son 3e ouvrage programmatique, consacré à ce sujet. La seule piste qu'il a consenti à lancer concerne l'apprentissage, un volet "qui fait consensus depuis des années à gauche comme à droite mais qui recule. Il est essentiel de prendre des mesures et de lever les verrous qui existent dans les familles, dans l'Education nationale, dans les entreprises."

Sans grande surprise, le candidat à la primaire des Républicains en vue de la présidentielle a au moins été autant interrogé sur le plan national que sur le plan local. Il a ciblé le chômage comme l'un des défis majeurs des prochaines années et appelé de ses vœux "à un Printemps 2016... avant, peut-être, un Printemps 2017..." Seule allusion de son fait à la campagne qui se prépare.

Dans la salle, les questions se sont multiplié.

La défaite de son adjointe Virginie Calmels lors de la bataille des régionales ? "Elle a fait un magnifique combat. J'ai félicité Alain Rousset pour sa victoire. On passe à autre chose." Le fait que cette même Virginie Calmels aurait été approchée pour devenir n°2 du parti Les Républicains après que Nathalie Kosciusko-Morizet ait été évincée par Nicolas Sarkozy ? Sourire du maire, qui confie qu'il aurait pu "y penser aussi", et de l'intéressée, présente non loin, qui a refusé le job.

François Mitterrand, mort il y a vingt ans aujourd'hui ?

"Il a été un adversaire politique, même si j'ai aussi été ministre des Affaires étrangères lorsqu'il était président. J'appréciais l'homme de grande culture, malgré nos désaccords politiques."

La LGV Tours - Bordeaux ?

"Je regrette cette partie de bras de fer entre Lisea et la SNCF. Il y a quelques années, le patron de la SNCF disait que ce serait la ligne TGV la plus rentable. Il a visiblement changé d'avis. Je ne rentrerai pas dans le débat des péages, mais j'estime qu'il est hors de question de remettre en cause ce projet. Je souligne également que la LGV va libérer des sillons et constate avec satisfaction que la SNCF commence à s'intéresser enfin au fret ferroviaire sur la façade atlantique. C'est au gouvernement de régler ces questions. Pour notre part, nous souhaitons de vraies navettes cadencées entre Bordeaux et Paris."

Le fait de concilier la campagne des primaires des Républicains qui s'annonce et les fonctions de maire de Bordeaux et de président de Bordeaux Métropole ?

"Même si ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux, j'ai simultanément été maire et Premier ministre. C'est la période où le plus de projets ont été lancés à Bordeaux. A condition de travailler 35 heures deux fois par semaine, c'est faisable."