La réaction de Virginie Calmels (Les Républicains)

Par Mikaël Lozano  |   |  627  mots
Virginie Calmels s'exprimant à sa permanence de campagne (Crédits : M. L.)
Ambiance étonnante au soir du 1er tour des régionales à la permanence de campagne bordelaise des Républicains alliés au MoDem, à l'UDI et à CPNT. Les quelques militants présents étaient plutôt abattus, alors que le discours de leur chef de file, Virginie Calmels, se voulait très optimiste.

La télévision installée dans la permanence des Républicains - UDI - MoDem - CPNT, cours Arnozan à Bordeaux, a connu quelques ratés, ce dimanche soir. Mais cela a à peine agacé les rares militants présents, un brin désabusés. Les tous derniers sondages donnaient leurs favoris en tête au 1er tour, il n'en est finalement rien puisque à cette heure-là, leur liste est à 25,9 %, à peine 4 points devant le Front national. Loin derrière les 31 % du sortant socialiste en Aquitaine, Alain Rousset.

"C'est à n'y rien comprendre, peste un militant MoDem. Les socialistes ont le chômage, rien ne va dans le pays, et les gens votent quand même pour eux. Si Rousset repasse, ce sera son 4e mandat. Et en plus il est cumulard, il est non seulement président de la Région mais aussi député !"

Les journalistes, en revanche, sont nombreux à s'entasser dans les quelques mètres carrés de la permanence. Ils vont longtemps rester sur leur faim, près d'une heure. Virginie Calmels, enfermée au 1er étage, n'a fait monter que les photographes. La chef de file de la liste d'union de la droite et du centre finit par prendre la parole, lors d'un direct sur France 3. Et le ton se veut résolument optimiste :

"Nous sommes au coude à coude avec le Parti socialiste. Je veux remercier nos électeurs. Merci d'avoir osé, merci d'avoir déjoué les pronostics de ceux qui voyaient la région largement gagnée par la gauche. Merci d'avoir osé choisir une équipe nouvelle, une génération nouvelle. Merci d'avoir osé dire non au discours du FN (...)."

Elle s'adresse aux électeurs frontistes quelques instants plus tard :

"Notre victoire est possible. Je veux dire aux électeurs du Front national que le FN n'est ici aucune chance de gagner cette élection. S'ils votent FN au second tour, ils verront gagner Alain Rousset qui est au pouvoir depuis 18 ans. Jacques Colombier (tête de liste du FN, NDLR), ce n'est pas le renouveau. Il a siégé au Conseil régional pendant 24 ans."

Rappelant qu'elle "ne vient pas du système" et que l'union de la droite et du centre avait eu lieu cette fois dès le premier tour, Virginie Calmels n'a pas manqué de glisser quelques remarques sur Alain Rousset ("Nous faisons de la politique debout, je ne veux plus de politique assise"), dénonçant les attaques dont elle a été la cible et "la volonté de caricaturer le discours" de ses colistiers et d'elle-même. Elle s'est dit "très heureuse" de son résultat de ce 1er tour : "Il y a quelques mois, on nous donnait 16 % des intentions de vote. Les électeurs ont envoyé un formidable message d'espoir à tous ceux qui veulent que les choses changent" - et s'est projetée au second tour : "Je veux être votre dame de faire."

Sur le dernier sondage en date qui la donnait en tête au 1er tour :
"Les sondages, on croit aux tendances. La courbe du candidat socialiste est à la baisse, la nôtre à la hausse. Beaucoup dans nos rangs disent qu'au soir du 13 décembre, elles se croiseront."

Interrogée sur les réserves de voix dont elle dispose, la chef de file des Républicains n'a pas approfondi :
« Je ne sais pas, je ne suis pas une professionnelle de la politique. Ce que je sais, c'est que les socialistes ont commencé les tractations avec les Verts, avec le Front de gauche. Nous, nous resterons cohérents. »

Sur la montée nationale du Front national :
« Cette poussée est liée à un constat d'abandon. Ici, nous la contenons. C'est un score inquiétant, que je peux comprendre, il y a beaucoup d'abandonnés par les politiques régionales et nationales. »